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SOUMAILA CISSE, EX OTAGE : « Je n’ai subi ni violence physique ni verbale »

lundi 12 octobre 2020

Après six mois de captivité entre les mains des groupes terroristes, Soumaila Cissé qui dit n’avoir subi ni violence physique, ni verbale, enfin a retrouvé la liberté. Pour lui, sa libération est le fruit d’efforts conjugués du peuple malien et de la communauté internationale.

Le chef de file de l’opposition, Soumaila Cissé, enlevé le 25 mars 2020, a retrouvé la liberté. Il est arrivé à Bamako dans la soirée du 8 octobre 2020. Après six mois d’isolement quasi permanent dans le désert, le président de l’URD, d’un blanc tout vêtu, a été accueilli dans la nuit de jeudi à vendredi 9 octobre 2020 à sa descente d’avion par une foule en liesse. Cela ne pouvait se passer autrement, tant les maliens ont longtemps attendu son retour en famille.

Quelques heures après l’aéroport, Soumaïla Cissé et l’humanitaire franco-suisse Sophie Pétronin, plus deux autres otages italiens Nicola Chiacchio et Pier Luigi Maccalli (un prêtre enlevé au Niger en 2018), ont été reçus à Koulouba par le chef de l’Etat, Bah N’Daw, le vice président, Assimi Goita, le Premier ministre, Moctar Ouane.

Soulagé d’être parmi les siens, voici ce qu’a dit Soumi-champion après son entretien avec les autorités.

Tout d’abord, il a remercié les nouvelles autorités du pays pour tous les efforts consentis. A ses dires, aux lendemains de l’investiture du président et du vice-président de la transition, le 25 septembre dernier, le 26 septembre, il dit avoir fait une vidéo à la demande de ses ravisseurs « pour donner signe de vie ». « Cela veut dire donc que le président a été efficace, a réagit très rapidement, je tenais à le remercier pour ça ».

Pour Soumi cette video était un bon signe annonciateur pour sa libération. L’espoir s’est enfin réalisé.

Le lundi 5 octobre 2020, l’otage a été informé de sa libération. Entre le 5 octobre et le 8 octobre qu’est ce qui a pu donc se passer pour que Soumaïla regagne sa famille ? Il donne des explications. « Il y a des délais liés au protocole, à la sécurité pour préserver la vie des otages, c’est ce qui fait que nous ne sommes pas venus aussitôt ».

Reconnaissant pour les efforts déployés, le chef de file de l’opposition, a remercié les autorités maliennes, les chefs d’Etat de la Cédéao présents à Bamako le 23 juillet où ils ont reçu son épouse. « Je sais que chacun a fait ce qu’il a pu pour que aujourd’hui soit ». Il a aussi remercié les peuples des pays de la Cédéao, de l’Afrique centrale, australe même au delà où un élan de solidarité s’est manifesté partout dans ces pays.

Le président de l’URD n’a pas manqué de remercié le corps diplomatique, qui dans l’ombre a bien travaillé. Que ce soit des organisations internationales comme l’Onu, l’Union africaine, l’Union Européenne, la Cédéao et « je pense que tous méritent aujourd’hui notre respect et notre salutation ».

Obtenir la libération n’est jamais chose facile surtout quand il s’agit de parler avec des groupes terroristes aux ramifications très complexes. Pour y parvenir, des intermédiaires sont nécessaires. Parmi ses intermédiaires, il y a un ancien député d’Abeibara, Ahmada Ag Bibi et un colonel de l’armée malienne, Ibrahim Sanogo. L’ancien président de l’UEMOA leur a rendu hommage pour leur sacrifice. « Ils n’ont pas compté leur temps. Ils ont été nous cherchés, nous ont convoyé et nous ont amené jusqu’ici grâce aux éléments de l’armée de l’air à que je remercie », a-t-il déclaré.

Il faut dire que tous les efforts déployés ne pouvaient aboutir sans la sagacité du comité de crise, installé quelques jours après la disparition de Soumaïla. L’ex-otage a vivement remercié son président, l’ancien premier ministre, Ousmane Issoufi Maiga.

Et enfin, il lance : « le plus important, c’est de remercier l’ensemble du peuple malien pour sa mobilisation. Vous savez, le Mali est un grand pays, un vieux pays. Le Mali est un pays d’histoire, un pays de culture. Les maliens sont profondément humains et chaque fois que l’adversité touche un malien, tous les maliens se mobilisent pour l’aider. C’est pour dire qu’aujourd’hui, je suis très fier d’être malien ».

La libération de Soumaïla Cissé et de Sophie a été conditionnée à la relaxe de plus de cent hommes des groupes terroristes, incarcérés dans les prisons maliennes et le paiement d’une rançon.

Djibril Diallo
ARC EN CIEL

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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