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Restitution du compte administratif de la Mairie : La Commune I du District de Bamako s’essaye à l’exercice

mardi 2 janvier 2018

En Commune I du District de Bamako, en 2017, c’est 86% du budget qui est allé dans les dépenses de fonctionnement, au moment où seulement 14% a été consacré aux dépenses d’investissement. L’information a été donnée par Moussa Tounkara, Chef comptable de la Mairie de la Commune I. C’était lors de la conférence populaire de restitution du Compte administratif de la Mairie 2016 et d’information sur le budget communal 2018, organisée par le Conseil Communal de la Société civile de la Commune I du District de Bamako et la Mairie de la Commune I du District de Bamako.

Dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de Relance de la Gestion des Finances Publiques au Mali (PREM), le Conseil Communal de la Société civile de la Commune I du District de Bamako et la Mairie de la Commune I du District de Bamako, ont organisé le jeudi 28 décembre 2017, une conférence populaire de restitution du Compte administratif de la Mairie 2016 et d’information sur le budget communal 2018.

En Commune I du District de Bamako, les dépenses de fonctionnement sont passées de 1763,4 millions de FCFA en 2015 à 2535 millions en 2017, en passant par 1802,4 millions en 2016. Au même moment les dépenses d’investissement ont oscillé en 2015 à 66,5 millions de FCFA, 75,6 millions de FCFA en 2016 et 413,6 millions de FCFA en 2017.

Ce qui semble être une catastrophe en termes de la capacité de la Mairie de la Commune I à s’investir dans le développement de la cité, pourrait être perçu comme une performance de l’équipe dirigée par Mamadou Boubacar keita, nouveau Maire de la Commune I.

Il faut dire que sous sa gouvernance, les dépenses de fonctionnement de la Mairie sont passées de 96% en 2015 et 2016, pour se retrouver à 86% en 2017. Du coup, la part des dépenses d’investissement dans le budget communal a augmenté de 4% en 2015 et 2016, pour atteindre les 14% en 2017.

Le taux d’autonomie financière de la Commune I en 2017 a été de 22,9%, lorsque le taux d’épargne qui était de – 1,01% en 2015, s’améliorait pour atteindre 3,5% en 2016.

Toutes ces informations ont été mises à la disposition des citoyens par les responsables lors de la conférence populaire de restitution du Compte administratif de la Mairie 2016 et d’information sur le budget communal 2018, organisée par le Conseil Communal de la Société civile de la Commune I du District de Bamako et la Mairie de la Commune I du District de Bamako.

Mme Barry Aminata Touré, Présidente de la société civile de la Commune I et secrétaire générale du Conseil national de la société civile, a rappelé que dans le dispositif de la décentralisation, les autorités locales jouent un rôle de premier plan dans la prise en charge des préoccupations des populations. Cependant, elle dira que ces autorités se trouvent confrontées à des contraintes ne leur permettant pas d’investir dans les services essentiels et de répondre aux attentes légitimes de leurs populations.

« Cette situation peut compromettre le processus de la décentralisation et retarder le développement local espéré. D’où la nécessité de développer de nouvelles stratégies pouvant résorber cet état de fait », a-t-elle indiqué. Avant d’ajouter que l’une des meilleures stratégies serait de renforcer la gouvernance locale en créant un cadre de dialogue et de concertation entre les autorités locales représentées par le Conseil municipal et les populations dans sa diversité.

« Les citoyens aussi doivent être habilités à prendre activement leur rôle de contrôle citoyen », a-t-elle indiqué. Avant d’ajouter qu’ils doivent être en mesure de surveiller les performances des communes, mais aussi être capable d’exercer leur droit à la participation de la gestion des affaires publiques. Pour Mme Barry Aminata Touré, les échanges, le dialogue entre les citoyens et les élus permettront de concrétiser l’objectif de redevabilité nécessaire à l’instauration de la confiance au niveau local.

Selon elle, c’est cette confiance qui permettra de briser le mur de méfiance, le désintérêt pour les affaires locales que l’on observe le plus souvent entre les élus locaux et leurs mandants et qui peut même bloquer les paiements d’impôts et taxes, voir le développement local.

Elle dira que c’est pour pallier à ces blocages que , le Conseil national de la société civile, dans la mise en œuvre du Programme de réforme de la gestion des finances publiques au Mali, a initié des activités de dialogue intercommunautaire au niveau du District de Bamako afin de renforcer la gouvernance locale et créer des conditions idoines de développement participatif et durable au niveau communal.

« Cette activité qui nous réunit a pour objectif global de contribuer à l’amélioration de la participation, de la transparence et de la reddition de comptes dans la gestion des politiques publiques, au Mali afin d’impulser le développement à la base et réduire la pauvreté », a-t-elle indiqué. Avant d’ajouter que c’est un exercice de contrôle citoyen de l’action publique qui permet aux citoyens de participer à la gestion des affaires publiques à travers le compte rendu des actions réalisées ou en projet de réalisations dans la Commune.

Après avoir salué la société civile de la Commune I pour l’initiative de cette rencontre, Mamadou Boubacar keita, Maire de la Commune I, a estimé que cette conférence populaire aura une valeur ajoutée dans le renforcement de leurs capacités à gérer la cité dans la transparence. Selon lui, tous les maux qui minent notre pays sont connus de tous, mais aucune solution ne semble se profiler à l’horizon. « Pire, chaque jour que Dieu fait, le pays s’engouffre dans l’incertitude, la peur ou la torpeur », a-t-il indiqué. Avant d’ajouter que le Mali qui vit actuellement les pires moments de son existence, est venu de loin, avec l’héritage de 2012.

En ce qui concerne la gestion de la Mairie de Commune I, il s’est engagé pour une gestion transparente des ressources.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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