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RAPPORT AU CONSEIL DE SECURITE DE L’ONU : Qui veut déstabiliser le Mali en accusant des Généraux valeureux ?

lundi 17 août 2020

« Qui veut répudier sa tendre moitié ne manquera jamais d’arguments », avons l’habitude d’entendre sous nos cieux. De l’occident, il nous est revenu que « qui veut abattre son chien l’accuse de rage ». Quand on a, à l’esprit ces deux dictons, l’on comprend mieux l’objectif réel du soit disant rapport que des experts viennent de déposer sur la table de l’ONU. Le timing trahit l’intention réelle recherchée. Le moment n’est pas du tout indiqué pour s’en prendre à bras raccourci au Général Moussa Diawara et au Général Kéba Pakassin Sangaré.

Après la publication avant l’heure d’un rapport accusant des Généraux maliens d’avoir bloqué la mise en œuvre de l’accord d’Alger, l’humanité aura retenu que c’est en pleine crise socio-politique, au moment où les autorités maliennes civiles et militaires ont le plus besoin de l’accompagnement de la communauté internationale pour mettre leur pays à l’abris d’une impasse certaine, que des officines se sont installées à la manœuvre pour saper tous les efforts du retour rapide de la paix et de la stabilisation du pays.

Depuis 2012, à la faveur de la crise malienne, où le MNLA a servi de comète de transport de Djihadistes au Mali, de nombreux amis du Mali et de nombreux maliens, n’ont sans cesse déploré le manque de soutien réel de certains acteurs clefs de la communauté internationale. De façon flagrante, ils se sont toujours mis du côté des séparatistes du MNLA, et ensuite du HCUA. Malgré le fait qu’il est apparent qu’il y a un vase communiquant entre ces mouvements et toutes les unités djihadistes qui opèrent dans le nord et le centre du Mali.

Le fameux rapport qui se trouverait sur la table des Nations Unies et qui a fait les choux gras d’une certaine presse internationale avant sa validation et publication, vient confirmer toutes les appréhensions selon lesquelles le MNLA et ses alliés sont soutenus par des officines tapis en occident, quand ce ne sont pas souvent des Etats occidentaux.

Accusé le Général Moussa Diawara, Directeur général de la sécurité d’Etat, d’être parvenu à diviser des mouvements séparatistes qui menacent depuis des années la stabilité du Mali, c’est vraiment exposé sur la place publique le complot ourdi contre le Mali. Si non pourquoi, accuser le Directeur d’un service de renseignement pour avoir bien fait son travail. Si tous les mouvements armés séparatistes ou pas, venaient à se diviser en mille morceaux, ils seraient suffisamment fragilisés et le Mali va se tailler un boulevard de la paix au nord, afin de prendre à bras le corps le développement qui est en réalité la seule guerre qui vaille la peine d’être faite dans ce pays.

Et, avec ce rapport, les maliens viennent de comprendre que cela n’est pas la volonté de tous ceux qui gesticulent sur le terrain au nom d’une solidarité internationale.

Pourquoi les experts n’ont pas du tout cherché à rencontrer les Généraux qu’ils pointent du doigt ? Sûrement, une simple rencontre aurait aidé les experts à mieux cerner les enjeux et les défis autour de certaines questions qu’ils se posent. Mais, non, car l’objectif était clair : abattre à tout prix des officiers maliennes qui refusent le déploiement du complot de la division du Mali. Pourquoi, c’est maintenant. En pleine crise socio-politique au Mali, que ces fameux experts ont décidé de publier de façon maladroite leur rapport ? Cette question pourrait rester sans réponse. Mais, l’on comprend clairement qu’il y a parmi les partenaires du Mali, certains qui souhaitent voir le pays dans les bas-fonds, afin de savourer leur dessein inavoué : la division du pays.

Si non, accusé le premier responsable de la sécurité et la sûreté de l’Etat d’avoir œuvré pour l’éclatement ou l’émiettement du MNLA, n’a aucun sens. Par ailleurs, nos concitoyens ont leurs idées sur les accusations de supposées relations entre les Responsables de la DGSE et un leader d’un groupe armée qui serait épinglé sur une liste noire par l’ONU comme un narcotrafiquant. Est-ce que les experts ne sont pas plutôt gênés par le fait que ce leader et son groupe armé contribuent d’une manière ou d’une autre, à la non division rapide du pays ?

Aussi, comment comprendre qu’un Officier supérieur comme le Général Kéba Sangaré soit malmené de la sorte par les experts. A l’époque des faits, en qualité de Chef d’Etat-major de l’Armée de terre, le Général Kéba Sangaré était aussi puissant pour refuser l’exécution de certaines dispositions de l’Accord d’Alger ?

Cet officier supérieur dont le mérite a été salué au-delà de nos frontières (lauréat du Prix international du Bouclier Bleu de l’Unesco et la Médaille de déploiement des forces armées allemandes…), ne peut pas du jour au lendemain devenir subitement médiocre. Heureusement que les maliens ont compris le petit jeu des experts : salir la réputation de certains généraux maliens qui ne sont pas favorables à la partition de notre pays.

Au lieu d’accuser les Généraux maliens d’empêcher le déroulement du processus de paix, il serait intéressant que ces experts-là nous disent ce que la communauté internationale a concrètement fait au Mali pour qu’on sorte rapidement de la situation, dont elle pourrait être responsable. En effet, on se souvient que c’est à la faveur de la déstabilisation de la Libye que les groupes armés se sont ravitaillés dans les magasins d’armes à ciel ouvert du guide de la Jammariah libyenne. Et, les déstabilisateurs de la Libye sont connus par tous.

Le moment est venu de sortir des petits calculs de géopolitiques et de géostratégies pour aider concrètement le Mali et son armée, à sécuriser ses frontières acquises à l’indépendance. Tous les autres objectifs seront voués à l’échec car les Généraux maliens comme Moussa Diawara de la DGSE et Kéba Sangagé, vont toujours bénéficier du soutien du peuple malien qui a la capacité d’apprécier le niveau d’engagement de ces officiers aux côtés de leurs troupes pour la survie de la nation malienne.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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