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Pas de sanctions. Aidez plutôt le Mali à sortir de cette impasse

samedi 29 mai 2021

« Aidez le Mali à sortir de cette impasse », devrait être le seul objectif de la rencontre des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), du dimanche 30 mai 2021, à partir de 14H00 GMT à Accra, à l’occasion d’un sommet extraordinaire exclusivement consacré au Mali.

Dans le contexte actuel, la CEDEAO ne devra envisager aucune sanction contre le Mali et son Peuple. Autant faire ce peu pour aider ce grand corps malade qui fait face à une crise multiforme dont la gestion mérite une véritable solidarité internationale au-delà des différents positionnements géostratégiques.

La gestion de cette nouvelle crise institutionnelle malienne exige beaucoup de sagesse et de tact. Et, pour une fois, les leaders de la sous région ouest africaine doivent interroger et analyser les solutions et propositions maliennes avec beaucoup d’intérêt. Le Mali a besoin d’une écoute attentive. Et, cette écoute attentive devra commencer par les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, dont les populations en principe sentent et partagent nos préoccupations les plus légitimes : la lutte contre la pauvreté à travers la mise à disposition de services sociaux de base digne de nom.

Depuis 2012, le Mali est pratiquement devenu le siège de la menace terroriste. De telle sorte qu’aujourd’hui la sécurité de l’Afrique de l’Ouest et d’une grande partie de l’Afrique dépend de la sécurité au Mali. Même, pour une bonne gestion collective de cette question de l’insécurité qui menace aujourd’hui tous les pays de la sous région, l’on doit, par rapport à une application rigoureuse des textes communautaires, songer à une exception malienne. Et, trouver la bonne formule pour accompagner le Mali à revenir dans le jeu démocratique normal à travers des élections libres et transparentes.

Mais, en attendant, il faut admettre que depuis 2012, le Mali fait face à une crise qui a mobilisé tous les états de la communauté internationale à son chevet, avec des fortunes diverses. Il faut aussi admettre que malgré cette mobilisation internationale le mal qui a rongé le Mali dans sa parie septentrionale, a fini par s’installer dans le centre du pays avec ses corollaires d’assassinats, et aujourd’hui, a tendance à envahir tout le pays. Pour ne pas dire qu’il a même aujourd’hui, dépassé les frontières maliennes pour embrasser le Niger et le Burkina Faso, avec des menaces récurrentes sur la Côte d’Ivoire.

Dans un tel contexte que faire face à une instabilité politique dans un pays dont l’économie déjà exsangue, a été mis à genou par les sanctions de la CEDEAO suite aux coups de force du Général Amadou Aya Sanogo contre ATT, en 2012 et du Colonel Assimi Goita contre IBK, le 18 août 2018 ?

Est-ce qu’il faut encore recourir à des sanctions économiques dans cette nouvelle crise ? Quand on sait que ces sanctions aggravent de façon exponentielle la paupérisation de la population malienne et contribuent à saper l’économie sous régionale, parce que la contribution malienne n’est pas du tout négligeable malgré les difficultés.

Aujourd’hui, la vingtaine de millions de ouest africains (Maliennes et maliens) qui vivent sur les 1 241 238 Km2, ont le regard tourné vers Accra. Ils espèrent. Ils comptent. Ils souhaitent. Et, ils s’attendent à ce que des sanctions regrettables ne viennent pas fragiliser leur difficile existence au quotidien.

N’oublions pas que la démocratie malienne a été citée en exemple lorsque certains états de la sous région traversaient des zones de turbulence grave. N’oublions pas que c’est parce qu’il fût une période où la démocratie malienne était très attractive que les pays de la sous région se sont donnés rendez-vous à Bamako, pour l’adoption de certaines conventions communautaires qui justifient aujourd’hui la mobilisation de CEDEAO. N’oublions pas que comme le sphinx, le Mali et sa démocratie pourront renaître de leurs cendres pour éclairer la marche démocratique du continent.

Mais, les sanctions économiques auxquelles les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), nous ont habitués, en pareille circonstance, ne seront pas du tout les bienvenues.

Donc, pas de sanctions économiques à Accra. Aidez le Mali à sortir de cette impasse. Et, le Peuple malien vous le reconnaîtra pour l’éternité…

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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