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POLITIQUE AU MALI : Quand des maliens décident de labelliser le vuvuzela !

lundi 6 décembre 2021

Comme s’ils avaient décidé d’amuser la galerie. Au moment où il y a péril dans la demeure, des acteurs publics maliens ont décidé de se donner en scène. Il ne se passe de jour qu’un acte inquiétant et désolant ne soit posé par l’un d’entre-eux sur la nouvelle place publique : Les réseaux sociaux. Or aujourd’hui, les maliens ont des besoins pressant dont le plus important est le retour rapide de la sécurité sur l’ensemble du territoire. Et, comme s’ils étaient dans l’incapacité totale de prendre à bras le corps les préoccupations essentielles des maliens, des acteurs publics ont décidé d’amuser la galerie. Mais, ces derniers vont le comprendre sur le tard et à leur dépend. Les maliens ont tout compris. Ils ne voudront plus de prébendiers voraces à la tête de leur État. Tous ceux qui veulent conquérir le fauteuil présidentiel doivent dès maintenant sur la base de projets de société clairs, lisibles et compréhensifs par tous, convaincre les maliens qu’il a la capacité de leur proposer un avenir radieux, pour eux, leurs enfants et petits enfants. On a que faire des bruits de clochers. Les vuvuzela doivent se taire à jamais, car ils ne seront jamais maliens.

Il y a péril dans la demeure. Le feu prend la case paternelle, « LE FASO », de toutes parts. Il ne se passent pas de jours sans que des maliens ne perdent la vie sans savoir souvent trop pourquoi. De jour en jour, l’ État perd le contrôle du territoire. Centimètre carré par centimètre carré, les bandits armés pour certains et les djihadites selon d’autres, s’installent en demeure. Choses graves, ils sembleraient qu’ils sont aujourd’hui courtisés par une bonne partie de la population qui n’a pas le choix. Pour avoir une paix relative, et surtout la vie sauve, des villages entiers n’hésitent pas aujourd’hui à se confier à eux, ou à opter carrément pour leur protection.

En lieu et place de se mobiliser comme un seul Homme pour faire face à cette menace qui risque de faire de nous des apatrides un beau matin, des maliens qui ont en tout et pour tout comme profession « Homme politique » ou « Acteurs publics », ont décidé d’emboucher les vuvuzela sud africains pour distraire le peuple malien. Sauf qu’ils ont oublié que les vuvuzela ont été révélés au monde lors des match de football, où les supporteurs pensent pouvoir jouer le rôle du 12e joueur de leur équipe.

Et, l’usage outrancier du vuvuzela dans l’arène politique, au Mali, en cette période cruciale de la vie notre nation, fausse le jeu. Et, nous donne l’impressionnant que les pêcheurs en eau trouble se sont donnés la mission de troubler l’eau. Pire, loin d’être des homme d’état, certains hommes politiques nous prouvent aujourd’hui qu’ils sont de véritables vendeurs de camelotes, qui ont pendant longtemps trompé les maliens sur leur véritable nature. Il ne faut pas avoir honte de le dire, l’on nous a vendu du cuivre polit à la place de l’or.

Chaque jour que dieu fait, dans une imitation des Kôrèdougaw qui ont une fonction sociale salvatrice, et souvent en les dépassant dans une bouffonnerie hilarante, certains Hommes politiques, exagérément assoiffés de pouvoir, mais plutôt de véritables prébendiers qui n’ont aucun scrupule face aux biens publics, se donnent en scène de façon honteuse. De telle sorte que souvent le citoyen lamda se demande s’ils ne pensent pas que le Mali leur a été donné en cadeau dans leur trousseau de mariage.

Si non comment comprendre, qu’en cette période aussi cruciale pour notre existence individuelle que collective, que des gens qui déclarent sur tous les toits du monde, se battre pour le bonheur du Mali et des maliens, n’arrivent pas à dépasser leur ego pour l’intérêt supérieur. Certains d’entre-eux semblent même avoir pris l’habitude d’ignorer que la mort existe. Et, que tout sur terre a une fin.

Au nom de servir le vaillant Peuple Malien, ils se sont servis. Et, comme cela ne suffisait pas, ils ont servi leurs progénitures, en leur garantissant, selon eux, un avenir radieux. Certains ont même prédit que leurs enfants reviendraient gouverner après-eux. Et, chose bizarre, tout est mis en œuvre à certains niveaux pour que cette prophétie se réalise. Sans parcours militant connu, des filles et des fils de... étaient parvenus à se faire inscrire sur des listes électorales, souvent contre la volonté de grands militants notoirement connus. Heureusement, comme le dit le dicton « Dieu ne dort pas ».

Bon. Aujourd’hui, que cela soit clair pour tous, le Mali est au bord du précipice. Il suffit d’un petit vent provoqué par le battement d’une aille de moustique pour qu’il se retrouve dans le gouffre. Nous espérons que personne ne le souhaite. Mais, à voir le comportement des uns et des autres, nous avons des raisons de penser le contraire.

La cupidité des nouveaux riches qui se sont allègrement servis dans le trésor public par des stratagèmes dénoncés à longueur de journées, a fini par battre en brèche la devise de notre pays qui voudrait que nous soyons « un Peuple, un But et une Foi ». Le Mali est aujourd’hui victime d’un complot ourdi par certains de ses filles et fils. Si non comment comprendre que malgré la pléthore d’Institutions budgétivores chargées de la lutte contre la corruption et la délinquance financière que des milliers de milliards de francs CFA se retrouvent sur des comptes bancaires appartenant à des gens qui ont servi l’ État, à quelque niveau que ce soit.

Que cela soit clair pour tous, les soit disant bandits armés veulent nous enlever de la bouche le ‘’ tôt fléba ‘’ ou le gros plat de la patte de maïs ou de petit mil que nous avons usurpé de façon frauduleuse au Peuple malien. Battons-nous, que dis-je, battez-vous pour gouverner un État qui existe. Par votre comportement le pays va à-vau-l’eau. Et, le peuple malien, en attendant son réveil donne l’impression d’être pris entre le marteau et l’enclume. Le marteau des Djihadistes que certains appellent bandits armés et l’enclume des Hommes politiques et acteurs publics dont certains pourraient être poursuivis comme des auteurs d’actes terroristes, tant leurs comportements ont mis et mettent en périls la vie de millions de maliens.

Enfin, nous préférons l’usage du concept acteur publics au concept d’Hommes politiques. Plus perfides que des serpents venimeux et aussi malicieux que le caméléon, des Hommes politiques maliens ont décidé de se muer en acteurs publics, au regard du fait qu’ils sont de plus en plus très mal acceptés par une partie de la population sous ce vocable.

Donc, nous disons clairement que si nous parlons d’Hommes politiques, il s’agit aussi bien des acteurs publics. Et, il faut que les acteurs publics maliens le comprennent pour de bon : les maliens sont fatigués du bruit de leurs vuvuzela. Et, voudraient entendre un autre son de cloche plus rassurant.

Arrêtez de distraire les maliens en jouant les croques mort ou en tirant sur des corbillards

Ne perdons pas notre temps dans des procès interminables du passé. Nous perdons trop de notre précieux temps à accabler notre passé et nos ex-dirigeants. Quand on a décidé de se remarier après avoir divorcé en usant à outrance de vuvuzela, il ne sert à rien de perdre le temps à parler des grands moments de désamour que nous avons vécu avec notre ancienne compagne. Mais de deux choses l’une : soit celle avec qui nous avons décidé de nous remarier a été le résultat d’un mauvais casting, soit nous sommes et resterons des éternels insatisfaits. Feu le Général Moussa Traoré n’est plus de ce monde. Loin de nous d’inviter à oublier tous ce qu’on peut ou on doit lui reprocher dans sa gestion catastrophique du Mali pendant 23 ans, mais nous ne devons vraiment pas perdre le temps à remuer le couteau dans une plaie béante. C’est de même pour la dizaine d’année de Alpha Oumar Konaré et de la dizaine d’années moins quelques mois de Feu le Général Amadou Toumani Touré. C’est le passé. Même s’il doit nous inspirer, il ne doit pas être notre objectif. Notre objectif, c’est un futur radieux pour les femmes et hommes du Mali.

La bataille de clochers doit cesser pour prendre à bras le corps les problèmes qui assaillent les maliens aujourd’hui. Oui, l’on me dira que certains de ces problèmes que vivent aujourd’hui le Mali, ne datent pas d ’aujourd’hui. Et, tireraient leur origine de la gestion de ses hommes-là. Mais, personne ne pourra me convaincre que des acteurs qui ne sont plus aux affaires et dont certains ne sont plus de ce monde, pourront faire face aux problèmes qui se posent aux maliens aujourd’hui.

Rien ne peut et personne ne pourra changer la volonté d’un croque-mort qui a décidé de surfer sur la mémoire des défunts pour se faire une place dans le microcosme politique malien. Mais, le moment est venu pour comprendre que cela a des limites.

Mentir pour emballer les maliens, a aussi une limite. Et, comme pousse-pousse s’arrête au mur, tous les châteaux de carton ou de sable vont s’effondrer sur leurs architectes et grands bâtisseurs devant l’histoire, dont certains, en réalité ne pourront jamais prendre de la hauteur. Petits, ils le resteront. Et, petits, ils ne pourront jamais être de vrais Hommes d’état. Aux maliens de chercher et rechercher les vrais Hommes d’état, pour se mettre à l’abri des aléas de gouvernances chaotiques dus à l’étroitesse d’esprits de certains de ses dirigeants.

Refusons de faire la politique de l’autruche. Ouvrons nos yeux et nos esprits pour faire face aux défis et enjeux qui nous assaillent actuellement. Et, si nous avons le courage, nous devons d’abord admettre que nous ne pourrons jamais faire labelliser le vuvuzela qui a déjà son propriétaire.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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