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Protection des droits des enfants : GRADEM, renforce la capacité des acteurs

jeudi 26 avril 2018

C’est dans le cadre de l’exécution de son programme « protection des droits et amélioration du statut des jeunes filles aide- ménagères mineures de Bamako », que le groupe de recherche action droits de l’enfant Mali (GRADEM) a organisé à son siège à Faladié-extension un atelier de diffusion des textes juridiques sur les droits des enfants travailleurs au Mali et sur les bonnes pratiques issues des différents renforcements des capacités (2016-2018) des acteurs de la protection de la chaine des enfants travailleurs. Cette rencontre a été l’occasion pour le GRADEM de lancer le livre ‘’recueil sur les droits des enfants travailleurs au Mali’’.

L’ouverture de cet atelier a été présidée par Ajouba Gouanlé, directeur national de la promotion de l’enfant et la famille. Il avait à ses côtés Antoine Akplogan, directeur exécutif coordinateur national des actions et projet, Tadjoudine Moussa Cissé, inspecteur du travail, directeur par intérim de la cellule nationale de lutte contre le travail des enfants. C’était en présence de nombreuses jeunes filles aide-ménagères.

Il faut noter que le livre ‘’recueil sur les droits des enfants travailleurs au Mali’’, est un outil didactique pour protéger plus efficacement les enfants travailleurs et notamment les jeunes filles aides ménagères mineures.

A cette rencontre, l’honneur a été fait aux jeunes filles aide-ménagères de présenter et d’expliquer quelques chapitres du livre, notamment, le chapitre 1, 2, 4 et 5 à travers les poèmes et les chants. Le chapitre 1 du livre parle du droit à l’emploi des enfants, le chapitre 2 est sur les conditions particulières du travail des enfants. Dans le chapitre 4, il est évoqué les sanctions en cas de violation des textes juridiques régissant le travail des enfants et le chapitre 5 est sur les organes de protection des droits des enfants travailleurs au Mali.

« L’amélioration des conditions de vie des enfants travailleurs doit figurer parmi les priorités les plus urgentes », a déclaré Ajouba Gouanlé, directeur national de la promotion de l’enfant et la famille. Avant de rappeler que le travail des enfants est une vieille réalité socioéconomique et même culturelle dans notre société et qu’il continue de s’accentuer au regard des contextes actuels du pays. Selon lui ces enfants souffrent d’injustices, d’exploitations par le travail, de maltraitance, de violences physiques, sexuelles et psychologiques. Il a ajouté qu’elles manquent surtout d’accompagnement, de soutien, d’accès aux services sociaux de base.

M. Gouanlé a levé le voile sur des textes juridiques (internationaux et régionaux) visant à protéger les enfants contre les abus que notre pays a ratifié. Ce sont : la convention des Nations Unies relatives aux droits des enfants (CDE), la Charte Africaine des Droits et du bien-être de l’enfant (CADBEE), la convention sur l’âge minimum (C138) de l’OIT, la convention sur les pires formes de travail des enfants (C182) de l’OIT. Au niveau national, il a cité : le code du travail malien, la politique nationale de la protection des enfants en cours d’adoption. Il a révélé que pour le moment, le Mali n’a pas ratifié la convention sur le travail décent des travailleuses et travailleurs domestiques (C189) de l’OIT.

Au regard de cette situation, selon lui cet atelier revêt une importance capitale, car il permettra de vulgariser les articles essentiels des textes de loi sur les droits des enfants travailleurs aux Mali. Aussi d’informer et de sensibiliser la population sur les bonnes pratiques en matière de protection des droits des jeunes filles aide-ménagères. Il a remercié le groupe de recherche action droits de l’enfant Mali (GRADEM) pour ses bonnes actions.

« Nous devons adopter des approches et des mesures du genre pour favoriser une meilleure protection des enfants », a-t-il lancé. Avant de souhaiter que cet atelier soit le départ d’une coordination entre les acteurs de la société civile y compris les médias afin de renforcer un environnement plus protecteur des enfants travailleurs au Mali.

Selon une enquête réalisée par le mouvement malien des travailleurs croyants en 2014 (MMTC), 82% d’entre elles ont moins de 18 ans et 35,4% ont moins de 15 ans. Cela montre que beaucoup de jeunes filles aide-ménagères mineurs de Bamako ne sont encore que des enfants.

Antoine Akplogan, directeur exécutif, coordinateur national des actions et projet du groupe de recherche action droits de l’enfant Mali (GRADEM), en parlant de son groupe, a indiqué qu’il a accueilli 78 jeunes filles aide-ménagères mineurs en détresse, dont 15 filles enceintes, 5 filles mères et 58 sans enfants. Réalisant ainsi 234 écoutes psychologiques en faveur des 78 jeunes filles aide-ménagères dans le cadre de leur accompagnement psychosocial. Dans le rapport 2016 de GRADEM, selon lui, ces écoutes ont permis d’identifier des cas d’abus, de maltraitance, d’exploitation par le travail des enfants de moins de 15 ans, de mariage forcé, de salaire impayé, de viols, de rupture familiale.

« Elle doivent être protégées, notamment contre les pires formes de travail dont les travaux dangereux », a-t-il lancé. Il a ajouté que si rien n’est fait ces situations continuent à servir encore et des milliers de jeunes filles aide-ménagères mineures risquent la maltraitance.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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