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    Protection des défenseurs des droits humains : Amnesty International lance la campagne « Osons le courage »

    jeudi 18 mai 2017 , par Assane Koné

    Les attaques contre les défenseurs des droits humains atteignent un niveau inquiétant partout dans le monde. Pour mettre fin à ce phénomène, Amnesty International a lancé une nouvelle campagne mondiale intitulée « Osons le courage ».

    Le mardi 16 mai 2017, la salle de conférence du ministère de la justice du Mali a servi de cadre au lancement de la campagne mondiale « Osons le courage ». Cette campagne initiée par Amnesty International vise à combattre la vague d’attaques dont sont victimes les hommes et les femmes qui défendent les droits humains.

    Présidée par Bréhima Tounkara, Conseiller du ministre de la Justice, garde des sceaux, la cérémonie a enregistré la présence de Drissa Fomba, Président de Amnesty International Mali, de El Hadj Konaké de la CVJR, de Béchir Singaré, Mme Touré Assitan Kodio et de Abba Touré, tous de Amnesty International Mali. Pour la circonstance, plusieurs responsables d’organisations de la société civile.

    Disparition du journaliste Birama Touré, le ministère de la justice interpellé

    Drissa Fomba, Président de Amnesty International Mali, n’est pas passé par quatre chemin pour interpellé le Ministère de la justice du Mali quand à la disparition du journaliste Birama Touré. Il a estimé que dans le Mali de 2017 qu’un journaliste disparaisse sans que personne ne puisse donner une information sur la cause de sa disparition. « J’interpelle de façon solennelle le ministère de la justice pour que des informations crédibles soient données au malien sur la disparition de ce journaliste », a-t-il déclaré. Avant d’inviter tout le monde à s’impliquer et à participer à la promotion des droits humains.

    En sa qualité de conférencier principal, Salif Fofana, Directeur exécutif par Intérim de Amnesty International Mali, a d’abord donné la définition de défenseur des droits humains. Selon lui, Amnesty International défini le défenseur des droits humains, comme toute personne, individu ou association qui agit pour la défense et la promotion des droits humains, au niveau local, régional, national ou international.

    Quand à la motivation de cette campagne, il dira que les études ont prouvé que les défenseurs des droits humains font l’objet d’attaques sans précédent. « Les défenseurs des droits humains sont la cible d’une vague d’attaques sans précédent, sur fond de discours de diabolisation, de répression de la société civile et d’utilisation généralisée de la surveillance », a-t-il déclaré. Selon lui en 2016, ce sont 281 personnes qui ont été tuées pour avoir défendu les droits humains, contre 156 en 2015.

    Selon Salif Fofana, partout dans le monde, des membres influents de la société civile, des avocats, des journalistes et d’autres défenseurs des droits humains sont victimes de persécutions, de manœuvres d’intimidation et de violences d’un niveau sans précédent.

    « Amnesty International demande l’arrêt des attaques contre celles et ceux qui ont le courage de combattre l’injustice », a-t-indiqué Salif Fofana. Avant d’estimer que nous assistons actuellement à une attaque frontale du droit même de défendre les droits humains, menée par des gouvernements, des groupes armés, des entreprises et d’autres détenteurs du pouvoir.

    En effet dans un communiqué de presse, Amnesty International, sous la plume de son secrétaire général Salil Shetty, a indiqué que : « Sur tous les continents, du président Vladmir poutine au président Abdel Fattah al Sissi, en passant par le président Xi Jinping, des dirigeants détruisent chaque jour un peu plus les fondements nécessaires à une société libre, juste et équitable. En leur retirant leur droit de manifester, en les plaçant sous surveillance, et en les soumettant à des manœuvres de harcèlement, des menaces et des agressions, ainsi que leur entourage, les gouvernements sont entrain d’asphyxier les personnes qui défendent nos droits ».

    Mieux pour accompagner cette campagne qui va durer deux ans, Amnesty International a publié un rapport le 16 mai 2017 et intitulé « Défenseurs des droits humains menacés. Un espace de plus en plus restreint pour la société civile ». Dans ce document Amnesty International y détaille les menaces sans précédent auxquelles sont confrontés celles et ceux qui défendent les droits humains.

    Le document révèle la combinaison de plusieurs types de mesures. Ce sont : la surveillance de masse, recours aux nouvelles technologies, utilisation abusive des lois et répression des manifestations pacifiques, ou même la création d’un niveau de danger sans précédent pour les défenseurs des droits humains.

    Salif Fofana dira que dans cette campagne, Amnesty International dispose d’un outil qui est l’éducation aux droits humains. Il a annoncé la possibilité de suivre trois cours. Selon lui, le premier traitera de l’importance de défendre les droits humains. Le second cours portera sur : Qui sont les défenseurs des droits humains ? et enfin, le troisième cours portera sur : Bâtir une société qui respecte les droits humains.

    Assane Koné

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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