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Prévention de crises et cohésion sociale : Le Projet « Don Ko Ni Maaya » met la culture au centre du dispositif

lundi 4 mars 2019

« Prévention de crise et renforcement de la cohésion sociale à travers la promotion du secteur de la culture au Mali ». Tel est l’objectif du Projet « Don Ko Ni Maaya ». Cette belle initiative qui sera mise en œuvre par la GIZ pour le compte du ministère fédéral des Affaires étrangères allemand, était le jeudi 28 février 2019, au centre d’une cérémonie de lancement à Badalabougou Sema-Gesco. Placée sous la présidence du ministre de la culture, la cérémonie a enregistré la participation d’Amadou Koita, ministre de la jeunesse, de l’emploi et la construction citoyenne. Il a valablement représenté son collègue ministre de la culture.

D’une durée totale qui part du 1er septembre 2018 au 31 mars 2021, le projet « Don Ko Ni Maaya » vise à offrir aux jeunes un rôle positif et actif dans la lutte contre l’extrémisme violent. Il se propose de leur assurer une participation politique via des formes d’expression culturelles, sans oublier le renforcement de la cohésion sociale et la prévention des crises.

En plus de la présence du ministre Amadou Koita, de Heiko Maas, ministre fédéral des Affaires étrangères allemand, Magali Moussa, directrice de programme du projet « Don Ko Ni Maaya », l’on a enregistré la présence des acteurs de la culture dans leur diversité.

Pour agrémenter cette cérémonie, les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands pour afficher leur objectif. Des artistes ont été mis à contribution pour des prestations de musique, d’humour, de Slam. Et, les artistes ont rivalisé d’ardeur pour véhiculer des messages de paix et de la cohésion sociale dans notre pays.

Magali Moussa, a souligné que le projet « Don Ko Ni Maaya » s’adresse prioritairement à la couche juvénile qui évolue dans le secteur de la culture. « Dans ce domaine le volet urbain notamment, la musique, les festivals ainsi que les cadres d’exposition demeurent des pôles d’attraction pouvant mobiliser les cibles. Que sont : la population locale avec une attention particulière aux jeunes, les responsables politiques et les collaborateurs des institutions en charge du secteur de la culture malienne, des collectivités territoriales, les acteurs du monde de la culture et les autorités traditionnelles à Bamako », a-t-elle ajouté. A cet effet, selon elle dira que le projet sera mis en œuvre à travers trois principaux axes. Ce sont : le soutien à la production culture urbaine, à la diffusion d’initiatives de la création culturelle ainsi que le conseil politique et le renforcement institutionnel dans la promotion du secteur de la culture immatérielle.

Aux dires de la directrice de programme, le projet, à travers l’interaction de ces trois champs d’action, compte renforcer la cohésion sociale et lutter contre le fanatisme religieux. Elle a indiqué que la zone d’intervention principale du projet est Bamako, avec l’ambition d’avoir un effet de rayonnement sur toute l’étendue du territoire Malien. Cela, à travers le recours aux médias sociaux.

Le Ministre Amadou Koita, après avoir transmis les salutations de son collègue de la culture, a estimé que les questions de jeunesse et le thème de cette rencontre, sont d’actualité brulante dans notre pays. Il a indiqué que le gouvernement malien se réjouit du lancement de ce projet dans le secteur de la culture. « La culture est une arme séculaire de prévention et de résolution de conflit dans notre pays », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter qu’elle est aussi source d’initiatives pour réconcilier les cœurs, consolider la cohésion sociale, la solidarité, la paix, mais aussi gage d’un développement harmonieux et durable.

Le Ministre a estimé qu’il importe aujourd’hui, de revisiter notre riche culture en vue de trouver les intra-nécessaires pour une réconciliation durable des cœurs et des esprits pour que jamais des drames que nous avons connus ne se reproduisent.

« La culture a un rôle d’avant-gardiste à jouer dans le processus de paix et de réconciliation. Elle est la solution. Oui, la culture nous offre des possibilités incroyables. Il nous suffit de les saisir. Oui la culture est solution », a-t-il déclaré. Avant d’estimer que ce projet cadre avec la politique nationale culturelle adoptée en octobre 2013. Donc, son lancement, selon lui est le symbole d’une vision, d’une vue commune, celle de relever le défis du vivre ensemble et de cohésion sociale.

L’occasion était agréable pour le Ministre de féliciter l’Ambassade d’Allemagne pour cette contribution précieuse. Il a exprimé sa satisfaction et ses vifs remerciements à la GIZ et à la Directrice de programme du projet. Aussi, il a invité les jeunes à soumettre des projets pertinents pouvant aider à relever les défis, et à être de bons jardinier qui cultivent la paix et qui font de notre diversité ethnolinguistique et culturelle, un atout et non une contrainte.

Pour sa part, le Ministre fédéral des affaires étrangères allemand, a estimé que la valeur de la culture comme contribution à la paix, à la tolérance aux droits de l’homme est souvent sous-estimée. Mais, il dira que ce projet contribuera à faire en sorte que la jeunesse de ce pays puisse s’épanouir dans toute la créativité pour choisir une autre voie et se passer de la voie de la force obscure, en optant pour la tolérance et le respect. Pour cela, selon lui la culture peut être une contribution importante. « Nous sommes heureux de soutenir avec 2,5 000 000 euros. Si on donne une chance à la culture, ça veut dire qu’on donne une chance à la paix », a-t-il conclu.

Ce projet se propose d’atteindre des résultats comme la mise en place de mesures pour la promotion de la culture urbaine immatérielle et aider à la professionnalisation des centres culturels sélectionnés. Aussi, des mesures seront mises en place pour le développement d’initiatives artistiques en rapport à des thèmes touchant de près la société et l’implication des jeunes à la culture urbaine. Enfin, une meilleure coopération sera développée entre les structures étatiques, les collectivités territoriales et les acteurs du secteur de la culture pour promouvoir une participation accrue des jeunes aux débats sur la gouvernance, le vivre ensemble et la paix.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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