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Lutte contre le terrorisme : Quelle contribution de la justice ?

samedi 12 novembre 2016

Le jeudi 10 novembre 2016 s’est tenue au Palais de la culture Amadou Hampaté Ba de Bamako, l’audience solennelle de la rentrée des Cours et tribunaux 2016-2017, placée sous le thème : « La contribution de la justice dans la lutte contre le terrorisme au Mali ». La cérémonie était placée sous la haute présidence de son excellence Ibrahim Boubacar Keita, Président de la république, chef de l’Etat. C’était en présence du Premier ministre chef du gouvernement, Modibo Keita, des membres du gouvernement et des Présidents des Institutions, du Président de la cour suprême du Mali Nouhoum Tapily, avec toute la famille judiciaire.

"Qualifié d’acte criminel et non d’acte de guerre, le système judiciaire est l’ultime cade de lutte contre le terrorisme"

« Il n’y a pas de juge au-dessus de la cause pour laquelle le terroriste se sacrifie », a déclaré Mahamadou Yattara, Substitut du Procureur de la République près le tribunal de grande instance de la commune I. « Le terrorisme est supposé être l’arme du faible contre le fort. Si l’ensemble de l’appareil étatique malien est mobilisé dans la lutte contre le terrorisme, sa qualification comme une criminalité, et non comme un acte de guerre, fait théoriquement de notre système judiciaire, l’ultime cadre de lutte contre le phénomène et potentiellement le plus efficace », a commenté M.Yattara. Avant d’indiquer que par conséquent, c’est sur la justice que reposent toutes les attentes et que se cristallisent toutes les attentions dans la recherche d’une solution d’éradication. « Dans la lutte contre le terrorisme, la justice ne peut donc être une institution lointaine », a-t-il déclaré.

"L’objectif primordial des stratégies antiterroristes doit être de prévenir des actes de terrorisme"

Président de la Cour suprême du Mali, Nouhoum Tapily, a introduit ses propos en rendant un vibrant hommage à tous ceux qui sont tombés sur le champ de l’honneur. Le président de la cour suprême du Mali a souligné que le choix de ce thème s’inscrit dans la logique des sujets de préoccupation nationale ; et son choix n’est point fortuit pour des raisons évidentes liées à la recrudescence des attaques perpétrées sur notre territoire. Après avoir souligné les principales questions que soulève le thème, le président de la Cour Suprême ajoutera que l’objectif primordial des stratégies antiterroristes doit être de prévenir des actes de terrorisme, mais il n’en demeure pas moins que, fréquemment, les systèmes de justice savent mieux, intervenir et réprimer l’acte déjà commis que le prévenir. « Malgré les instruments juridiques internationaux de lutte contre le terrorisme que le Mali a signé et ratifié, l’insécurité persiste », a déclaré M. Tapily.

Le Président de la République, son excellence Ibrahim Boubacar Keita, a jugé que le thème de la rentrée judiciaire 2016-2017 à l’instar des thèmes des précédentes rentrées judiciaires, reflète l’une des préoccupations majeures de nos populations et des pouvoirs publics.

"La contribution de la justice dans la lutte contre ce fléau est essentielle et incontournable"

« Le Mali continue, hélas, de payer un lourd tribut, en dépit de l’immense effort qu’il a consenti. Mais, rien ne nous détournera de l’engagement pris à l’égard de nos compatriotes pour leur garantir les meilleures conditions de paix et dans la sécurité », a fait savoir le Président de la République. La contribution de la justice dans la lutte contre ce fléau a dit le Président de la République, est essentielle et incontournable. Il dira que c’est pourquoi, le Gouvernement a, non seulement intégré, dans son arsenal juridique interne l’ensemble des accords, traités et conventions relatifs à la lutte contre le terrorisme. Son excellence n’a pas manqué de saluer les auteurs de l’outil juridique et judiciaire pour combattre, par le droit, le terrorisme, avant d’engager la justice à trouver des réponses juridiques nationales adéquates qui mettent fin à l’impunité dont pensent bénéficier les membres de ces groupes terroristes. Selon le Président de la République l’Institution judiciaire de cette rentrée solennelle, constitue un des leviers de l’Etat démocratique et devra être soutenue par l’Etat et les citoyens.

« Multiforme, transfrontalière et apatride, le terrorisme ne peut être contenu et vaincu que par une chaine de coopération internationale à laquelle notre pays s’est résolument arrimé  »}

Seydou Sidiki COULIBALY, Bâtonnier de l’Ordre des Avocats du Mali, Président de la Conférence des Barreaux de l’Espace UEMOA, a rappelé que l’histoire du terrorisme d’état nous révèle deux enseignements : d’abord que la terreur, d’où qu’elle vienne, oblige ses victimes à une résistance d’égale ou de supérieure proportion à la violence infligée ; et que, par dessus tout, les actes de terreur ne sauraient résister au temps. « Solidaires et engagés dans la lutte contre le terrorisme, comme tous bons citoyens, les avocats du Mali resteront, tout de même, attentifs au respect des droits de l’homme », a fait savoir Seydou Sidiki COULIBALY, Bâtonnier de l’Ordre des Avocats du Mali. Multiforme, transfrontalière et apatride, selon lui le terrorisme ne peut être contenu et vaincu que par une chaine de coopération internationale à laquelle notre pays s’est résolument arrimé ; en atteste l’adoption de la loi n°008 du 17 Mars 2016. Malgré tout ce dispositif juridique sécuritaire, le terrorisme sévit.

« Le Mali doit et surtout coopérer étroitement à la répression du terrorisme au plan international »

Pour sa part le Procureur générale du Mali, Mamadou Coulibaly, le Mali doit et surtout coopérer étroitement à la répression du terrorisme au plan international. Car Dans ce monde de plus en plus interdépendant, aucun pays ne peut s’attaquer à lui seul efficacement au terrorisme. Pour conclure, il a lancé un appel, à tous les acteurs de la chaine pénale face à l’insécurité grandissante, de conduire avec fermeté l’Action Publique contre les auteurs du terrorisme et du grand banditisme, ces malfrats oisifs et dangereux qui font de l’intolérance, leur marque de fabrique, semant la terreur et la désolation.

Bintou COULIBALY (stagiaire)

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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