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Lutte contre la traite d’êtres humains : La Plateforme MIGRAFRIQUE célèbre la journée mondiale à Bamako

mardi 30 juillet 2019

L’Assemblée générale des Nations Unies, le 18 décembre 2013, a décidé que chaque 30 juillet consacré à la célébration de la « Journée mondiale de lutte contre la traite d’êtres humains ». C’est dans le cadre de la célébration de cette journée que la Section malienne de la Plateforme MIGRAFRIQUE, composée de l’Association malienne des expulsés (AME) et de l’Initiative Migration et Développement (IMIGRAD), a organisé le 30 juillet 2019, au siège de l’AME, une conférence de presse pour que la lutte contre la traite et le trafic des êtres humains soit une préoccupation à l’échelle régionale.

« Nous sommes des organisations dédiées à la protection des droits de migrants. Et, c’est convaincues qu’il y a un lien étroit entre la migration et la traite et le trafic des êtres humains, que nous avons décidé de célébrer des Journée que les Nations Unies depuis 2013, ont décidé de consacrer à la lutte contre ce fléau déshumanisant », a déclaré Ousmane Diarra, Président de l’AME. Pour la circonstance, il avait à ses côtés, Oumar Sidibé, Président de IMIGRAD et Lamine Diakité, membre du pool juridique de l’AME.

Ousmane Diarra a indiqué que le sujet de la traite et le trafic des êtres humains, est d’actualité dans notre pays, même si les autorités et les pouvoirs publics n’en parlent pas trop. Cependant, en leur qualité d’organisations de défense des droits des migrants, il a indiqué qu’ils feront tous pour que les cas de traite et de trafic des êtres humains, dont sont victimes les migrants, soient sus, par le monde entier.

« La vocation de la journée mondiale de lutte contre la traite d’êtres humains est de faire connaître le sort des victimes et de protéger leurs droits », a indique Lamine Diakité, expert juriste à l’AME. Il a estimé que le phénomène de la traite d’êtres humains ne connait pas de frontières vu que tous les États sont à peu près concernés, soit en tant que pays de départ, soit de transit, soit de destination des victimes.

« La grande majorité des victimes de la traite sont des femmes et des enfants », a-t-il indiqué. Avant d’ajouter qu’en guise d’illustration, de 2007 à 2010, on a constaté qu’entre 55 et 60% du nombre total de victimes détectées étaient des femmes. Il a rappelé que selon le rapport 2018 de l’ONUDC, les femmes représentent 49% de victimes de traite contre 21% pour les hommes et 30% pour les enfants (filles et garçons).

Cependant, il dira que la majorité des auteurs de la traite sont des hommes. Et, en ce qui concerne les formes, l’expert juriste de l’AME dira que le plus souvent l’on fait face à des cas d’exploitation sexuelle, le travail forcé, la mendicité forcée, la traite des enfants pour les combats armés…

Il a ensuite rappelé les mesures prises sur le plan international pour juguler ce fléau. Et, pour ce qui concerne le Mali, il dira que des avancées tant sur le plan normatif que structurel, ont été constatées. Selon lui, sur le plan normatif, le Mali a adopté en juillet 2012 une loi relative à la lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées. Et, sur le plan structurel, il dira le pays s’est doté d’un comité national de coordination de la lutte contre la traite des personnes et des pratiques assimilées.

Oumar Sidibé pour sa part, dira que cette conférence de presse a été organisée le 30 juillet 2019, dans le cadre d’activités simultanées de la Plateforme MIGRAFRIQUE, dans plusieurs capitales africaines (Abidjan, Bamako, Dakar, Conakry, Ouagadougou, Lomé, Cotonou, Nouakchott et Tunis), pour célébrer la Journée mondiale de lutte contre la traite et le trafic des êtres humains. Selon lui, si au Mali, l’AME et l’IMIGRAD ont décidé de faire une conférence de presse, ailleurs en Afrique, certains feront des dialogues avec les journalistes, des points de presse, des forums populaires, des campagnes sur les radios communautaires, des ateliers d’échanges, diffusion de communiqués de presse, organisation de tables rondes et des prises de parole au niveau des frontières…

« A travers l’organisation de ses activités simultanées dans les différents pays, MIGRAFRIQUE veut que la lutte contre la traite et le trafic des êtres humains devient une préoccupation de masse à l’échelle régionale », a-t-il déclaré.

Il a ensuite rappelé que MIGRAFRIQUE, créée en avril 2018, est une initiative de 12 organisations de la société civile du Mali, du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée Conakry, du Togo, et du Sénégal. Avant de lever le voile sur l’objectif global visé par la célébration de cette journée. Selon lui, elle vise à informer et mobiliser l’opinion ouest africaine sur la problématique de la migration. Selon lui, cela passera par la mise en place de cadres d’échanges et d’action pluri-acteurs mettant en lien la traite et la mobilité, emplois et recrutements, protections sociale et dignité humaine. Il a aussi estimé que l’initiative de cette journée vise la facilitation de la collaboration entre MIGRAFRIQUE, les communautés de base, les médias, les Instituts de recherches, les gouvernements, le système des Nations Unies en particulier l’OIM, l’OIT, HCNUR et l’ONUDC.

Assane Koné

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https://www.youtube.com/watch?v=Xk_o4Fzpzkw&feature=youtu.be

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.