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Lutte contre l’extrémisme violent : Les femmes leaders conjuguent leurs efforts

jeudi 7 avril 2022

Sur l’initiative de l’ONG Femme et Développement (FEDE), avec l’appui financier de l’Institut Américain pour la paix (USIP), s’est déroulé au Centre de Formation Professionnelle de Kati, le deuxième dialogue national, sous le thème « les femmes contre l’extrémisme violent au Mali ». C’était du 29 mars au 1er avril 2022.

Ce deuxième dialogue qui a réuni les femmes leaders engagées dont celles de San et Konna dans la lutte contre l’extrémisme violent, les personnes ressources, les autorités administratives et politiques, les organisations nationales et internationales, a constitué une plateforme de réflexions, de discussions et de définition de mécanismes qui pourraient être envisagés de manière collaborative pour l’inclusion des femmes face aux facteurs qui menacent la sécurité, la stabilité et la paix au Mali et dans le sahel.

La cérémonie de clôture a enregistré la présence de Mme la médiatrice de la République du Mali, de la présidente de l’ONG FEDE, du représentant du ministre des Affaires Religieux, du Culte et des Coutumes, de la représentante de l’USAID au Mali, ainsi que d’autres personnalités.

A l’issu des travaux et conformément aux objectifs du deuxième dialogue, les participants ont fait des recommandations, elles ont été lues par Mme Ramata Kampo.

A l’Etat et aux collectivités, il a été recommandé de prendre les dispositions nécessaires et urgentes pour la mise en œuvre effective du plan d’action de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent ; d’inscrire le genre-extrémisme violent dans les plans de développement communal (PDESC) ; de construire des prisons spéciales pour les extrémistes violents afin qu’ils ne cohabitent plus avec des détenus de droit commun pour prévenir tout risque de radicalisation de ceux-ci à leur contact.

Ensuite, il a été recommandé de prendre des mesures incitatives pour le dépôt d’armes par les extrémistes violents et pour la réinsertion socio-économique des extrémistes repentis ; de multiplier les centres multifonctionnels de jeunes dans les villages ; d’appuyer le réseau des femmes leaders ; de mettre l’accent sur la justice traditionnelle au lieu de la justice étatique pour minimiser le risque de vengeance ; promouvoir la participation féminine dans la mise en œuvre du plan d’action de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent et le radicalisme ; etc.

Aux ONG, ils ont recommandé d’harmoniser et coordonner les pratiques des ONG sur le terrain ; de mettre en place un cadre de suivi et d’évaluation des différentes recommandations issues du dialogue ; de renforcer le partenariat entre les ONG et les organisations communautaires à la base ; d’engager un plaidoyer auprès des PTF pour des projets et des programmes de longue durée pour plus d’impact durable ; d’adopter des stratégies innovantes pour améliorer l‘efficacité de la participation des femmes dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent ; etc.

« En tant que mère et épouse, nous sommes incontournables dans la lutte contre l’éradication de l’extrémisme violent », a déclaré Mme Korotoumou Théra, la directrice de l’ONG FEDE. Elle a assuré qu’elles feront le nécessaire pour l’atteinte des objectifs fixés. Elle a annoncé que très prochainement un plaidoyer national sera organisé à l‘adresse du ministre des Affaires Religieux, du culte et de la Coutume et Mme de la médiateur de la République. A cela, elle a ajouté les besoins de financement du plan d’action qui s’évaluent à plus de 8 milliards de FCFA dont l’ONG à elle seule a pu mobiliser un peu plus d’un milliard de FCFA sur les quatre années à venir à partir de septembre 2021 grâce aux partenaires. Elle a remercié les partenaires pour l’accompagnement constant auprès des femmes. Pour cela, elle les a invités à poursuivre leurs efforts car il reste beaucoup à faire.

Miriam Lutz, représentante de l’USAID au Mali, dira que les femmes sont incontestablement dans la lutte contre l’extrémisme violent. Selon elle, les femmes sont des émissaires de paix dans leur communauté et dans la transmission des valeurs. Elle a rassuré qu’elles sont à leurs côtés dans cette initiative.

Selon le représentant du ministre des Affaires Religieux, du Culte et des Coutumes, la lutte contre l’extrémisme violent est inscrite parmi les priorités du gouvernement de la République du Mali. A travers la création du secrétariat permanent avec comme objectif ultime, la lutte contre l‘extrémisme violent, le terrorisme sous toute ses formes. Pour dire que cette initiative est à saluer car elle est dans cette logique du secrétariat permanent.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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