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IBK : « Le Dialogue National Inclusif a vécu. Mais le Mali renaît… »

mardi 24 décembre 2019

Après 9 jours d’échanges sur l’avenir du pays sous la haute présidence du Chef de l’Etat, le dimanche 22 décembre 2019, s’est déroulée au Palais de la Culture Amadou Hampâté Ba, la cérémonie de clôture du dialogue national inclusif (DNI). La paix, la sécurité, la cohésion sociale, la politique et les institutions, la gouvernance, les questions sociétales, l’économie et les finances, la culture, la jeunesse et le sport, étaient inscrits à l’ordre du jour. Tout a été mis sur la table et débattu sans complaisance ni malice, disent certains. L’objectif était de se dire tout sans tabou entre frères avec la participation sans exception de chacun, en vue de reconstruire le bien commun : le Mali.

Lors de ce moment important dans la vie de notre pays, l’on a pu noter aux côtés du Président de la République, la présence de Amadou Toumani Touré, ancien Chef d’Etat du Mali, de plusieurs membres du corps diplomatiques, les présidents des institutions, les membres du triumvirat, les organisations internationales accréditées au Mali, les représentants de la société civile, les forces armées étrangères au Mali, le Premier Ministre et les membres du gouvernement, les responsables de certains partis politiques et le représentant de la diaspora.

Lors de cette rencontre, après la lecture des motions adressées au Président de la République, les participants au dialogue national inclusif, réunis à Bamako du 14 au 22 décembre 2019, ont soumis à la décision du Président de la République 4 grandes résolutions. Ces résolutions ont été lues par Sidiki NFa Konaté, expert, porte-parole des participants. Elles sont entre autres :

L’organisation des élections législatives

Les participants au dialogue national inclusif, réunis à Bamako du 14 au 22 décembre 2019, ont soumis à la décision du président de la République, l’organisation des élections législatives sur la base des circonscriptions électorales actuelles, dans les meilleurs délais afin que la nouvelle législature commence au plus tard le 02 mai 2020 ; le processus de la réorganisation territoriale et du nouveau découpage administratif et électoral sera engagé courant 2020 à l’intérieur du pays et au sein de la diaspora. Ensuite, la prise des mesures appropriées afin de sécuriser le déroulement desdites élections sur l’ensemble du territoire national.

Organisation du référendum constitutionnel

Il a été soumis au Président de la République, l’organisation d’un référendum en vue de la révision de la constitution du 25 février 1992, l’inclusivité et la participation de l’ensemble des forces vives de la Nation dans le processus de la révision constitutionnelle, la prise des mesures appropriées afin de sécuriser le déroulement du scrutin référendaire sur l’ensemble du territoire national.

Sécurité et retour de l’administration

Les participants au dialogue national inclusif, ont soumis au Président de la République, la mobilisation de toutes les ressources nationales pour ramener la paix et la sécurité dans le pays et promouvoir le vivre ensemble, la conduite, dans la durée, d’une stratégie de maintien de la paix et la sécurité, avant la fin de l’année 2020, le redéploiement de l’administration et des services sociaux de base dans les zones affectées par l’insécurité courant premier trimestre de l’année 2020, une législation pertinente au cours de l’année sur le rôle des chefferies, légitimités traditionnelles et autorités religieuses dans la prévention et la gestion des conflits, le redéploiement immédiat sur l’ensemble du territoire national des forces de défense et de sécurité reconstituées.

L’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger

La dernière résolution soumis au Président de la République par les participants au Dialogue national inclusif, est l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Il s’agit, de la relecture de certaines dispositions de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, l’accélération du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) pour permettre aux forces armées reconstituées de mieux assurer leurs missions de défense du territoire et de protection des personnes et de leurs biens, l’initiation d’une campagne intensive de communication en vue de faciliter l’appropriation nationale de l’accord révisé.

Notons que, devant toutes les filles et fils du Mali, réunis dans cette salle du Palais de la culture, le Chef de l’Etat Malien a tenu son discours avec beaucoup d’émotion.

Après avoir souhaité la bienvenue à Amadou Toumani Touré, dont le retour était attendu par les Maliennes et Maliens, il dira que, « le Mali a encore confondu ceux qui croyaient ni réaliste ni possible l’organisation d’un Dialogue tel que celui qui nous réunit en ce moment. Ils subiront d’autres défaites tant qu’ils continueront de douter des capacités et des ressorts de ce vieux pays ». Il a estimé que ces assises ne sont donc pas le machin d’un homme en quête de destin. Elles étaient et sont une exigence des temps. Elles émanent certes du constat fait par la majorité que l’introspection et l’évaluation était devenue nécessaires face à l’évolution du pays. Mais elles étaient aussi le cri de cœur jamais mis en sourdine d’autres regroupements politiques. D’ailleurs, ce Dialogue n’était-il pas un des acquis de l’Accord Politique de Gouvernance négocié avec la contribution décisive de l’opposition ?

« Il est vrai, les choses ne se sont pas passées comme nous l’aurions souhaité. J’espère cependant qu’avec les conclusions issues du Dialogue, les frustrations et les malentendus se dissiperont et que nous nous retrouverons tous bientôt pour mieux consolider la marche de notre pays. Croyez-moi : je ne suis ni un enjeu, ni une tour d’ivoire, ni un adversaire. Pour personne, à fortiori pour des frères à qui tout me lie, surtout qu’ils sont tous contributeurs potentiels, tous détenteurs d’enjeux, tous des cadres compétents dont la République a fort besoin. », a-t-il déclaré.

Le Président de la République a précisé que sa porte reste ouverte et sa main reste tendue, sachant les limites des odyssées solitaires mais, a contrario, tous les bénéfices d’une démarche solidaire. « J’ai promis, quant à moi, de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que les recommandations validées soient appliquées et leur mise en œuvre attestée par les mécanismes de suivi que vous aurez souverainement mis en place. Je le ferai car je saisis tout l’enjeu de l’exercice que vous venez de conduire avec brio et maturité. Le Dialogue National Inclusif a vécu. Mais le Mali, lui, renaît. Je ne suis pas un politicien, je suis politique », a-t-il conclu.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.