Festival sur le Niger : L’opéra-ballet « Mawula » annonce la renaissance du Mali

vendredi 7 février 2014

A la faveur de la cérémonie officielle de lancement de la 10ème édition du Festival sur le Niger, les festivaliers venus de divers horizons, ont eu le privilège de revisiter les meurtrissures qui ont été imposées au peuple malien.

C’est un secret de polichinelles. Contre toute attente et en déphasage total avec la marche du monde, une horde de hors la loi, sous le prétexte de réapprendre au peuple malien comment faire les ablutions et comment pratiquer l’islam, déjà installé au Mali depuis des millénaires, a commis des excès inqualifiables. Mais, grâce à la baraka léguée par les ancêtres des maliens d’aujourd’hui, une mobilisation mondiale a permis au pays de sorti de cette impasse. Même si les heures difficiles de la crise sont derrières nous, il faut admettre que le Mali a besoin de réconcilier ses filles et fils. Et, cela n’est pas possible sans des espaces cathartiques. L’opéra-ballet « Mawula » , produit par la Fondation Festival Sur Niger, entre dans ce cadre. Le spectacle présenté le 6 février 2014, en grande première, sur la scène Da Monzon de Ségou, par son mode de création, est une injonction pour la nouvelle direction que le Mali doit adopter pour sa reconstruction. Dr, Fodé Moussa Sidibé a écrit le texte. Adama Traoré de Acte Sept a procédé à la mise en scène. Moussa Diabaté de Diabatex a habillé les acteurs. Amadou Sanogo, enseignant au Conservatoire Balla Fasséké, a assuré la chorégraphie. Union sacrée, ajoutée à la solidarité et au pardon, aideront le Mali, à renaître de ses cendres comme le sphinx, que l’on pourrait symboliser par « Mawula » dans la conscience populaire malienne. D’autres pensent que « Mawula » est cet aigle qui déploie majestueusement ses ailes sur les armoiries du Mali. Mais, pour d’autres « Mawula » restera l’épervier mythique que les pères fondateurs de la nation malienne, ont voulu éternel, à l’image du Mali, cette terre créatrice d’empires et de royaumes. « Mawula » est un opéra ballet sur la renaissance culturelle du Mali. Après une année de troubles et de crise multiforme, cet opéra relate, en 4 tableaux, l’histoire glorieuse des enfants de « Mawula » et l’effritement de leur unité à cause de l’irresponsabilité et l’insouciance des dignitaires, les gardiens du temple de « Mawula ». Et, c’est ce moment que les enfants d’Echadjach, haineux et pleins de rancunes immondes, ont choisi pour imposer à coup de canon leurs « lois de désolations sur les terres » de « Mawula ». Ces envahisseurs arrivent difficilement à cacher sous leurs turbans de la honte et du déshonneur, leurs excès doublés de vices : drogue, trafics en tous genre. Mais, comme « Mawula » est éternel, ses enfants, leurs amis et leurs compagnons s’unissent pour chasser ces délinquants des temps modernes qui ne s’imposent aucune frontière au nom d’un islam galvaudé et étranger à la bande sahélo-saharienne. Mais, terre de pardon et de réconciliation, les enfants de « Mawula » et leur ennemis d’hier parviennent à la paix. Que d’espoirs !
Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Mots-clés : menunav