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Election présidentielle au Mali : Soumaïla Cissé se dit vainqueur avec 51,75% des voix

vendredi 17 août 2018

Est-ce que le Mali pourra faire l’économie d’une crise post-électorale ? Malin qui pourra répondre par l’affirmative. Au cours d’une conférence de presse animée le 16 août 2018, à l’hôtel Salam de Bamako, Soumaïla Cissé, candidat au 2ème tour de l’élection présidentielle du Mali, a déclaré qu’il est le vainqueur de l’élection présidentielle, avec 51,75% des voix, contre 48,25% des voix pour IBK, le Président de la République sortant.

« Je réaffirme encore, ici, devant notre peuple et à la face du monde, que, si on exclut les résultats issus des bourrages d’urnes avérés dans de nombreux bureaux de vote des zones de l’Office du Niger et de la CMDT, ainsi que les résultats tout simplement fantaisistes dans de très nombreuses localités du Nord du pays, je sors vainqueur de l’élection présidentielle avec 51,75% des voix contre 48,25% à notre adversaire ». Cette déclaration a été faite par Soumaîla Cissé, lors d’une conférence de presse à l’hôtel Salam. Avant d’ajouter que ceci est « incontestable et vérifiable à partir des procès-verbaux signés de toutes les parties ».

A ses partisans, il a déclaré que « Malgré tous les obstacles, vous n’avez ni cédé, ni renoncé à vos espoirs d’un vrai et profond changement », il les a salué pour avoir « refusé la corruption, le népotisme, le favoritisme : en un mot, la mal- gouvernance de ces 5 dernières années ». Et, pour cela, Soumaïla Cissé les a rassuré : « C’est pourquoi, mes chers compatriotes, la lutte continue. Oui, la lutte va continuer, et soyez confiants ! ».

Par moment dans un démarche de galvanisation de ses troupes, Soumaïla Cissé dira : « Ensemble et debout, nous allons résister, nous allons nous opposer. Ensemble, nous allons gagner.

Soumaïla Cissé a rappelé qu’il n’a cessé d’alerter sur les risques évidents d’une fraude généralisée et systématique de nature à fausser les règles de la compétition électorale, et de s’inquiéter du très grand risque d’une crise post électorale. « Oui…, car, je savais que cette fraude se préparait », a-t-il déclaré. Avant de préciser que c’est pourquoi il avait anticipé en demandant par écrit depuis le mois de mars aux Nations Unies, à l’Union Africaine et la CEDEAO une certification internationale comme en Côte d’Ivoire. « Je n’ai pas été entendu, je n’ai jamais eu de réponse. Cruel constat ! », a-t-il dénoncé.

« Je maintiens et je peux le prouver que j’ai remporté cette élection avec 51,75% des voix ! »,

Qu’à cela ne tienne, Soumaïla Cissé est déterminé à tout mettre en œuvre pour que justice lui soit rendue. « Aujourd’hui, nous ne pouvons, en aucune façon, passer sous silence l’utilisation abusive des moyens de l’Etat et des médias publics pendant la campagne , ni l’achat massif des votes le jour du scrutin , ni le bourrage systématique des urnes, sans parler des régions où il n’y a pas eu aucun vote, attribuant frauduleusement ainsi à notre adversaire des centaines de milliers de voix fictives », a-t-il déclaré.

Pour Soumaïla Cissé, les résultats proclamés par le Ministère de l’Administration territoriale ne reflètent en rien la réalité des urnes. « Je maintiens et je peux le prouver que j’ai remporté cette élection avec 51,75% des voix ! », a-t-il déclaré. Avant de préciser que sur les 23 041 bureaux annoncés seuls 22 675 sont dans le ficher mis en ligne.

Il a indiqué que dans plus de 1 000 bureaux on a voté en moins de 2,5 minutes avec 79% des voix pour IBK ; que 340 bureaux ont un taux de participation de 100% avec 88% des voix pour pour IBK. « Les anomalies sont nombreuses et nombres de résultats annoncés ne correspondent pas au dépouillement réel », a-t-il dénoncé.

« Le Mali plonge dans l’arbitraire, et, face à l’arbitraire, la résistance est de droit »

Pour Soumaïla Cissé, ce régime n’a pas seulement triché, il a également activé une véritable police politique qui a décimé son équipe de communication. « Séquestration de personnes et de biens, torture et tentative d’enlèvement pour démoraliser nos troupes, et surtout, pour les empêcher de poursuivre la centralisation des résultats. Car ce régime, devenu autocratique, savait qu’il avait perdu », a-t-il dénoncé.

Après avoir estimé que ces faits sont inqualifiables, Soumaîla Cissé dira que « le Mali plonge dans l’arbitraire, et, face à l’arbitraire, la résistance est de droit ».

Partant du constat que « l’achat de conscience et la fraude sont devenus le cancer de la démocratie malienne », le candidat de l’URD à l’élection du président de la république, dira que « c’est pourquoi, la lutte pour la restauration de la démocratie doit être notre plus noble combat, celui de tous les partis politiques, celui des associations et toutes les organisations de la société civile, par-delà toutes les éventuelles divergences ! ».

Il a profité pour rappeler que dans un passé récent, en tant que républicain et démocrate, qu’il a donné toute la mesure de son profond attachement à la paix sociale et à la cohésion nationale. « Dans le contexte actuel de notre pays, marqué par des dérives autoritaires, la négation du suffrage des Maliens, vous comprendrez aisément, que je ne peux, en aucune manière, fermer les yeux sur les fraudes et irrégularités massives qui ont caractérisé les présentes élections présidentielles », a-t-il déclaré, pour ceux qui veulent le comprendre.

« Je rejette catégoriquement et sans équivoque, les résultats proclamés par le Ministère de l’Administration territoriale »

Soumaïla Cissé à déclaré que ne va jamais trahir la confiance que la majorité des votants ont placée en lui pour restaurer l’espoir dans le pays. « C’est la raison pour laquelle, je rejette catégoriquement et sans équivoque, les résultats proclamés par le Ministère de l’Administration territoriale », a-t-il déclaré. Avant de refuser et dénoncer les résultats. « Ils ne sont que : supercherie, mascarade, parodie et mensonges. Ils ne sont que le fruit pourri d’une fraude honteuse », a-t-il déclaré.

Face à une telle situation, Soumaïla Cissé s’engage à utiliser tous les voix de recours. « J’utiliserai toutes les voies de recours que m’offre la Constitution de notre pays, la législation malienne et les textes internationaux, ainsi que tous les moyens politiques en ma possession pour faire respecter le vote des Maliennes et des Maliens ». Pour cela, il a appelé à la mobilisation de tous les acteurs politiques et à tous les Maliens et Maliennes épris de paix et de justice, pour rendre cela possible.

Il a aussi appelé la communauté internationale et les Chefs d’Etat de la sous région, à aider le Mali dans cette impasse. « J’en appelle donc à la communauté internationale et aux chefs d’État de la sous région pour qu’ils interviennent en urgence afin de mettre un terme à ce hold-up électoral », a-t-il indiqué.

Il a aussi invité les jeunes maliens qui manifestent déjà depuis des jours de par le monde, à Bamako et dans les différentes villes du pays, à une mobilisation, pour refuser courageusement, que leur destin soit enfoui dans les sables du Sahara ou englouti dans les flots de la Méditerranée. « En agissant ainsi, vous refusez la pauvreté et la misère comme une fatalité, Par votre vote, vous avez décidé d’assumer votre avenir, car il vous appartient ! », a-t-il déclaré. Mais, il les a assurés de son soutien. « Dans ce combat, je suis, et je resterai toujours, à vos côtés !, Dans ce combat, je ne trahirai jamais, au grand jamais, votre confiance ! Oui, dans ce combat, je suis prêt à tout sacrifice pour voir la concrétisation de vos espoirs ! », a-t-il indiqué.

Abdrahamane Diarra, membre du Directoire de campagne de Soumaila cissé est intervenu pour entretenir l’auditoire, sur selon lui, les véritables résultats de cette élection, notamment du 2ème tour.

Dans une démonstration, il dira qu’avec des bureaux de vote qui s’ouvrent à 8h pour fermer à 18 h, au Mali, le temps de vote est de 10 heures, soit 600 minutes. En ce qui concerne le temps moyens de vote par bureau de vote, il dira que c’est la division des 600 mn de temps de vote par le nombre de votants par bureau de vote. Selon lui, si au Mali, on se permet de prendre 300 votants par bureau de vote, on aura 2 minutes comme temps moyen de vote. Mieux, en partant sur la base de 2,5 minutes de temps moyens de vote, on aura par bureau de vote 240 votants à 250 votants, si on fait une extrapolation, par journée de vote. Or, il dira qu’au Mali, le temps moyen de vote réel est de 5 à 6 minutes. « Au-delà de 250 votants par jours dans un bureau de vote, il ya bourrage d’urne », a-t-il déclaré. Avec des chiffres à l’appui, il a tenté de convaincre son auditoire qu’à travers le pays, qu’il y a eu des zones où des électeurs ont voté en moins d’une minute, chose impossible selon lui.

Qu’à cela ne tienne, il dira que le vrai résultat de cette élection donne 680 100 voix, soit 51,75% à Soumaïla Cissé et 634 033 voix, soit 48,25% à IBK. Selon, lui, le suffrage exprimé de cette élection est de 1 314 133 voix, pour 19 102 bulletins nuls.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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