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    Culture de la paix au Mali : La contribution de l’Amicale des anciens élèves du Prytanée militaire de Kati

    dimanche 20 mai 2018 , par Assane Koné

    Depuis quelques années, le Mali est à la croisée des chemins. Du nord au sud, en passant par le centre du pays, la quiétude des populations est sérieusement ébranlée. Si au nord, l’on est en passe de trouver une solution aux revendications sécessionnistes, avec l’accord d’Alger, au centre du pays, les jours ne sont pas roses pour les populations. Des individus ce réclamant d’un mouvement djihadistes, sont parvenus à mettre les communautés dos à dos. Et, l’on assiste impuissant à des conflits par-ci et à des conflits par-là. C’est dans un tel contexte l’Amicale des élèves du Prytanée militaire a organisé le 19 mai 2018, dans la salle de Conférence de l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Beye, une conférence sur le thème : « Culture de la paix au Mali ».

    « L’organisation de cette conférence est une volonté viscérale de notre amicale à participer à l’instauration d’une paix définitive au Mali », a indiqué Ousmane Sina Diallo, Président de l’Amicale des élèves du Prytanée militaire. Selon lui, depuis un certain temps, notre chère nation traverse des épreuves sans précédent de son histoire. « La paix à un coût délicat, la situation actuelle appelle au bon sens et à l’esprit de discernement de toutes les filles et de tous les fils de ce pays : Notre cher Mali », a-t-il déclaré.

    Pour animer cette conférence de presse, l’AEPM a fait appel à des personnalités ayant des expériences avérées. Boubacar Gaoussou Diarra, ancien ministre malien, a traité de l’ « importance de la justice dans la reconstruction de la paix ». Cheaka Aboudou Touré, Représentant spécial de la CEDEAO au Mali, a présenté le thème sur : « l’architecture régionale de la paix et de la sécurité de la CEDEAO au service de la paix en Afrique de l’ouest ».

    Boubacar Gaoussou Diarra, ambassadeur et ancien ministre malien de la justice, a d’entrée de jeu indiqué qu’avec la crise qui s’éloigne au nord, les citoyens maliens ont de nouvelles exigences quand à la distribution du service public de la justice. « Au regard des attentes fortes de la population, la tâche est ardue », a-t-il déclaré. Avant d’indiquer la gestion calamiteuse de la crise a approfondi la défiance des populations face à l’état. « L’Etat doit être capable de défendre ses citoyens à travers la glaive, mais aussi à travers la balance », a-t-il estimé.

    Dans le contexte actuel du pays, il a estimé que la question c’est de savoir : Quelle est la responsabilité nouvelle que le service public de la justice doit assumer pour être en phase avec les populations ? Mieux, il dira qu’il faut même aller au-delà du service public de la justice, pour explorer d’autres mécanismes comme la justice transitionnelle.

    Pour sa part, dans sa présentation de « l’architecture régionale de la paix et de la sécurité de la CEDEAO au service de la paix en Afrique de l’ouest », le Représentant spécial de la CEDEAO au Mali, a d’abord définit la notion de paix. Il a ensuite exposé les objectifs fondamentaux de paix dans l’espace CEDEAO. Avant de lever le voile sur l’architecture de promotion de la paix régionale et les outils légaux pour la paix dans l’espace CEDEAO.

    Selon lui, la paix se définit comme un état de tranquillité dont une société politique jouit, soit en-dedans, par le bon ordre qui règne entre les membres, soit au-dehors, par la bonne intelligence dans laquelle elle vit avec les autres peuples. Pour ce faire il dira que trois conditions sont nécessaires : absence ou fin de belligérance et reconnaissance mutuelle ; cessation d’actes de belligérance et reconnaissance de la souveraineté de chaque Etat ; et fin de toute histoire de guerre, dialogue de civilisation, compétition saine dans tous les différents domaines.

    Il dira ensuite que la CEDEAO a trois objectifs fondamentaux de l’éducation à la paix. Ce sont : former des citoyens capables d’affirmer leur citoyenneté en exerçant leur pensée critique en vue de se doter des moyens de construire leur autonomie individuelle ; former des citoyens capables de participer avec d’autres citoyens et citoyennes au processus d’élaboration, de mise en œuvre et d’évaluation des politiques publiques sur la base de la défense de leurs droits humains et de ceux des autres ; et former des citoyens capables de coopérer en vue de vivre avec les autres dans la poursuite d’objectifs communs de développement et de changement social durable dans l’espace CEDEAO.

    Il a ensuite levé le voile sur l’architecture de promotion de la paix régionale. Ce dispositif par de la prévention à la consolidation de la paix régionale en passant par la gestion et le règlement de conflit et la sortie de la crise et le maintien de la paix.

    Le représentant spécial de la CEDEAO au Mali a ensuite présenté les outils légaux de promotion de la paix. Ce sont une panoplie de textes qui ont été adoptés de 1977 à 1999.

    Dans la phase des questions/réponses, Mohamed Ahmed Ag Amani, ancien Premier ministre du Mali, a estimé que l’on doit aujourd’hui trouver une réponse à la question : Quelle justice pour la paix au Mali ? Il a estimé que pour aller à la paix, il faut que les acteurs se fassent un minimum de confiance et travailler pour l’appartenance à une nation, au lieu de continuer à faire prospérer l’appartenance à des communautés.

    Mais, avant, le Colonel Issa Coulibaly, Directeur par Intérim de l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondeye Beye, a fait une communication sur la présentation de la structure qu’il a l’honneur de diriger.

    Assane Koné

    Assane Koné

    Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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