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Crise au Mali : le collectif « Stop ! Trop de Morts » appel à un sursaut urgent

lundi 15 juillet 2019

Le samedi 13 juillet 2019 s‘est déroulée à la Maison de la Presse, la cérémonie de lancement du Collectif « Stop ! Trop de Morts » avec comme slogan, « nous sommes tous concernés. Ensemble pour l’apaisement ». C’était à la faveur d’une conférence de presse animée par les portes paroles dudit collectif.

Pour l’occasion, le collectif a fait un manifeste. Il a été lu par Adam Dicko, présidente de l’AJCAD Mali, porte-parole du Collectif « Stop ! Trop de Morts », assisté par Ismaël Doucouré dit Master Soumi, Co-conférencier.

Aux dires de Adam Dicko, conscients des menaces que représente cet état de fait sur l’unité nationale, l’intégrité du territoire, bref, sur l’avenir du Mali et vu la nécessité d’une préservation des grands idéaux de concorde et d’humanité, des Maliennes et Maliens de tous bords, sans distinction d’âge ni de sexe encore moins de croyance, ont initié le collectif « Stop ! Trop de Morts », le samedi 21 juillet 2019 à Bamako.

Après une analyse sans complaisance de la situation dans les régions de Ségou et de Mopti, le Collectif « Stop ! Trop de Morts » estime que la dimension intercommunautaire de la violence dans certaines localités a déjà pris naissance. Aussi, les messages de haine et d’appel à la violence qui circulent sur les réseaux sociaux depuis belle lurette, attestent l’ampleur de cette fracture sociale qui profite à l’horizon. En outre, les rancœurs prennent forme dans le cœur des populations touchées.

Les initiateurs du collectif en appellent donc à un sursaut urgent de toutes les maliennes et de tous les maliens en vue de fédérer leurs énergies et ressources. Ils se fixent pour objectifs de contribuer à faire baisser les tensions nées de cette situation.

En vue d’atteindre cet objectif, le collectif « Stop ! Trop de Morts » entreprend des actions ses axes d’interventions. Il s’agit : la sensibilisation de l’opinion nationale, l’influence politique et le dialogue social.

Pour sa part, Ismaël Doucouré dit Master Soumi a insisté sur le rôle que chacun doit jouer pour l’apaisement des conflits dans notre pays et de prendre toutes les dispositions pour sortir de cette crise. Il a lancé un appel à tous les maliens d’appeler nos régions par leur nom. Au lieu de les appeler le Centre ou le Nord. Selon lui, cela a une influence négative pour notre pays et plus particulièrement pour la nouvelle génération.

Les conférenciers ont rassuré que ce collectif ne sera pas un collectif de trop, mais un de plus. Ils ont indiqué que d’autres actions seront prises telles que : la production d’une chanson dédiée à la paix et le vivre ensemble, visite de terrain dans les zones concernées pour discuter avec les populations et les déplacés, les rencontres avec les autorités maliennes, notamment le Chef de l’Etat, avec les forces vives de la nation pour faire valoir leur cri de cœur.

Le manifeste a été signé par tous ceux qui s’engagent à contribuer à l’apaisement des conflits et à œuvrer pour un Mali uni dans sa diversité. Notamment, les artistes, le représentant de l’association Gina Dogon, le président de Tabital Pulaku, la présidente du parlement des enfants du Mali, le président de l’ONG Al Farouk, Kandia Kouyaté, artiste chanteuse, Nouhoum Togo, en tant que représentant du Chef de fil de l’opposition…

Par leur acte, ceux qui ont signé le manifeste du collectif « Stop ! Trop de Morts », ont décidé de lancer un appel de paix, de cohésion et de vivre ensemble. Avant de remercier le collectif pour cette initiative et d’affirmer leur accompagnement pour que, cette paix souhaitée par tous, règne dans le cœur des maliens.

« Nous devons nous donner la main, sans quoi le Mali va disparaître. Nous sommes tous les mêmes », ont-t-ils rappelé.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.