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Cour Suprême du Mali : Les Magistrats exigent le départ du Président Nouhoum Tapily

lundi 11 novembre 2019

Les Magistrats maliens sous l’instigation du Syndicat Autonome de la magistrature (SAM) et le Syndicat Libre de la Magistrature (SYLIMA) vont-t-ils à nouveau boycotté la « Rentrée judiciaire 2019-2020 », comme ce fut déjà le cas lors de la « Rentrée judiciaire 2018-2019 ». Tout porte à le croire.

Les jours de Nouhoum Tapily à la tête de la Cour Supreme du Mali, sont-t-ils comptés ? En tout cas, à la faveur de Rentrée judiciaire 2019-2020, le SAM et le SYLIMA viennent à nouveau de mettre sa tête à prix.

L’Assemblée Générale Extraordinaire souveraine en date du 1er novembre 2018 a engagé les Magistrats à boycotter toutes les activités de la Cour suprême du Mali tant qu’elle continuera à être présidée par Monsieur Nouhoum Tapily

Dans un communiqué conjoint, signé le 10 novembre 2019 par Bourama Kariba Konaté, vice-président du SAM et par Hady Macky Sall, Président du SYLIMA, les deux syndicats des magistrats maliens, ont rappelé à leurs militants que « l’Assemblée Générale Extraordinaire souveraine en date du 1er novembre 2018 a engagé les Magistrats à boycotter toutes les activités de la Cour suprême du Mali tant qu’elle continuera à être présidée par Monsieur Nouhoum Tapily ».

Et, à l’allure où vont les choses, il y a de forte chance que les militants du SAM et du SYLIMA ne soit pas dans la Salle le 18 novembre 2019, à la Cour Suprême du Mali sise à Banankabougou, zone de Bollé, pour prendre part à la Rentrée judiciaire 2019-2020.

Et, pour annoncer les couleurs, le SAM et le SYLIMA ont informé leurs militants, qu’ « ils ont refusé de participer aux travaux de la Commission d’organisation de cette cérémonie organisée par la Cour suprême ».

La Magistrature malienne continue à ruminer le traitement, peu amène, qui lui a été réservé par certains de ses interlocuteurs lors du mouvement de grève passé et cela, avec curieusement, la complicité active de certains de ses propres fils avec à leur tête l’actuel plus haut magistrat professionnel du Mali

Mais, il faut reconnaître que les magistrats maliens ont gros sur le cœur. Et, le communiqué est on ne peut être plus clair. « La Magistrature malienne continue à ruminer le traitement, peu amène, qui lui a été réservé par certains de ses interlocuteurs lors du mouvement de grève passé et cela, avec curieusement, la complicité active de certains de ses propres fils avec à leur tête l’actuel plus haut magistrat professionnel du Mali », indique le communiqué. Avant d’ajouter qu’ « aussi, se souvient-elle du déni de justice dont elle est l’objet par le blocage systématique des procédures qu’elle initie à la plus haute juridiction ».

La constance dans l’action oblige au souvenir, dans ces conditions, pour que plus jamais la corporation ne serve de tremplin pour les félons portés par, exclusivement, le carriérisme et la prévarication

Pour tout cela, les deux syndicats ont clairement indiqué dans leur communiqué que « la constance dans l’action oblige au souvenir, dans ces conditions, pour que plus jamais la corporation ne serve de tremplin pour les félons portés par, exclusivement, le carriérisme et la prévarication ».

Cependant, le SAM et le SYLIMA, en se félicitant de la réconciliation progressive du Peuple avec sa Justice, ont invité les Magistrats ainsi que leurs amis à boycotter la Rentrée judiciaire du 18 novembre 2019.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.