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Monsanto : Les dessous d’un scandale !

samedi 7 octobre 2017

Un scandale d’ampleur mondiale a récemment éclaté suite à une enquête du journal « Le Monde » du 04 Octobre dernier, dénonçant les pratiques du groupe Monsanto. L’occasion de faire le point sur ce que cache cette affaire.

En premier lieu, en citant un article du site web ecologie.ma, nous tenons à rappeler que « le Round up existe au Maroc et il est commercialisé via deux sociétés de distribution : Alfachimie et Agrimatco. Il existe 20 produits Round up au Maroc qui ont été homologués par l’Office National de la Sécurité Alimentaire (ONSSA), avec leurs variétés Round up Energy et Round up Turbo, qui sont à des degrés divers de toxicité. Les agriculteurs marocains les utilisent comme désherbant pour protéger trois types de cultures : les pommiers, la vigne et les agrumes. »

Le scandale

Le Monde a dénoncé les pratiques du géant agrochimique américain, en publiant des documents internes de l’entreprise. On trouve dans les « Monsanto Papers » des traces de « ghostwriting » ou « écriture fantôme », une faute scientifique grave, consistant à faire signer à des scientifiques sans aucun lien avec l’entreprise, des documents rédigés par les employés de cette dernière. Une pratique qui permet d’apporter prestige et de soigner la réputation de l’entreprise, de façon frauduleuse et malhonnête. L’enquête révèle que la pratique de « ghostwriting » aurait été non seulement utilisée vis-à-vis du public, mais aurait aussi été utilisée dans des publications scientifiques des revues spécialisées de renommée.

Le manque d’éthique de la multinationale américaine ne s’arrête pas à ce point. En effet, nombre de pratiques douteuses s’ajoutent à la liste, dans le but de redorer l’image de la société et contrer la mauvaise publicité autour de ses produits. Ainsi, la firme aurait exercé des pressions et des manœuvres d’intimidation à l’encontre du Centre International de Recherche sur le Cancer (CICR), affilié comme Agence des Nations Unies. A titre de rappel le CICR avait classé le glyphosate ; produit phare de la firme ; comme « probablement cancérigène ». Le glyphosate reste à ce jour le pesticide le plus utilisé de la planète et le principal composant du Roundup, un des produits principaux de la firme Monsanto.

Le géant de l’agrochimie ne s’arrêterait pas là, il s’appliquerait à détruire toute concurrence potentielle, en achetant les petites firmes potentiellement à succès, afin de s’assurer le monopole sur le marché. De plus, la multinationale procèderait à un lobbyisme intenseau Congrès, comme sur internet. Le « greenwashing » y passe aussi, dans le but de camoufler les différents scandales mais aussi les plaintes portées contre la firme.

Toutefois, malgré tous les efforts fournis par la firme, son « bad buzz » lui vaut la colère de milliers d’ONG à travers le monde, mais aussi de citoyens dénonçant les effets encore inconnus des ONG et des pesticides sur la santé de l’être humain comme sur la biodiversité et l’environnement. D’ailleurs, Monsanto se déploie ces derniers temps non à nier les effets potentiellement dangereux de ses produits, mais de vanter les mérites d’un des aspects de ses derniers, à travers une stratégie de contournement. La firme essaierait donc de vendre les mérites de ses produits en promettant par exemple une solution à la fin de la malnutrition et des problèmes de santé dans les pays du tiers-monde. Le tout, à travers des campagnes de communication lourdement financées, et à travers la contribution de différents acteurs de poids, généreusement payés pour servir leurs intérêts au niveau local, régional, national et international.

Cependant, Monsanto collectionne année après année les scandales et plaintes partout dans le monde, avec une communauté de plus en plus éduquée, et donc consciente des dangers des produits commercialisés par la fameuse société.

http://www.lesinfos.ma/article/5737...

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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