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Droits d’auteurs des artistes maliens : Orange Mali paye 900 millions de FCFA au BUMDA

mercredi 3 avril 2019

« En décidant de payer aux artistes des droits d’auteurs d’une importance financière sans précédent dans l’histoire de notre pays, je dis biens sans précédent dans l’histoire de notre pays, Orange Mali ne fait pas que rendre justice ; elle pose aussi un acte de responsabilité sociétale en restaurant la liberté et la dignité des artistes et de tous les acteurs de différentes chaines de valeurs culturelles, auxquelles l’entreprise œuvre désormais la possibilité d’en vivre décemment du fruit de leur créativité ». Cette déclaration a été faite par Mme Ndiaye Ramatoulaye Diallo, ministre de la culture, le 2avril 2019, lors de la cérémonie officielle de remise d’un chèque de 900 millions de FCFA par Orange Mali au Bureau Malien des Droits Auteurs (BUMDA), au titre des droits d’auteurs.

Malgré leur rôle d’ambassadeurs du Mali à travers le monde, nombreux sont les artistes maliens qui tirent le diable par la queue. Certains, n’arrivent même plus à voir la queue du diable, tant ils sont tiraillés par les difficultés de la vie. Dans cette situation de misère avancée, comment créer pour se maintenir dans le monde impardonnable du showbiz ? C’est cette équation à plusieurs inconnues et souvent sans solution que bon nombre d’artistes sont confrontés.

Au regard de la faramineuse somme de plus de 70 milliards de FCFA que le secteur musical malien apporte à l’économie nationale par an, l’on doit admettre que la situation du grand nombre des artistes maliens doit changer. Incapable souvent de faire fasse à leurs frais de santé, l’Etat et des bonnes volontés sont souvent sollicités pour voler au secours d’artistes mourant sur des lits d’hôpitaux.

Pour sortir les artistes de cette situation de précarité, l’Etat à travers le ministère de la culture, en plus de l’adoption d’une loi sur le statut de l’artiste, à tout mis en œuvre, sous la houlette de Mme Ndiaye Ramatoulaye Diallo, pour faire voter une loi sur la propriété intellectuelle. La suite est connue de tous. Il fut une époque que les sociétés de téléphonies qui étaient sollicitées par cette loi pour jouer leur partition, s’étaient braquées contre elle. Mais, aujourd’hui, avec cette initiative de Oranage Mali, l’on peut dire que cet épisode malheureux est loin derrière nous.

Et, c’est pourquoi, Madame le ministre de la culture a estimé que cette cérémonie marquait à ses yeux trois changements de paradigmes. Elle a d’abord estimé que « Orange Mali ne fait pas que rendre justice ; elle pose aussi un acte de responsabilité sociétale en restaurant la liberté et la dignité des artistes et de tous les acteurs de différentes chaines de valeurs culturelles, auxquelles l’entreprise ouvre désormais la possibilité de vivre décemment du fruit de leur créativité ». Madame le ministre a ensuite fait remarquer qu’ « en appliquant la loi sur la propriété intellectuelle de façon si proactive, Orange-Mali assume son rôle de locomotive et assume le devoir d’exemplarité qui sied à son rang d’entreprises citoyenne, économiquement performante, et socialement impactant, parce que soucieuse de générer une croissance inclusive et des progrès sociaux partageables ». Enfin, ensuite, elle a estimé que « de par la nature publique de cette opération, Orange-Mali inaugure aussi une nouvelle ère de transparence dans le processus de collecte et de paiement des droits d’auteurs des artistes maliens ».

Madame a tenu à dire qu’il lui tient à cœur de rassurer les artistes que nul ne sera lésé, et que la transparence prévaudra d’un bout à l’autre du processus de paiements droits.

Et, comme ce combat dur depuis des années pour l’amélioration des conditions de vie des artistes maliens à travers le payement de leurs droits d’auteurs, Madame le ministre a profité de l’occasion pour saluer la mémoire de tous les artistes qui ont investi leur énergie dans cette bataille. « D’autres l’ont menée avant nous. Je voudrais me souvenir ici de feue Bako Dagnon, de feue Fantani Touré, de feu Mangala Camara ; et de tous ceux qui ont assumé leur part de lutte, mais qui sont partis avant d’avoir pu récolter les fruits de leur combat », a-t-elle indiqué.

Elle a félicité le Directeur général de Orange-Mali. « Oui, les actes parlent plus que les mots », a-t-elle indiqué. Avant d’ajouter que l’histoire retiendra l’acte que vous avez posez aujourd’hui comme un tournant décisif dans la promotion et dans la valorisation de l’art et de la culture au Mali. « Si les droits d’auteur sont par définition une obligation juridique, s’en acquitter est une preuve de responsabilité citoyenne, et cela témoigne amplement des valeurs d’équité et de transparence de Orange-Mali », a-t-elle ajouté.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.