Vote de la loi sur les autorités intérimaires : Où est passée la société civile ?

mercredi 6 avril 2016

A la faveur de l’occupation des deux- tiers de notre pays en 2012, les organisations de la société civile s’étaient réveillées du sommeil profond dans lequel les gouvernements successifs les avaient plongées pour jouer leur rôle de contrôle citoyen. Mais au regard des actes de défiance que pose IBK pour diviser le Mali, on est en droit de dire que ce réveil était alimentaire dans la mesure où la quasi-totalité des organisations de la société civile a goutté la sauce du pouvoir et de la MINUSMA.

Il n’est pas inutile de rappeler cette célèbre expression du doyen Seydou Badian selon laquelle « Celui qui ne sait pas d’où il vient ne saura jamais où il va ». Comme pour dire que sans vouloir exposer l’historique de la société civile dans notre pays, il importe tout de même de signaler qu’elle s’était donnée pour mission de servir de contre-pouvoir aux gouvernants et aux partis politiques. Cela est d’autant important et démocratique que la société civile se voulait la voix des sans voix, le baromètre de toutes les activités se rapportant à la vie de la nation. Cette société civile est donc une organisation citoyenne qui se charge de veiller au respect scrupuleux et la défense intégrale des intérêts supérieurs de la nation malienne.

Pour ainsi dire, la société civile se veut une organisation souveraine ayant la latitude non seulement d’attirer l’attention des autorités compétentes quant aux pratiques non conformes à l’idéal d’indépendance, de justice sociale et surtout de bonne gouvernance, mais aussi d’interpeller en cas de nécessité, jusqu’au président de la République, tous ceux qui ont en charge la gestion des affaires de la cité.

La société civile a vu ses pouvoirs renforcés par l’émergence de la multitude d’associations à la faveur des événements qui ont conduit à l’occupation djihadiste des régions-nord de notre pays. On avait eu l’impression que les Maliens se sont mis débout comme un seul homme pour dire à la face du monde mais avant tout de ceux qui ont pris les armes contre leur propre peuple que l’intégrité territoriale du Mali n’est pas négociable encore moins la laïcité de l’Etat. Ainsi, IBK a été considéré par bon nombre d citoyens lors des joutes électorales comme l’expression vivante de cette volonté populaire au Mali.

Quelle mouche a donc piqué le Mali avec cette pléiade d’associations sorties des entrailles de ce qu’il convient d’appeler la société civile ? La question mérite d’être posée quand on sait que les mêmes causes ayant occasionné la naissance de ces associations de défense des intérêts nationaux, sont aujourd’hui à l’œuvre au vu et au su de tous, et pour cause : sur le plan de l’indivisibilité du territoire national l’on constate aujourd’hui avec amertume qu’à la faveur de l’accord d’Alger la partition de fait du Mali, faisant ainsi du septentrion malien un no man’s land de fait.

Au nom de la décentralisation poussée et sous le parapluie dudit accord d’Alger, le Mali venait d’assister à la première prestation de serment du premier gouverneur post-accord et cela sans que la prétendue société civile ne lève le petit doigt accusateur contre la partition de notre territoire.

Forum de Kidal

Que dire du forum de Kidal du 28 au 31 mars 2016 qui n’a enregistré la participation d’aucun officiel de l’Etat malien et qui s’est conclu par de simples remerciements des participants à l’adresse du gouvernement et des partis politiques du Mali. A moins de jouer à l’aveugle, sinon il apparait désormais clair que sous l’impulsion de la France coloniale notre territoire venait de franchir une étape importante vers sa partition. Cette vérité, il faut la dire, au grand dame de ceux qui ne veulent pas voir ou qui ont maille à partir avec leur conscience.

On peut se demander aujourd’hui avec juste raison à quel jeu se livre actuellement ‘’la société civile malienne’’. En tout cas, les dés sont plus que jamais pipés car il est de coutume que la belle dame ne peut en même temps vouloir bénéficier de son beurre et de l’argent du beurre.

Lorsque les associations sont financées à coup de millions par les forces occultes à mal de crédibilité et du sens élevé de l’unité nationale du Mali. Cette société civile, il faut le dire, a fini de vendre son âme au diable aux dépens de l’intégrité territoriale du pays et de la dignité nationale.

Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un regard critique sur les premiers responsables qui animent cette société civile et qui visiblement sont à leur propre service et pour des intérêts inavouables en tout cas tout sauf ceux du peuple travailleur du Mali. Nous n’aurons cesse de rappeler à la face de notre peuple et du monde entier Frantz Fanon et Modibo Keïta.

Le premier disait : « Chaque génération dans une relative opacité doit accomplir sa mission ou la trahir. »

Le second disait à la jeune malienne : « Lorsque les vrais propriétaires deviennent des spectateurs, c’est le festival des brigands. »

Notre peuple saura s’assumer pour jalousement garder l’intégrité territoriale du Mali. Notre jeunesse saura dire à la France que le Mali saura se libérer de ses chaînes coloniales car Joseph Staline disait agréablement qu’une nation qui n’en opprime une autre ne saurait être libre : si la France veut sa liberté, elle n’a pas d’autre choix que de laisser le Mali aux Maliens.

Fodé KEITA
(Inter de Bamako)

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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