| |

Violences faites aux femmes : Des maliennes lancent un cri de cœur

samedi 4 juin 2022

Les femmes du Mali, membres des organisations de la société civile, toutes tendances confondues, réunies dans un sursaut de désespoir, ont organisé le vendredi 3 juin 2022, une marche silencieuse pour manifester leur mécontentement et pour lancer un cri de de désarroi aux autorités de la transition, aux autorités traditionnelles, coutumières et à toute la société malienne, pour trouver une solution aux nombreux assassinats et maltraitances des femmes par leurs conjoints, proches ou par des malfrats.

Cette marche silencieuse a pris le départ du Monument de la Paix pour prendre fin au Ministère de la Justice sis dans l’enceinte de la Cité Administrative. En effet, selon la déclaration faite par ces femmes, il a été indiqué que, du mois d’avril à mai 2022 au moins quatre cas d’assassinats de femmes, de viols ou d’autres coups et blessures ont été enregistrés.

Face à ces crimes crapuleux et actes inimaginables, les femmes du Mali, condamnent avec l’énergie du désespoir toutes ces graves violations des droits de l’Homme singulièrement ceux des femmes, des jeunes filles et garçons. Elles déplorent le fait que certains suspects puissent s’échapper des mains de la justice, et souvent depuis la garde à vue, toutes choses qui entravent les enquêtes et en rajoutent à la douleur de familles endeuillées.

Les femmes du Mali, affirment haut et fort que pendant longtemps et même trop longtemps notre société a été sourde aux cris d’alarme, aveugle aux souffrances, muette face aux violences faites aux femmes et aux filles.

« Trop longtemps, notre société n’a pas écouté les femmes et filles victimes de violences. Trop longtemps, notre société n’a pas cru, laissant les victimes seules face à l’emprise, abandonnées face aux coups, claquemurées dans un huis clos avec leurs bourreaux et leur malheur, sous les yeux innocent et impuissants de leurs enfants », déclare les femmes du Mali.

Selon les femmes du Mali, les silences individuels qui conduisent aux silences collectifs, tuent les femmes et les enfants ; filles et garçon. Les violences faites aux femmes et aux filles restent un fléau, un fait de société cruel et inacceptable. C’est pourquoi, « nous nous sommes mobilisées pour implorer notre société, nos décideurs à tous les niveaux afin qu’ensemble nous puissions développer des stratégies et des outils pour y faire face ».

Pour ce faire, au près du Gouvernement du Mali, les maliennes sollicitent une meilleure protection des femmes et des filles par le renforcement des structures chargées de la prises en charge des violences faites aux femmes et aux filles, la diligence dans les enquêtes et la traduction des présumés auteurs devant les juridictions compétentes. Ensuite, elles sollicitent une législation qui incrimine les auteurs et complices des violences en général et singulièrement celles faites aux femmes et aux enfants.

Aux autorités traditionnelles et religieuses, elles sollicitent leur implication dans l’information et la sensibilisation sur toute l’étendue du territoire. A toute la société civile malienne, elles prient de valoriser notre culture de protection de la fille, de la mère, de la grand-mère, de la sœur et de la tante au sein de nos coutumes. Aux organisations de défense des droits Humains, elles sollicitent plus d’engagements en faveur de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. Des femmes, des organisations de la société civile et des médias la mobilisation et surtout la rupture de silence afin qu’aucune violence ne demeure inconnue et impunie. Enfin, elles rappellent que toute vie humaine est sacrée et mérite protection comme le stipule notre constitution.

Lors des échanges avec les ministres de la Justices, Garde des sceaux, de l’Education Nationale et de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, selon Bintou Founè Samaké, présidente de l’ONG WILDAF, il a été porté à leur connaissance la déclaration que les femmes du Mali ont élaboré. Après cette déclaration, le ministre de la Justice Garde des Sceaux les a rassurées. Elle dit que le gouvernement est de toute oreille avec qu’elles pour pouvoir dégager les mécanismes et les procédures pour que de telles exactions ne se produisent plus au Mali. Et les autres ministres à ses côtés ont tous adhéré à cette initiative.

Dans les jours à venir, d’après elle, les femmes du Mali vont d’avantage s’organiser pour faire en sorte que plus jamais on ne puisse pas enregistré d’actes d’atrocités au Mali. Au nom des femmes du Mali, elle se dit satisfaite des différentes réponses qui ont été données lors des échanges avec ces ministres, car la marche n’avait pas été autorisée mais malgré cela elles ont été reçues par le gouvernement du Mali.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Mots-clés : menunav