Version imprimable de cet article Version imprimable | |

VIOLATIONS DES DROITS DES MIGRANTS DANS L’ESPACE CEDEAO : L’AME monte au créneau et interpelle la CEDEAO

lundi 17 juin 2019

Dans le soucis de Contribuer à la promotion de la liberté de circulation au sein de l’espace CEDEAO par la vulgarisation des instruments juridiques de protection des migrants, l’Association Malienne des Expulsés (AME) a organisé le 15 juin 2019, au Centre Aoua Keita, une conférence-débat sur le thème : « Les violations des droits des migrants dans l’espace CEDEAO : les instruments juridiques sont-ils une garantie suffisante de protection ? ».

« Les Etats membres de la CEDEAO ont mis en place des instruments juridiques pour garantir aux citoyens ressortissants de cet espace, la libre circulation en faveur des personnes et aussi des biens. Cette liberté de circulation en Afrique de l’Ouest est consacrée par les textes fondateurs des deux grandes organisations d’intégration ouest-africaines à savoir la CEDEAO et l’UEMOA », a indiqué Ousmane Diarra, Président de l’AME.

Selon lui, la libre circulation des personnes consiste à permettre aux ressortissants des États membres d’une organisation d’intégration économique (CEDEAO – UEMOA) de se déplacer librement sur l’ensemble des territoires des États membres, d’y résider et de s’y établir en vue d’y exercer une activité économique salariale ou indépendante.

Cependant, il dira que malgré cette consécration par les plus hautes autorités nationale et communautaire, la libre circulation des personnes peine à être pleinement effective. Plus grave encore, Ousmane Diarra a estimé que le droit d’entrée, jusque-là considéré comme le plus effectif des droits composant la libre circulation des personnes, est constamment remis en cause par des pratiques illicites (tracasseries et rackets aux frontières et à l’intérieur des Etats).

Mais, plus grave, le Président de l’AME est aujourd’hui convaincu que sous le prétexte de la lutte contre l’insécurité, de nombreux pays de l’Afrique de l’ouest se sont spécialisés dans la violation du protocole additionnel de la CEDEAO sur la libre circulation des biens et des personnes. « Aujourd’hui, nombreux sont les candidats à l’immigration ressortissants de pays de la CEDEAO qui sont expulsés aux frontières d’autres pays membres de la CEDEAO », a-t-il déclaré. Avant de soupçonner que cette façon de faire les choses, s’inscrit dans des stratégies de lutte contre la migration dite clandestine qui ne disent pas leur nom. Mais, qui rendent la libre circulation un peu plus difficile à cause des pratiques illicites comme les tracasseries dans les frontières internes à l’espace CEDEAO.

Selon le Président de l’AME, en plus d’avoir des effets néfastes sur la libre circulation en Afrique de l’Ouest, cette situation est de nature à rendre les déplacements de plus en plus longs, plus coûteux et plus risqués car les migrants, faute de voies légales de la migration, sont contraints de contourner les routes officielles et empruntent des itinéraires où nombre d’entre eux perdent leurs vies.

Afin que les droits fondamentaux des personnes en migration soient respectés conformément aux engagements internationaux, africains et régionaux, l’AME a décidé d’organiser cette conférence débat pour recueillir le maximum d’informations, en vu de l’élaboration d’un document de plaidoyer à l’intention des autorités de la CEDEAO.

La conférence débat qui a regroupé des étudiants en master de migration de l’Université, des responsables des associations de défenses des droits des migrants et des migrants de retour, a été animée par El Béchir Sangaré de Amnesty International Mali et Lassana Coulibaly de la Commission de la CEDEAO.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.