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TRANSITION MALIENNE : Malgré un Président et un PM, l’ombre d’Assimi Goita plane

lundi 5 octobre 2020

Nonobstant la désignation du président et du Premier ministre de la Transition, l’ombre du vice président plane toujours sur les affaires. Une situation qui inquiète plus d’un.

On le voit parler rarement. Avec une démarche décidée. Le colonel Assimi Goita, depuis son retour d’Accra où il a participé au Sommet des chefs d’Etat de la Cédéao consacré sur le Mali, a apparemment bien appris les leçons. Parti pour expliquer le contenu de la Charte de la transition aux présidents ouest africains, le colonel à son tour été contraint par le président de la Cédéao d’honorer à certaines exigences, qui pourraient être synonymes de la levée des sanctions. La nomination d’un Président et d’un Premier ministre tous civils, la libération des personnalités détenues, la clarification du poste de vice président, la dissolution du CNSP. Quatre conditions faciles et en même temps difficiles à satisfaire dans un pays où la grande majorité de la population veut une transition dirigée par les militaires.

Dès son retour d’Accra, le 15 septembre 2020, le patron de la junte prend conseils ça et là. Après une analyse approfondie de la situation et se disant certainement qu’il est plus facile d’être du côté de la Cédéao que de la défier, la raison et le bon sens ont finalement eu le dessus.

C’est dans ce contexte difficile que le président du CNSP, qui n’avait plus le choix, a nommé successivement un président de la transition et un Premier ministre tous civils. Toutefois, il est resté vice président de la transition avec possibilité de remplacer le président de la transition en cas d’ « incapacité ».

Pendant ce temps, les dossiers les plus brulants sont examinés par ses soins ce malgré la présence d’un président et d’un Premier ministre. L’homme suit tout de très près comme le lait sur le feu. C’est ce qui explique parfois que certains l’accusent de s’ingérer dans les affaires relevant du Premier ministre et du président de la transition.

Pour de nombreux analystes, c’est difficile que des militaires qui sont dans le doute et l’incertitude se comportent de la sorte. Cela ne doit être un blanc seing pour s’inviter dans tout. « Si cela devrait continuer, il y aura confusion de rôle qui finira par une incompréhension des parties. Ce qui pourrait avoir une conséquence fâcheuse sur le bon déroulement de la transition », estime un observateur.

Pour d’autres, cette interférence de Assimi dans les affaires relevant de l’exécutif va considérablement diminuer vu qu’il n’a plus les prérogatives de vice président de la transition comme décrit dans l’ancienne version de la Charte de la transition. Dans la nouvelle version finale Publiée, il est mentionné que le vice président s’occupe des questions de défense et de sécurité.

Le moins que l’on puisse dire, est que malgré que le vice président de la transition n’ait plus les prérogatives d’un vrai vice président, il reste incontournable dans le choix des hommes de la transition et les actions entreprises.

Mohamed Keita
ARC EN CIEL

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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