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Right2Grow : Le Premier Comité national de pilotage stratégique galvanise les acteurs pour l’atteinte des objectifs

jeudi 23 décembre 2021

La première réunion du Comité national de pilotage stratégique du projet Right2Grow, a eu lieu le 22 décembre 2021, à l’hôtel Onomo. Organisée dans le souci de renforcer le dispositif de redevabilité du programme, ce fut l’occasion d’informer les acteurs sur le niveau de mise en œuvre du programme. La démarche a consisté à amener les acteurs à s’approprier du dispositif de gouvernance et à recueillir leurs recommandations et orientations pour une efficacité dans la mise en œuvre des activités.

Lancé officiellement le 12 août 2021, le Programme Right2Grow s’est fixé la lourde mission de faire en sorte que chaque enfant ait le droit d’atteindre son plein potentiel par une bonne nutrition. Et, après quelques mois d’activités, il était tout à fait normal de faire une petite pose « pour évaluer les activités du projet et de l’atteinte des objectifs », comme l’a indiqué Patrick DANIERE, Directeur national de World Vision, Co-leader du consortium, en saluant son partenaire Action Contre la Faim pour cette initiative.

Le Comité de Pilotage est un dispositif de gouvernance du programme

Il a rappelé que le Comité de Pilotage est un dispositif de gouvernance du programme, dont la mission consiste à l’évaluer régulièrement l’évolution. « Il s’agit d’en corriger les insuffisances tout en apportant un soutien et une orientation à l’équipe », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter qu’à ce jour les membres du consortium national de Right2Grow se réjouissent du niveau d’avancement du projet dans toutes ses composantes. « Le recrutement du personnel compétant, la mobilisation des fonds et du matériel ainsi que le niveau de réalisation des activités sur le terrain montrent une avancée notoire du projet malgré le retard au démarrage des activités », a-t-il précisé. Mais, qu’à cela ne tienne, il a tenu à rappeler qu’il reste une activité importante à finaliser avant la fin de la première année du projet. « Il s’agit de l’étude Baseline qui est en cours de réalisation », a-t-il déclaré. Selon lui, cela constitue une activité majeure du projet qui va permettre l’harmonisation du cadre logique. Il a rassuré les acteurs qu’un plan d’action a été élaboré conjointement entre ACF et World Vision en vue de finaliser cette activité avant le 31 décembre 2021.

Ensuite, selon lui, cette première réunion du comité de pilotage, qui a lieu 5 mois après le lancement officiel du projet, est un cadre d’échanges entre les parties prenantes afin d’identifier et de corriger certaines insuffisances.

« Le jour où les gens comprendront l’importance de l’eau et de la nutrition, il est claire qu’ils prendront toutes les dispositions pour la mobilisation des ressources pour y faire face », a indiqué Dr Djibril Bagayoko, Chef de la Cellule de coordination de la nutrition. Il a ensuite souhaité que les 24 communes qui bénéficient du programme Right2Grow, en plus des exemples au Mali, puissent contribuer à l’atteinte des objectifs qui visent de bouter la malnutrition hors du Mali. Il a aussi conseillé d’investir dans le genre pour l’atteinte accélérée des objectifs.

Pour sa part, Kambiré SANZAN, Directeur pays ACF au Mali, a rappelé que « le programme Right2Grow (Droit de grandir) est financé par le Ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas et s’étendra sur cinq ans (2021-2025) ». Il a précisé qu’Il est mis en œuvre par le consortium composé d’Action Contre la Faim (chef de file) et de World Vision, les partenaires nationaux que sont : OMAES, Stop-sahel, AMADECOM, GSB, CN-CIEPA, AJCAD-MALI. Il a ajouté que depuis son lancement officiel le 12 août 2021, les ONG et OSC de mise en œuvre ont conduit de multiples actions dans les 24 communes des trois régions à savoir Kayes, Koulikoro, Sikasso et le District de Bamako.

L’engagement communautaire soutenu par la société civile

« Le programme Right2Grow a à son cœur l’engagement communautaire soutenu par la société civile ». Il a pour but d’amener les décideurs et les bailleurs de fonds à adopter une démarche multisectorielle et collaborative pour réduire durablement l’insécurité alimentaire et nutritionnelle par un accès adéquat à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène à travers des lois et politiques efficaces », a-t-il déclaré.

Au regard des chiffres de la sous nutrition au Mali qui interpellent, il a indiqué qu’il est temps d’agir. Il a rappelé qu’au Mali, un enfant sur 4 souffre toujours de malnutrition chronique et 10% des enfants de moins de 5 ans sont atteints de la malnutrition aiguë. Selon lui, les coûts annuels liés à la malnutrition chronique sont estimés à 265, 5 milliards de FCFA, soit 4,06% du PIB total.

Il a aussi indiqué que le taux national d’accès à l’eau potable est de 69,6% dont 65, 8% pour le niveau rural et seulement 32% à des services d’assainissement. « Au moment où nous sommes réunis ici pour parler de nutrition et l’accès à l’eau, 21% de la population n’a pas accès à cette source de vie qu’est l’eau potable et plus de 68% n’ont pas accès à des services d’assainissement.

Toujours au titre des chiffre, il a indiqué que selon la dernière analyse budgétaire 2016-2018 entreprise par la Cellule de Coordination de la Nutrition, le taux de financement de la nutrition est en dessous de 1% du budget national, pendant que la part du financement du WASH continue d’être en dessous (3, 62% en 2020) des engagements pris dans le cadre de SWA (l’assainissement et l’eau potable pour tous) qui est de 5%.

Pour tout cela, il a estimé que « les chiffres font peur ». Avant de déclaré que « LA SOUS NUTRITION AFFECTE tous les secteurs de la vie d’une nation, de la population, d’une personne ».

Et, comme si les premiers chiffres ne suffisaient pas pour convaincre les plus sceptiques, il dira que la sous nutrition a réduit de 11, 6 % la population active du Mali. Et, pire 34,3% des mortalités infantiles sont associées à la sous-nutrition et 21, 1% du total des redoublements sont dû aux difficultés plus élevées chez les enfants atteints de retard de croissance.

Les chiffres alarmant du Cadre harmonisé 2021

« En investissant dans la sous-nutrition, le Mali pourrait économiser jusqu’à 1 milliard de dollars par an, soit 550 milliards de franc CFA », a-t-il indiqué. Avant d’ajouter que selon les données du Cadre harmonisé 2021, environs 1,2 M de personnes sont en crise alimentaire. « Le nombre de Maliens souffrant de la faim a presque triplé en un an », a-t-il déclaré.

Avant d’accuser : « Le triple impact de l’insécurité croissante, des sécheresses et du Covid-19 a plongé un nombre record de 1,2 million de personnes dans une crise alimentaire en 2021. En situation projetée, il s’agira de 1,9 millions de personnes qui seront en crise alimentaire ».

Il a rappelé que selon le Cadre Harmonisé, 1 244 906 personnes font face à une crise alimentaire et 3 585 989 personnes sont actuellement sous pression. Dans un tel contexte, il dira que 1 971 000 personnes seront confrontées à une crise alimentaire si rien n’est fait et 4 533 157 personnes seront sous pression entre juin et août 2022. « 767 773 enfants sont malnutris, dont 197 691 souffrent de malnutrition aiguë sévère, selon le cluster Nutrition », a-t-il indiqué.

Et, comme pour dire que la situation est préoccupante, il a précisé que la réponse de sécurité alimentaire de cette année n’a reçu que 25,4 % des fonds nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents (58,9/ 232,3 millions USD). Et, pour ce qui concerne le Mali, il a annoncé que la réponse humanitaire n’y a reçu que 38,1% des fonds nécessaires pour l’année (214,8/ 562,3 millions USD). « Cette situation alarmante qui se dessine nous appelle à l’action, à l’engagement, à l’innovation », a-t-il lancé.

Les participants à la première réunion du Comité national de pilotage stratégique du programme, ont eu droit à un bref rappel sur le Programme Right2Grow et à un état de mise en œuvre des activités. En suite les participants ont été édifiés sur le contenu du document de gouvernance…

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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