RECONCILIATION NATIONALE : Qui doit se réconcilier avec qui ?

mardi 7 juin 2016

Il n’est pas rare d’entendre dans notre société que les événements historiques ont ceci d’identitaire qu’ils ne se répètent point. Ainsi, au regard de l’évolution historique des sociétés, il semble que la première phase de l’histoire des hommes accouche de la tragédie, la seconde quant à elle, relève de la comédie. La réconciliation nationale dont on ne cesse de parler ces derniers moments constitue la deuxième grosse farce politicienne que notre pays s’apprête à vivre si jamais, ladite réconciliation devait voir le jour.

L’on rappelle avec amertume qu’après la boucherie que le régime Moussa a imposée au peuple malien en 1990-1991(sans compter les nombreux crimes dont on ne parle pas), un procès fallacieux a été organisé pour amuser la galerie.

Les démocrates réactionnaires, en soumettant Moussa à la comique question de savoir « qui a tiré et qui a donné l’ordre de tirer ? », ont décidé de trahir notre peuple travailleur dont bien de fils reposent au cimetière de Niaréla sans fermer les yeux comme dans d’autres domaines réservés aux morts en République du Mali.
Plus de 220 enfants du Mali ont donné leur vie pour l’avènement d’une ère nouvelle : celle de la paix, de la concorde nationale et surtout du mieux être de ce peuple. Moussa a été « condamné à mort » pour mieux vivre, comme en témoignent sa retraite dorée et son retour sur la scène politique nationale. Comme si nos enfants sont morts pour rien ! Ce retour est bien la récompense du soutien que les « démocrates » n’ont cessé de lui témoigner depuis son départ du pouvoir.

En guise d’anticipation d’une éventuelle comparution de Moussa Traoré devant le tribunal populaire du Mali, Amadou Toumani Touré (son propre produit) a fait sienne la célèbre tactique de lutte qui dit ceci : « mieux vaut prévenir que guérir. ». Le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré, qui doit tout à Moussa Traoré, s’est empressé d’opérer son coup d’Etat pour sauver son mentor.

Jusqu’à ce jour, notre peuple ignore les conclusions des enquêtes qu’ATT avait promises par rapport à la mort tragique par parachutage de Siaka Koné et compagnons d’infortune, ces soldats qui ont pris effet et cause pour la défense des intérêts du peuple malien. Est-ce la reconnaissance du rôle joué par ATT dans la démêlée de sauvetage de Moussa Traoré ? En tout cas, le Général assassin serait prêt à aller à l’accueil de son Poulin qui vit en exil au Sénégal et qui serait le bienvenu au Mali.

Une certaine classe politique malienne connue par les maliens pour sa félonie et son caractère apatride s’agite nuit et jour, secoue tous les cocotiers, devins et marabouts de la politique affairiste pour que le Général fuyard regagne le bercail. Pourquoi tant de mobilisation pour le retour d’ATT ? Certainement les calculs politiciens sont à l’œuvre.

Mais ces politiciens escrocs et spoliateurs de notre peuple doivent compter avec Dieu qui ne dort pas et les patriotes maliens qui sont prêts à donner leur vie pour sauver le Mali et laver l’affront dont notre peuple est victime depuis l’arrivée aux affaires de cette race de râpasses qui ne voient en la politique le moyen d’idoine de se construire des paradis terrestres par la sueur et le sang de nos masses travailleuses

Ces politiciens sans honneurs et sans dignité ne doivent pas oublier que les maliens les ont vu à l’œuvre : de la chute de Modibo Keita à nos jour, le Mali va de plus en plus mal. Notre peuple n’est pas prêt d’oublier la hargne et dédains affiché par Moussa Traoré contre les intellectuels et les salariés maliens.

Personne n’oublie la fallacieuse phraséologie d’Alpha Oumar Konaré à propos de sa vision de la démocratie et de la sécurité nationale « la démocratie n’a pas besoin des armes mais des matériels agricoles ». Pendant ce temps la métropole coloniale ne cesse de se doter des armes de destructions massives de plus en plus sophistiquées. Une question se pose à se niveau : Alpha connait il mieux la démocratie que ses consciences d’occidents capitalistes ? Si non était-ce un plan machiavélique de trahison de notre armée et de on peuple.

L’accord d’Alger du 04 juillet 2006 sur le nord a posé la pierre angulaire de la politique divisionniste d’Amadou Toumani Touré. Ce jour là ATT a posé les premières pierres d’un « no man’s land » dans le septentrion de notre pays. C’est lorsque ATT a décidé d’autorisé les rebelles venus de Lybie à renter au Mali avec armes et bagages au motif que si on les désarme il n’aura personne pour les défendre. Mais contre qui le Général de guerre n’en a dit mot ! C’est tout simplement là un acte de haute trahison qui ne peut rester impunie.

Les assoiffés de pouvoir ne peuvent digérer la perte du pouvoir occasionné par le coup d’Etat de Amadou Haya Sanogo à qui ils en veulent à mort. Celui-ci, il faut le dire, ne s’est fait aucune idée de la félonie de cette race de démocrates bouffons sinon, il aurait tenu a organisé les concertations nationales appelées de tous les vœux par le peuple malien. Ces concertations écarteraient définitivement de la gestion de nos affaires tous les délinquants financiers et politiques qui, hélas !, continuent à narguer ceux qui veulent toujours les croire.

Mais ils doivent se rassurer que les maliens les ont compris et que Abraham Lincoln avait raison de dire : « on peut tromper tout le peuple une partie du temps, une partie du peuple tout le temps, mais pas tout le peuple tout le temps. »
Aussi ceux qui ont intérêt a péché à nos troubles sont déjà connu et au moment venu ils seront rattrapé par l’histoire.

Quant à IBK, il doit se rassurer sans délai que les politiciens sans foi, ni loi qui s’agite pour le retour d’ATT se battent pour réoccuper le pouvoir perdu. Ne pas faire la lecture rationnelle de cette nouvelle donne, c’est courir le risque majeur de devenir son propre fossoyeur.

La seule certitude c’est que ces pêcheurs en eau trouble sont bien identifiés par ceux se battent pour le peuple travailleur du Mali et qu’ont tant venu ils répondront de leurs actes. Dès lors que le risque est grand pour IBK d’être par ses amis de circonstances, pourquoi ne pas recourir aux hommes et aux femmes pour demander des comptes à tous les déprédateurs de notre tissu socio-économique et politique ?

Fodé KEITA
L’INTER DE BAMAKO

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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