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RECHERCHE DE SOLUTION DE SORTIE DE CRISE POLITIQUE : Les pourparlers débutent cette semaine entre IBK et le M5

lundi 22 juin 2020

Après le rassemblement du 19 juin 2020 et la tentative de remise de la lettre de démission au Président de la République, les responsables du M5 doivent en principe rencontrer le chef de l’Etat pour des pourparlers.

Le lundi 15 juin 2020, sous l’égide de l’ancien président de la République, le général Moussa Traoré, une rencontre a eu lieu à son domicile entre le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita et Mahmoud Dicko, leader du mouvement. L’objectif de la rencontre était de rapprocher les parties afin qu’ils se retrouvent autour de la table de discussion.

Pour ce faire, les parties avaient convenus de se rencontrer le mardi 16 juin sauf que l’imam Dicko et les siens n’ont pas répondu à l’appel, estimant attendre après la manifestation du 19 juin.

De sources bien informées, le dialogue tant attendu entre IBK et les contestataires pourrait débuter cette semaine. La Mission de la Cédéao et d’autres bons offices ont usé de tous les pouvoirs pour que la rencontre puisse se tenir dans un esprit de compréhension et de respect mutuel.

Pour ce premier face à face officiel, il ne s’agit pas pour les parties d’entamer directement les discussions de fonds, mais seulement de « prise de contact » avec le chef de l’Etat.

A cette occasion, plusieurs scenarios sont envisagés : le M5 pourrait se camper sur sa position et réitérer sa demande de démission du président. Si cette démarche était maintenue, le fossé risquerait de s’élargir entre les deux camps et ouvrira le boulevard d’un « lendemain inconnu ».

Deuxième éventualité, si les leaders du M5 abandonnaient l’exigence de la démission du président de la République comme le stipule la Cédeao, le cadre de concertation société civile, religieux et les partis de la majorité présidentielle et décidaient d’aller à une réforme profonde de la gouvernance, cela ouvrirait la porte aux négociations.

Les parties pourraient passer aux discussions de fonds sur les revendications. Le chef de l’Etat qui a déjà tendu la main aux manifestants, entamera les discussions. Et, tout porte à croire qu’il sera en position de faiblesse.

Par exemple, le M5 va étaler ses revendications : La démission des membres de la Cour Constitutionnelle, la dissolution de l’Assemblée nationale, les reformes sectorielles... A l’occasion, M. Dicko n’hésitera à exiger le poste de Premier ministre. Ce Premier ministre peut ne pas être l’actuel Premier ministre, il peut venir de la société civile où le président n’aura à intervenir dans son choix.

Sur les deux premiers points cités plus haut à savoir la démission de la Cour et la dissolution de l’Assemblée nationale, un pas a déjà été fait. Nous avons appris la démission de quatre Gardiens de la Constitutionnelle, vendredi 20 juin. Nul n’ignore que ces démissions pourraient aider à la décrispation de la situation. Mieux, la Mission de la Cedeao, dans sa recommandation a préconisé l’organisation de réformes institutionnelles et constitutionnelles tenant de la révision de la cour constitutionnelle, le code électoral. Cette démission, si elle est effective pourrait nuire au fonctionnement de la Cour. Se référant à l’article 24 alinea 2 : « La Cour constitutionnelle ne peut valablement délibérer que si cinq au moins de ses membres sont présents ». Aujourd’hui, Ce sont effectivement 5 membres qui sont absents : 4 démissions et un cas de décès.

S’agissant de la dissolution de l’Assemblée, des propositions ont été également faites et par la Mission de la Cédéao et par le Club des députés. Les deux Institutions ont recommandé L’organisation d’élections législatives partielles dans les circonscriptions électorales dont les résultats ont été falsifiés par la cour constitutionnelle.

En sommes deux des trois revendications du M5 sont en passe d’être satisfaites sans même que les discussions de fonds ne débutent. Et nous disons que si la volonté y est des deux côtés, il n’y a pas de raison pour que les parties se comprennent. Les pistes sont déjà balisées.

Mohamed Keita
ARC EN CIEL

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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