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Protection des droits des migrants : Des organisations de la société civile de l’Afrique de l’ouest vers un plan triennal opérationnel

mardi 27 novembre 2018

Dans l’objectif de se doter d’un plan triennal opérationnel, le Réseau Ouest africain pour les droits des migrants, demandeurs d’asile et les réfugiés (ROAP/PRODMAC), est en conclave à Bamako, du 25 au 26 novembre 2018.

« En plus de permettre au ROAP/PRODMAC d’avoir un plan triennal opérationnel, l’atelier de Bamako doit contribuer à l’augmentation du niveau d’engagement de ses membres en faveur de la liberté de circulation et du respect des droits des personnes en mouvement en Afrique de l’Ouest », a indiqué Ousmane Diarra, Président de l’Association malienne des expulsés (AME). Selon lui, pendant deux jours les participants venus du Mali, du Bénin, du Burkina Faso, de la Mauritanie, du Togo, de la Guinée Conakry, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal, et tous responsables d’organisations de la société civile membres de ROAP/PRODMAC, doivent parvenir à promouvoir la coordination et la mise en cohérence de leurs interventions centrées sur les droits des personnes en mouvements. « Depuis la mise en place de notre Réseau, il faut dire que nous avons un besoin d’impulser une synergie des acteurs de la société civile engagés dans la défense et le respect des droits des migrants et des personnes en mouvement sur tout le continent africain en général et en Afrique occidentale en particulier », a-t-il ajouté.

Ousmane Diarra a rappelé que plusieurs pays d’Afrique font face à une instabilité chronique due aux conflits armés, les guerres civils, les crises alimentaires, le chômage des jeunes en âge travailler. « Face à une telle instabilité, les populations laborieuses n’ont pas le choix que de partir », a-t-il indiqué. Avant d’ajouter que souvent, certains font le choix d’un déplacement à l’intérieur de leur pays, ou a destination d’autres pays africains ; même, s’il y a une proportion non négligeable qui décide d’aller voir au-delà du continent. « Au lieu de bénéficier d’une certaine solidarité, ces personnes sont le plus souvent victimes de politiques discriminatoires et répressives », a-t-il regretté. Avant d’ajouter que c’est dans un tel contexte qu’est né le Réseau Ouest africain pour les droits des migrants, demandeurs d’asile et les réfugiés (ROAP/PRODMAC). Selon lui, ce Réseau est une initiative endogène des organisations de la société civile œuvrant dans la protection des personnes en migration, des demandeurs d’asile et des réfugiés.

Pour sa part Sabine Eckart, coordinatrice de projet à Medico International, organisation d’aide humanitaire et de défense des droits humains, basée en Allemagne, a rappelé que c’est à la faveur de la grande crise de Ceuta et Melilla en 2005 que sa structure a commencé à s’intéresser à la question migratoire. Selon elle, la migration est un droit et devait être un choix pour chacun. Après rappelé le partenariat qui lie Medico International à l’AMDH en Mauritanie depuis 2006 et l’AME au Mali et la Raddho au Sénégal en 2007, Sabine Eckart a souhaité que l’atelier de Bamako soit le lieu de réponses créatrices et innovatrices afin qu’il ait des mécanismes au niveau de la région ouest africaine.

Daouda Sarr de l’AMDH Mauritanie, est ensuite intervenu pour une présentation du ROAP/PRODMAC, notamment en ce qui concerne ses objectifs.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.