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Postes de Gouverneurs et de Préfets : Le Syndicat des administrateurs civils dénonce la nomination de militaires

samedi 5 janvier 2019

« Nous dénonçons et dénoncerons avec force et combattrons avec tous les moyens de droit toutes tentatives d’incursions abusives dans nos fonction statutaire au mépris des textes, de l’équité et des principes de bonne gestion des ressources humaines dans un Etat démocratique et républicain ». C’est par ces propos qu’Ousmane Christian Diarra, secrétaire général du Syndicat Autonome des administrateurs Civil (SYNAC) par intérim, a posé à nouveau la problématique de la nomination des militaires aux postes de Gouverneurs de région et de Préfets, au détriment des administrateurs civils. C’était le 6 janvier 2018, lors de l’ouverture du 5ème Congrès ordinaire du SYNAC au Gouvernorat de Bamako.

« Nous considérons, au-delà de l’illégalité qu’on ne saurait cautionner, comme un manque de considération et de confiance à l’endroit des administrateurs civils, l’attribution de seulement 2 postes de Gouverneur sur 11 opérationnels aux détriments de ceux-là mêmes qui ont vocation à les occuper après avoir consacré, généralement, plus de 30 ans au seul service de la représentation de l’Etat », a indiqué Ousmane Christian Diarra, dans une approbation générale de la salle qui l’a salué par des applaudissements nourris.

Il a estimé que le Corps préfectoral, essentiellement composé d’Administrateurs civils, a vocation, en sa qualité de représentant du pouvoir exécutif, à administrer un pays sécurisé par ceux qui ont vocation statutaire, c’est-à-dire les éléments des forces de défense et de sécurité. Et, après avoir rappelé qu’ils et demeurent respectueux du pouvoir discrétionnaire reconnu à l’Exécutif de nommer, dans certaines conditions, les hauts cadres à certains emplois, il a clairement indiqué : « Nous dénonçons et dénoncerons avec force et combattrons avec tous les moyens de droit toutes tentatives d’incursions abusives dans nos fonction statutaire au mépris des textes, de l’équité et des principes de bonne gestion des ressources humaines dans un Etat démocratique et républicain ».

Pour être plus clair, Ousmane Christian Diarra a déclaré que le SYNAC ne saurait assister passivement à l’occupation des emplois destinés légalement à ses militants par des corps dépourvus de toute expertise pour administrer le territoire, surtout en ces moments de promotion de la décentralisation qui est loin d’être une approche d’amateurs. Et, pour mettre un accent sur la dangerosité d’une telle approche, le secrétaire général du SYNAC a estimé que c’est l’une des raisons du manque d’attrait de la représentation de l’Etat pour les administrateurs civils qui ne bénéficient que rarement de cette opportunité de se hisser aux plus hauts postes de responsabilité administrative dans la plupart des structures de l’Etat, quel que soient l’expertise qu’ils y démontrent et le temps qu’ils y passent.

« Les prétendus préoccupations sécuritaires qui justifiaient jusqu’à la crise du Nord les nominations de militaires dans les fonctions de représentants de l’Etat n’ont plus la moindre pertinence du fait qu’au moment de l’invasion de ces régions par les forces négatives, les trois Gouverneurs, bon nombre de Préfets et de Sous-préfets étaient des militaires, sans que cet état de fait ait contribué tant soit peu à alerter ou prévenir l’éclatement de la rébellion, arrêter ou ralentir l’invasion par les assaillants », a-t-il déclaré en guise d’argument. Avant d’attirer l’attention de l’Etat sur le fait que la nouvelle gouvernance du Mali doit être axée sur le professionnalisme et les exceptions en la matière doivent être limitées et préalablement prévues.

Qu’à cela ne tienne, il a noté avec beaucoup de satisfaction les nominations de nombreuses femmes dans la représentation de l’Etat. Il a invité l’Administration territoriale à consolider cet élan de promotion du genre.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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