NOUVEAU GOUVERNEMENT : Amadou Koita, Tiémoko Sangaré, Mme Keita Aida Mbo, Mme Nina Walet Intellou, pourquoi et comment ?

mardi 12 juillet 2016

Le Mali, depuis le jeudi dernier, a un nouveau gouvernement. Il est composé de 34 ministres dont 8 femmes. Mais l’entrée de certains sont guidés par des calculs politiciens pour tailler une tenue de futur président à Karim Keïta, fils du président IBK.

- Amadou Koïta pour aider Karim Keïta à prendre le contrôle de l’UM-RDA
- Tiémoko Sangaré pour reconstituer la grande famille ADEMA
- Mme Keïta Aïda M’Bo pour sécher les larmes de Nacouma Keïta
- Nina Walet Intallou pour casser la CMA

Amadou Koïta, ministre de la Jeunesse et de la Reconstruction citoyenne

Ancien membre de l’Union nationale des jeunes du Mali (UNJM) du comité du lycée de Markala, le nouveau ministre a regagné l’AEEM après que le peuple souverain du Mali eut renversé leur mentor le général Moussa Traoré le 26 mars 1991. Sa nomination n’est pas le fruit d’un hasard. Elle est l’aboutissement d’un long processus entre l’épouse du chef de l’Etat, Mme Aminata Maïga, son fils Karim Keïta qui entretient des ambitions politiques pour succéder à son père de président à la tête du Mali, Amadou Koïta et Racine Thiam, directeur de la communication de la présidence de la République.

Elu député en commune II du district de Bamako sur une liste indépendante, Karim Keïta, malgré son influence, n’est pas parvenu à intégrer les rangs du Rassemblement Pour le Mali (RPM), le parti que dirige son père IBK, président de la République. Les caciques de ce parti ne veulent pas le sentir à leur côté et le considèrent comme un militant de la 25ème heure.

Sachant qu’il n’a pas la carrure d’un ATT qui s’est présenté en candidat indépendant et remporté la présidentielle de 2002, il est important de lui chercher une base politique, c’est-à-dire un parti politique. Et le choix est vite fait. Il faut chasser le président de l’UM-RDA pour que Karim Keïta accède à la tête de ce parti. Comment y parvenir ? Il faut tendre la perche à Amadou Koïta en le débauchant des rangs de l’opposition pour un poste juteux.

Nommé coordinateur de la Cellule d’appui à la décentralisation et déconcentration (CAD) au ministère de l’Economie et des Finances, la mission suivante lui a été confiée : regrouper tous les jeunes candidats malheureux à la présidentielle de 2013 autour de Karim Keïta afin, avec la complicité de Mme Diarra Raky Talla, ministre de la Fonction publique, chargé des Relations avec les institutions, de chasser Moussa Bocar Diarra de la présidence de l’UM-RDA. Le maintien de cette dernière dans le gouvernement dépend de la réussite de cette manœuvre politicienne.

Comme convenu, Amadou Koïta est parvenu à convaincre les jeunes candidats malheureux à faire désormais bloc derrière Karim Keïta. Du côté de Moussa Mara, on n’entendait pas de cette oreille. Mais la menace de poursuites judiciaires dans l’affaire de Kidal a obligé Mara a regagné le groupe qui se réunit à Koulouba dans le bureau de Racine Thiam.

Tiémoko Sangaré, ministre des Mines

Ancien ministre du général ATT, l’homme s’est toujours montré comme un incapable à diriger un département. Il s’est battu contre vents et marrées pour obtenir ce poste. Et il a sacrifié Dramane Dembélé, un militant de son parti, l’ADEMA, pour occuper ce poste stratégique dans le gouvernement des Keïta.

Il est appelé au gouvernement pour la reconstitution de la grande famille ADEMA, vœu cher à IBK depuis qu’il a accédé à la tête du pays en 2013. IBK veut que tous les partis nés des entrailles de l’ADEMA originel regagnent la famille. Il s’agit du MIRIA, du RPM, de l’URD, de l’UDM- Jama Djigui, la CODEM.

Cette fusion de ces partis dans l’ADEMA mettra fin aux ambitions de Bocari Tréta qui souhaite succéder à IBK à la tête du RPM.

Mme Keïta Aïda M’Bo, ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable

En froid avec le président IK et sa famille, Nancoma Keïta, ancien ministre, membre du bureau politique du RPM (parti au pouvoir), était à la touche. Sa nomination comme président directeur général de la SOMAPEP a été annulée par IBK. Mais avec la nomination de sa femme comme ministre, on lui essuie les larmes.

Nina Walett Intallou, ministre de l’Artisanat et du Tourisme

Elle fait son entrée au gouvernement au nom de l’accord d’Alger signé entre le gouvernement et la CMA pour, dit-on, réconcilier les Maliens sur la partition de leur pays.

Née en 1963 à Kidal, Nina est licenciée en droit public, militante politique dès 1984, elle crée une entreprise à Abidjan (Côte d’Ivoire) en 1989 qui obtient le monopole de nettoyage des cabines téléphoniques. Avant sa nomination, elle était vice-présidente de la Commission Vérité Justice Réconciliation (CVJR).

A peine membre du gouvernement, sa nomination est contestée par la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) dont elle est issue. La CMA déclare que la formation du nouveau gouvernement est un non- événement. Selon, Almou Ag Mohamed, porte-parole de la CMA, Nina Wallet intallou ne représente pas la CMA. Il ajoute que ce nouveau gouvernement est « comme le gouvernement sortant, parce qu’à aucun moment la CMA n’a été concertée officiellement pour son entrée au gouvernement. »

Ainsi, par ce ping-pong entre le nouveau ministre et son organisation terroriste, on peut dire que le président IBK et son Premier ministre ont atteint leur mission de créer la zizanie dans les rangs de la CMA.

Cette femme est l’incarnation du Satan et de la haine. Nous nous propos la lette qu’elle a adressée au « Monde Libre » en juillet 2012. Lettre dans laquelle, Nina Walett Intallou tire à boulets rouges sur le peuple malien.

Nommée une arrogante et raciste à cette fonction aussi noble, relève de la cécité et du mépris pour les Maliens qu’on force à accepter l’inacceptable : la réconciliation sur du mensonge et de la supériorité d’une ethnie sur les autres. Bonne lecture et à la fin, vous serez édifiés sur la nature de ce personnage qui ne roule que pour ses intérêts haïssables.

« Le "bons sens" aurait voulu que le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), qui est le seul mouvement à affronter les islamistes dans l’Azawad, soit soutenu et aidé par l’ensemble des Etats qui luttent contre le terrorisme. Au lieu de cela, à notre grande surprise, les résolutions de l’ONU ne font aucune injonction aux divers groupes terroristes qui occupent notre territoire.
Mieux encore, malgré l’historique macabre des années de massacres des populations touarègues par le Mali, les Nations unies exhortent le MNLA à renoncer à l’indépendance de l’Azawad et occultent le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, alors-même que nous réunissons toutes les conditions requises à son application. La sombre histoire que nous fait vivre le Mali depuis 1963 n’a donc aucune importance ?

Les 100.000 victimes de ce qu’il convient d’appeler « épuration ethnique » n’a donc aucun poids ? Nous sommes indignés de toute cette indifférence face à notre drame mais nous continuerons à lutter, quoi qu’il nous en coûte pour notre dignité et notre liberté.

Le MNLA ne pliera pas et poursuivra sa lutte légitime pour la liberté de l’Azawad. Nous interpellons les nations libres et démocratiques et nous les appelons à venir en aide au peuple de l’Azawad dont le seul représentant légitime est le MNLA. Il est tout à fait inadmissible que Ansar Dine et le Mujao, soient considérés comme des partenaires fréquentables alors que le MNLA, seul mouvement légitime du peuple de l’Azawad est ignoré. »

YORO SOW
L’INTER DE BAMAKO

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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