Mali-niaiserie/ Gouvernance IBK : Le Mali au bord de la crise de nerf

mardi 2 août 2016

« A quelques-uns l’arrogance tient lieu de grandeur ; l’inhumanité de fermeté ; et la fourberie, d’esprit. » Jean de La Bruyère. La crise malienne ressemble à un tunnel sans bout et pour cause, ses galeries sont creusées par le Gouvernement lui-même. Suivez mon regard !

En effet, à presque trois ans de gestion scandaleuse du pays par le régime, l’état d’esprit des Maliens se résume en trois mots : la lassitude, l’indignation et la révolte.

Le régime qui dirige le pays depuis le coup d’Etat a maintenu le Mali dans l’immobilisme, en le livrant aux aventuriers et aux mafieux de tous acabits. Face à cette situation, les Maliens ont fait le deuil de leur espérance pour une quelconque amélioration de la gouvernance du pays.

Au même moment, il est demandé à un Président de la république qui, depuis son élection n’a de souci que de satisfaire son seul confort et qui n’a que rarement effectué trois semaines d’affilés sur le sol national, de diriger un pays de 16 millions d’habitants confrontés à toutes les privations imaginables.

Le peuple qui s’attendait au changement après la catastrophe du coup d’Etat et la gestion chaotique de la transition, n’a jusque-là eu droit qu’à un simple ravalement de façade en lieu et place. En vérité le seul changement opéré n’a été que de cultiver la distance, le mépris et l’arrogance entre le pouvoir et les citoyens.
Tous les principes et valeurs de la république sont en passe d’être sérieusement compris, menacés. La république c’est la fidélité à ses serviteurs, la loyauté à ceux qui la font vivre. Mais devant la frénésie d’accaparement et de compromission de toutes sortes, des femmes et des hommes qui nous ont permis de croire puis de défendre l’unité nationale sont aujourd’hui gravement menacés dans leur statut.
Ceux qui comme le Général Gamou et ses hommes ont sauvé le Mali d’une partition certaine en discréditant par leur engagement aux côtés de l’armée malienne, la thèse du conflit ethnique dans les régions Nord du Mali alors brandit par des renégats sont de plus en plus exclus des faveurs de la république au profit de ceux qui ont brulé, puis marché sur le drapeau national et qui ont tout pour salir notre nation aux yeux de monde dit « civilisé ».

Il est pourtant de la responsabilité de tous, du Gouvernement au premier chef de faire en sorte que ceux qui défendent la république ne doivent pas se sentie exclus. Il en est ainsi dans un Etat juste, impartial et protecteur.

Il s’y ajoute que Quand les Maliens ont de véritable problèmes de survie, on va déterrer des femmes et des hommes pour leur rendre encore plus difficile une existence déjà problématique. La surchauffe sociale en cours vise-telle à occulter les vrais problèmes du pays ?

Le Pouvoir IBK qui n’a jamais donné un seul exemple de droiture dans l’application des lois de la république peut avoir une quelconque autorité démocratique et même sociale à contraindre les citoyens ? En se défoulant sur les gens qui semble-t-il occupent les domaines publics fait du saupoudrage, produit d’humeur du prince du jour, qu’autre chose. Deux jours de sommet France-Afrique valent-ils mieux que la préservation des labeurs d’une vie ?

Chacun sait que la nouvelle carte postale du pays, issue des élections présidentielles de 2013 a été très vite ternie pars les scandales, la corruption, la prévarication et la gabegie. Alors, faute de pouvoir proposer d’autres horizons aux citoyens, faute de réponses à la demande sociale, le pouvoir IBK manipule l’opinion vers des petites conquêtes périphéries et par des actions menées avec cynisme et cruauté.

De Souleymanebougou aux artères de Bamako les démolitions des habitats et biens privés sont devenues les seules réponses sociales du pouvoir. Là où il faut de l’humanité dans l’efficacité et la fermeté dans l’humanité, l’arrogance inutile du pouvoir produit la violence.

Aujourd’hui, il n’y a rien d’étonnant qu’un vent de colère contenue monte en silence dans le pays.

Cette violence souterraine, de ressentiments et de méfiance envers l’ensemble du système politique qui est lui-même dangereusement mise en cause par la gestion en cours. Plus personne ne doute du caractère nuisible, dangereuse de cette violence latente avec tout ce que cela contient d’effets collatéraux et de déviances : délinquance, haine de l’autre, impulsivité, anarchie, etc. Que faire ?

Il faut aux forces organisées de travailler à la convocation des assises nationales par les forces rassemblées.

Il reviendrait en effet à tous les partis politiques, toutes les associations de la société civile opposés à cette mascarade d’un pays maintenu dans l’immobilisme, d’organiser avec ou sans le pouvoir en place ces assises en imposer l’application des conclusions qui seules peuvent conjurer le sinistre dessein vers lequel certains veulent conduire le pays dans une stratégie de la terre brulée.

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Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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