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Mali : le programme ‘’Right2Grow’’ à l’assaut de la malnutrition dans 24 communes

dimanche 15 août 2021

« Arriver à bien nourrir tous les enfants de moins de 5 ans dans ses zones d’intervention », est l’objectif de « Right2 Grow », un nouveau programme dont le lancement a eu lieu le 12 août 2021, au Grand hôtel de Bamako, sous la présidence de Mme Diéminatou Sangaré, ministre de la Santé et du Développement social.

Financé à environ 3 milliards 115 millions 795 mille FCFA, par le Ministère néerlandais des Affaires étrangères aux Pays-Bas, le programme « Right2Grow » qui voudrait que « chaque enfant ait le droit d’atteindre son plein potentiel », est une initiative du consortium constitué par Action contre la faim et World vision international, dans une collaboration stratégique avec CEGAA et des ONG nationales que sont : AJCAD-Mali, OMAES, GSB, STOP-SAHEL, AMDECOM, CN-CIEPA.

« La lutte contre la malnutrition est une lutte de longue haleine qui demande l’implication de tous. En effet, de nombreux efforts ont été fournis tant de la part des autorités nationales que de la part des organisations de la Société Civile et des Partenaires Techniques et Financiers pour l’amélioration de la nutrition et de l’accès à l’eau, hygiène et assainissement », a indiqué Sanzan Kambiré, Directeur pays de Action Contre la Faim. Avant d’ajouter que « toutefois, force est de reconnaître que la part des besoins à satisfaire reste encore grande ». Sur la base des statistiques, il a rappelé qu’ « au Mali, un enfant sur 4 souffre toujours de malnutrition chronique et 10% des enfants de moins de 5 ans sont atteints de la malnutrition aiguë ». Selon lui, les coûts annuels liés à la malnutrition chronique sont estimés à 265,5 milliards de FCFA, soit 4,06% du PIB total.

Au Mali, 21% de la population n’a pas accès à l’eau potable et plus de 68% n’ont pas accès à des services d’assainissement

Pour ce qui concerne le taux national d’accès à l’eau potable, il dira qu’il est de 69,6% dont 65,8% pour le niveau rural, avec seulement 32% de services d’assainissement. « Au moment où nous sommes réunis ici pour parler de nutrition et l’accès à l’eau, 21% de la population n’a pas accès à cette source de vie qu’est l’eau potable et plus de 68% n’ont pas accès à des services d’assainissement », a-t-il précisé. Avant d’ajouter que, selon la dernière analyse budgétaire 2016-2018 entreprise par la Cellule de Coordination de la Nutrition, le taux de financement de la nutrition est en dessous de 1% du budget national pendant que la part du financement du WASH continue d’être en dessous (3,62% en 2020) des engagements pris dans le cadre de SWA (l’assainissement et l’eau pour tous), qui est de 5%. « Ces quelques chiffres nous appellent…, à plus d’engagement et d’actions », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que « la nutrition est certes un problème de santé mais aussi un problème pour le développement ».

Face à cela, il dira que le programme Right2Grow a pour but d’amener les décideurs et les bailleurs de fonds à adopter une démarche multisectorielle et collaborative pour réduire durablement l’insécurité alimentaire et nutritionnelle par un accès adéquat à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène à travers des lois et politiques efficaces. « Le programme sera mis en œuvre par trois ONG (OMAES, Stop-sahel, AMADECOM) et trois OSC (GSB, CN-CIEPA, AJCAD-MALI) et interviendra dans 24 communes des régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et le District de Bamako », a-t-il indiqué. Il a estimé que « grâce à cet accompagnement et celui des services techniques de l’Etat, le Consortium Right2Grow sans nul doute contribuera au renforcement du dispositif de gouvernance des politiques/programmes des secteurs de l’eau et de la nutrition tant au niveau communal que national ».

En sa qualité de co-leader du consortium, World Vision Mali a été représenté par Patrick Danière, son directeur national. Il a rappelé les immenses efforts déployés dans la lutte contre la malnutrition et l’amélioration de l’accès a l’eau potable et a un environnement assaini. Mais, il a estimé qu’il existe encore d’importants défis. « L’analyse situationnelle a révélé quatre faiblesses majeures qui restent à combler si l’on veut résoudre le problème de malnutrition des enfants de moins de cinq ans », a-t-il indiqué. Ce sont : l’insuffisance des actions par lesquelles les communautés formulent des demandes d’amélioration des services sociaux de base ; la faible capacité des organisations de la société civile à plaider efficacement en faveur d’une bonne gouvernance pour prévenir la malnutrition ; l’insuffisance d’une approche intégrée et multisectorielle de la malnutrition dans les politiques, les plans d’action et les allocations budgétaires par les collectivités décentralisées ; l’absence d’une approche coordonnée entre les acteurs de l’humanitaire et ceux du développement, afin de pouvoir s’attaquer de manière efficace aux causes profondes de la malnutrition.

Et, face à de telles faiblesses, il a estimé que seule une synergie d’actions des différents intervenants, semble la solution appropriée pour inverser les résultats de l’analyse situationnelle. « World Vision, Action Contre la Faim et leur partenaire financier le Ministère des affaires étrangères des Pays Bas ont décidé d’unir leurs efforts pour changer ces défis en opportunités à travers la mise en œuvre du programme R2G, en vue d’améliorer la prise en charge de la malnutrition aigüe et de l’accès à l’eau potable et a un environnement assaini », a-t-il déclaré.

Environ 3 milliards 115 millions 795 mille FCFA, pour bouter la malnutrion hors de 24 communes

Rappelons que le Programme Right2Grow est financé à 4 750 000 Euros, soit environ 3 milliards 115 millions 795 mille FCFA, le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas. A ce titre, Marchel Gerrmann, Ambassadeur des Pays-Bas au Mali, a rappelé que cette initiative de son pays est mise en œuvre dans 5 autres pays que sont le Bangladesh, le Burkina Faso, l’Ethiopie, le Soudan du Sud et l’Ouganda sur une période de 5 ans (2021 à 2025).

Il a précisé qu’au Mali, Right2Grow s’aligne sur les politiques du Mali et des Pays-Bas, et contribuera à l’atteinte des objectifs. « Nous sommes convaincus que les communautés locales peuvent atteindre zéro sous-nutrition et zéro personne sans accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement (EHA/WASH) de base », a-t-il déclaré. Avant de saluer l’esprit de synergie qui anime les membres du Consortium Right2Grow.

« Je voudrais profiter de cette occasion pour remercier l’ensemble des partenaires techniques et financiers intervenant dans l’approche multisectorielle de la nutrition, particulièrement la coopération néerlandaise pour avoir accepté de financer au Mali, le programme ‘’ Right to Grow ‘’ (R2G) ou ‘’ Droit de Grandir ‘’ en français », a déclaré Mme Diéminatou Sangaré, ministre de la Santé et du Développement social.

Selon Madame le ministre, « l’élimination de la pauvreté, de la faim, la réduction des inégalités et le droit de chaque individu a une nutrition adéquate dans les zones du programme contribueront à une vie prospère et épanouissante et à un progrès économique en harmonie avec la nature ». Elle a indiqué que le Mali continuera à afficher sa volonté politique à travers la promotion de la bonne gouvernance, des investissements en biens publiques, le développement d’outils de plaidoyer, plus de recherche et de développement de capacités, de partenariats afin d’accélérer le pas vers l’atteinte des 12 ODD cibles de la nutrition d’ici 2030.

En plus de cette série de discours, la cérémonie de lancement du Programme Right2Grow, a enregistré le témoignage de Bernard Coulibaly, Conseiller administratif et financier du Gouverneur de Koulikoro, mais un grand champion de la lutte contre la malnutrition. Son témoignage qui a porté sur ses actions dans le cercle de Yorosso et dans le cercle Kayes, prouve à suffisance qu’il est bien possible de lutter contre la malnutrition au Mali.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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