Mali-Niaiserie/ Les élections gabonaises et la défense de la démocratie au Mali

mercredi 28 septembre 2016

Nous autres Maliens avons la fâcheuse habitude de raisonner la situation de tous les pays à l’aune de notre culture politique médiocre. La personnalisation excessive de toutes les idées sociales et politiques et partant, celle de toutes les solutions est un des traits distinctifs de notre culture politique. Un tel comportement se fait surement au détriment de la défense des valeurs et des principes qui sont les fondements de toute réussite en démocratie.

Des Maliens lisent allègrement les élections gabonaises à travers le prisme de leur ressentiment contre les agissements supposés ou avérés de la France au nord du Mali, une puissance qui serait également à la base des malheurs de la famille Bongo au Gabon.

Qui peut croire aux balivernes que la famille Bongo qui accapare le pouvoir depuis un demi-siècle au Gabon soit devenue un adversaire résolu contre une domination française en Afrique. Il ne s’agit aucunement au Gabon d’une résistance contre la France sans laquelle la classe politique toute tendance confondue, de ce pays n’a aucune consistance réelle.

Notre Président et ses services qui ne sont certainement pas étrangers à l’inoculation des sornettes d’une résistance contre l’ingérence extérieure dans les couches ultranationalistes de notre pays, est allé célébrer un véritable coup d’Etat en assistant à la cérémonie d’investiture de Ali Bongo.

La présence du Président malien sera demain, source d’une menace contre nos compatriotes vivants dans ce pays. Elle compliquera la cohabitation entre eux et les politiques au Gabon quoi qu’en pense certaines réflexions simplistes sur la question.
De cela le Président IBK n’en a cure, seules lui importe deux préoccupations dans sa démarche solitaire : son amitié commune avec Ali Bongo dans le réseau Tomi et ses relais au cœur du pouvoir malien et surtout la réédition probable du même scenario au Mali en 2018.

Notre président, alors grand responsable des observateurs de l’UA dans certaines élections en Afrique centrale, s’est par le passé attiré des soutiens politiques de certains présidents au prix de quelques petits meurtres de la démocratie, à l’issue de sa mission tel fut le cas au Cameroun.

Les élections gabonaises ont été truquées, volées, celui qui a prêtés serment est certainement le perdant. Nous sommes en face d’une imposture.

L’enjeu de la contestation des élections gabonaises est plus simple à comprendre, c’est la prise en compte du vote du citoyen du Gabon et la citoyenneté gabonaise.

Faire que le vote du gabonais soit pris en compte. Si ce vote s’exprime en faveur de Jean Ping telle est sa volonté exprimée. Il arrive même que ce citoyen n’adhère en rien à la politique encore moins en la personne de Jean PING, mais qu’il veut voir quitter Ali Bongo à la tête du Gabon, mais sa solution passe par Jean PING. Qu’avons-nous à lui dénier ce droit parce que, Jean PING a eu ou a un autre comportement qu’on n’aime pas ?

L enjeu pour le citoyen gabonais qui vote pour Jean PING c’est de se débarrasser de Ali Bongo, cela faut tous les programmes.

Les Maliens savent mieux que quiconque que supporter une famille pendant près de cinquante années est pareil à une vie d’exil dans son propre pays. Suivez mon regard !
La question n’est pas que d’autres dictatures ont bénéficié du silence, voire, de la complicité des puissants de monde face au vol des suffrages des citoyens en Afrique. Le défi est qu’il faut commencer quelque part sur ce continent, à respecter et à faire respecter le suffrage des Africains. Si cette perspective reste encore absente dans la solution des problèmes en Afrique, si les peuple se détournent totalement et complément du suffrage universel, dans la conquête du pouvoir en Afrique, alors bienvenu à toutes les formes de djihads.

Ali Bongo a perdu les élections auxquelles il n’aurait pas dû être admis parce qu’ayant refusé de faire le teste ADN pour trancher la question de sa filiation qui était une exigence constitutionnelle et non autre chose.

Si aujourd’hui, il pilonne depuis un hélicoptère ses adversaire, les tue, intimide et réprime, ce qu’il veut les réduire au silence. Il faut donc saluer et encourager la résistance des Gabonais face à l’inacceptable.

La communauté internationale doit rester mobiliser sur le cas du Gabon, en dépit de la mascarade de prestation de serment et du faux semblant sur un dialogue politique, la communauté des démocraties doit mettre au ban un pouvoir installé sur le cadavre des citoyens de son pays.

C’est un devoir panafricain que d’aider à la restauration démocratie au Gabon.
En allant à la cérémonie d’investiture de Ali BONGO, outre le fait qu’il condamne nos compatriotes à des lendemains difficiles, le Président IBK prouve le peut de considération qu’il a du vote en Afrique en commençant bien sûr par le Mali.

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Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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