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Mali : Le pouvoir actuel « pas à la hauteur », selon un député français

lundi 2 juillet 2018

Le pouvoir actuel malien "n’est pas à la hauteur des enjeux", a estimé aujourd’hui le président de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale française, Jean-Jacques Bridey, au lendemain d’une attaque contre des soldats français de l’opération Barkhane à Gao. "Je pense le pouvoir actuel n’est pas à la hauteur des enjeux et de la gravité de la situation. Il faut ouvrir les yeux", a déclaré le député du parti présidentiel La République en marche sur la radio RFI.

"Il n’y a pas assez d’actions fortes de la part du pouvoir" du président Ibrahim Boubacar Keïta, a-t-il insisté, à quelques semaines de l’élection présidentielle du 29 juillet au Mali. Quatre soldats français de la force Barkhane ont été blessés dimanche selon l’état-major français des armées. D’après les autorités maliennes, l’attaque a fait quatre morts et 23 blessés parmi des civils. Un attentat a également frappé vendredi le QG de la force à Sévaré, et fait trois morts, dont deux militaires maliens. Deux des assaillants sont également morts, dont un kamikaze à bord d’une voiture piégée. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, a revendiqué l’attentat.

Le président Keïta a promis samedi de "traquer les terroristes jusque dans leurs derniers retranchements". Le président français Emmanuel Macron sera quant à lui de lundi à mercredi en Afrique, d’abord en Mauritanie pour participer au sommet de l’Union africaine (UA), puis au Nigeria. En marge du sommet de l’UA, M. Macron doit rencontrer à Nouakchott ses homologues du G5 Sahel, une organisation régionale regroupant le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Mauritanie et le Tchad qui ont formé une force régionale anti-jihadistes. "Il y a beaucoup de pays qui sont au côté du Mali, au côté de la population malienne, pour sortir de cette instabilité sécuritaire, mais il faut aussi qu’il y ait une visibilité dans la situation politique et aujourd’hui ce n’est pas le cas", a jugé M. Bridey.

"Nous sommes à quatre semaines d’élections présidentielle (au Mali, NDLR), on ne sait toujours pas si ce scrutin pourra se tenir", a regretté le député. "Nous souhaitons qu’il se tienne, (mais) il y a des retards dans l’acheminement des cartes électeurs, il y a un flou complet là-dessus. J’ai l’impression qu’il n’y a pas une véritable volonté de tenir ces élections présidentielles de la part du pouvoir malien", a-t-il dénoncé.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.