Mali : Dans la logique du plébiscite d’Ibrahim Boubacar Keïta

mardi 24 septembre 2013

Le 11 août 2013, dans un scrutin unanimement reconnu crédible par les observateurs internationaux pour sa transparence, les Maliens ont choisi Ibrahim Boubacar Keïta comme le nouveau Président de la République, avec un taux de 77 pour cent et des poussières. Un véritable record dans un vote où les fraudes, les intimidations, les achats de conscience, comme par le passé, n’étaient pas absents.

La cérémonie d’investiture de ce 04 septembre 2013 vient de marquer l’épilogue de ce plébiscite. Mais cette détermination, si massivement exprimée des Maliens, à voir le pays dirigé autrement, dans une voie en rupture totale avec la gestion voyoucratique de ces deux décennies de prédation des régimes précédents, suffira-t-elle à obtenir le changement souhaité ?

Assurément, le peuple malien aura grand tort de croire qu’ayant porté Ibrahim Boubacar Keïta au pouvoir, il a accompli sa mission et peut maintenir attendre tranquillement que ce dernier réalise les vœux pour lesquels il a été choisi.

Dans un contexte d’hostilités larvées évidentes, les forces centrifuges comme la frange de l’opinion publique internationale hostile ne peuvent être neutralisées qu’à la condition incontournable que le peuple malien montre qu’il est, sans réserve, derrière le nouveau Chef de l’État.

La pression malveillante à l’intérieur comme de l’extérieur qui attend Ibrahim Boubacar Keïta, dans la gestion des nombreux dossiers aussi brûlants les uns que les autres, sera trop lourde à porter par les épaules d’un seul homme, même avec la bénédiction de nos Vénérables Ancêtres et de celles de Dieu lui-même.

À situation exceptionnelle, il convient d’adopter un comportement adapté.

Dans les circonstances actuelles, encore favorables aux forces adverses et à leurs sources nourricières étrangères dont les réseaux, avec leur puissance de nuisance, sont encore bien établis dans le pays, le nouveau Président de la République a besoin de sentir son peuple derrière lui.

Il a été élu, certes, pour offrir au peuple le bien-être social auquel tout le monde aspire, pour le faire respecter parmi ses semblables et faire inspirer ses comportements et attitudes par les valeurs fondatrices de la société ancestrale, faites d’humilité, de dignité, de justice, d’abnégation, d’esprit de sacrifice utile, d’oblation, de tolérance, de respect de soi et des autres.

Mais, à l’évidence, le nouveau Président de la République n’a de chance de s’acquitter de ses lourdes et exaltantes responsabilités que s’il est entouré et protégé par son peuple.

Aucun impérialisme alors ne sera capable de freiner son ardeur patriotique et constructive.

Le grand Robert Mugabe du Zimbabwe est la preuve vivante d’un responsable politique, soutenu par son peuple, qui n’a que faire des pressions et des injonctions de puissances étrangères qui tuent pour survivre. Affublé de tous les qualificatifs désobligeants, victimes de montages propagandistes mensongers, il est adossé sur la muraille de protection que lui offre la confiance de son peuple convaincu, par ce qu’il voit, que l’homme est un authentique patriote.

Comme Ibrahim Boubacar Keïta, il vient d’être réélu avec une écrasante majorité contre son challenger, candidat désigné de l’impérialisme occidental.

S’inspirant du cas du Président zimbabwéen, et pour une fois, rompant donc avec les habitudes anciennes, le Peuple malien ne doit pas adopter une posture de critique systématique à l’endroit d’Ibrahim Boubacar Keïta.

Il doit aller à l’homme qu’il s’est choisi pour défendre ses intérêts, tous ses intérêts.

Sans laxisme, bien entendu ; toujours vigilant dans l’accompagnement.

Par des manifestations, des points de presse, des conférences multiples et autres formes de mobilisation dans tout le pays, il permettra à Ibrahim Boubacar Keïta de mériter le qualificatif de Kankele-tigi qui lui a si généreusement été attribué et de tenir les engagements solennels qu’il a pris lors de son investiture, devant le peuple malien et sur son honneur.

Alors sans peur et reproche, le nouveau Chef de l’État, porté par cette légitimation populaire sans cesse active et vigilante, sera en mesure de faire face aux missions qui justifient ses fonctions.

Ainsi, sur le dossier mal ficelé et humiliant des accords de Uagadugu défendu par le traître Blaise Compaoré, autre chef de guerre contre notre pays, le nouveau Président de la République n’aura aucun mal à dénoncer l’inacceptable, à imposer la rentrée de Kidal dans les rangs et à restaurer l’intégrité du territoire national.

Yerewolo, qui sait que l’honneur est plus important que la vie, sa détermination à affronter les velléités colonialistes et racistes de la France, alors mises au grand jour, pour une partition du Mali au profit de la minorité Tuareg, insignifiante sur les terrains politique et militaire, pourra s’abreuver aux sources patriotiques des mouvements de masse.

Ainsi, le nouveau Chef de l’État sera à l’aise pour demander et obtenir, dans les meilleurs délais, le départ de notre pays des troupes étrangères au secours de la minorité tuareg et économiser les millions voire les milliards de francs Cfa prévus pour leur entretien ; comble de l’agenouillement !

Ainsi, s’il doit reconduire dans sa mission, la Commission Dialogue et Réconciliation, celle-ci aura pour mission additive prioritaire d’établir d’abord la vérité aux fins d’arrestation et de punition convenable de tous ceux et celles qui sont impliqués dans les atrocités et autres crimes commis sur les populations du nord.

Ainsi, le nouveau Chef de l’État, comme il l’a promis, lord de son entretien avec les journalistes d’Africable, quelques jours avant le second tour, fera ressortir tous les dossiers cachés sous le boisseau afin de donner un exemple fort de lutte contre la corruption et la trahison de nos compatriotes pris dans la nasse de la cupidité.

Ainsi, il sera en mesure, en toute légalité et sans esprit de revanche, d’annuler toutes les décisions antinationales prises par Dioncounda Traoré et son gouvernement illégal, n’étant, rappelons-le, désignés par l’Accord Cadre ni par la Constitution, encore moins par une quelconque forme d’élection. Imposé à notre peuple, du fait d’une conspiration franc-maçonnique de la Cédéao, Dioncounda Traoré reste convaincu que ce syndicat de Chefs d’État au service des Illuminati contre leurs peuples, est au-dessus de la Constitution et du Peuple malien. Le contraire doit lui être prouvé sans délai.

Ainsi, le nouveau Chef de l’État enverra aux oubliettes, le plus rapidement possible, les quatre (4) projets de lois qui prévoient une augmentation de cinq (5) à sept (7) fois, des salaires du Premier Ministre et des Ministres de la transition sans compter celui de leur Président illégitime.

À l’évidence, pareille démarche vise à vider les caisses de l’État et à placer le nouveau Président de la République, d’emblée, dans des problèmes financiers inextricables.

Sans compter la zizanie à gérer entre les Généraux de l’armée. En suivant les traces d’Amadou Toumani Touré qui ignore tout de la valeur de ce grade, Dioncounda Traoré, en l’espace d’une année et des poussières de gestion illégitime du pays, a nommé trois généraux dont aucun ne mérite la promotion qui lui est faite.

Ils devraient plutôt être sanctionnés pour leur comportement.

Moussa Sinko Coulibaly pour avoir apposé sa signature sur les accords de Uagadugu, humilliants pour le Mali. N’a-t-il pas accepté que la minorité tuareg garde ses armes, au lieu de les rendre aux autorités du pays, qu’elle soit cantonnée dans des secteurs interdits d’accès à l’armée nationale et qu’elle continue de brandir, comme un étendard, le qualificatif Libération ?

Yamoussa Camara pour avoir promis, sans vergogne aux côtés de son Premier Ministre qu’il accompagnait, aux soldats sur le front, des gilets pare-balles et des casques lourds alors que les contributions à l’effort de guerre affluaient plusieurs mois déjà dans les casses de l’État ?

Amadou Haya Sanogo pour avoir lâché les mains du Peuple malien après avoir tiré sa tête de l’eau, lors du coup militaire accueilli avec soulagement par tous les opprimés des vingt dernières années de prédation subie ? Ce militaire, incapable de soutenir la pression et les injonctions de forces hostiles à notre pays, fait douter, sérieusement, de sa valeur militaire. Par ailleurs, il a véritablement failli à la mission que lui ont confiée ses camarades, en le portant à leur tête.

Ibrahim Boubacar Keïta doit pouvoir s’adosser sur son peuple pour rectifier ces nominations illégales, injustifiées et porteuses de zizanie au sein de l’armée brutalement coiffée par des militaires qui n’ont aucun mérite, n’ayant gagné leurs nouveaux galons sur aucun champ de bataille ni sur les bancs d’aucune académie militaire.

La refondation de leur corps d’armée, sciemment détruit par Dioncoundat Traoré et ses maîtres à penser, Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré, devra être l’occasion pour le nouveau Président de la République, conformément aux attentes et aux exigences de la population malienne, de faire, sans hésitation aucune, investiguer rigoureusement, aussi loin que possible, les causes pour lesquelles une armée nationale a été laissée à l’abandon dans un contexte de conflits permanents avec des terrorises et des indépendantistes racistes.

Cette même refondation de nos Forces de Défense Nationale attendue, au vu et au su du nouveau Chef de l’État, par le Peuple malien désireux de se mettre, au plus vite, à l’abri de nouvelles agressions sera également l’opportunité pour lui de diligenter un audit du « Compte des Contributions à l’Effort de Guerre ». À ce jour, nul ne sait ce qui a été fait des dizaines de milliards de francs/cfa offerts par les Maliens de l’intérieur et de la diaspora afin d’équiper convenablement leurs soldats.

Et puisque le nouveau Président de la République doit savoir que parmi le nombre sans doute impressionnant de diplômés maliens des grandes écoles occidentales impérialistes formateuses d’esprits soumis, aptes seulement à appliquer des recettes inadaptées et à répéter des discours conçus pour les bluffer, il y a également et heureusement des patriotes restés imperméables à ce formatage, ou qui s’en sont affranchis, qui savent donc, l’extrême danger à dépendre des bâilleurs des fonds pour sortir le pays de l’impasse où l’on conduit ses prédécesseurs et leurs complices.

Ibrahim Boubacar Keïta, soutenu par la population patriote, doit s’appuyer sur leur expertise afin de mettre fin, aussi rapidement que possible, aux activités criminelles des prétendus Partenaires Techniques et Financiers, véritables mercenaires de la haute finance, dont la mission est d’organiser le sous-développement et la dépendance des pays de leurs champs d’action au profit des Illuminati promoteur d’un futur Gouvernement Mondial Unique dirigé par une minorité de possédants tous des Occidentaux.

Soutenu par la population patriote, et convaincus par les arguments solides d’experts non moins patriotes du pays, le nouveau Chef de l’État s’appuiera également sur la production de notre or pour faire face honorablement aux défis multiples de développement du Mali. Car, ce métal précieux, à lui seul peut porter la sortie du pays du stade de sous-développement.

Soutenu par la population patriote, le nouveau Président de la République devra, sans tarder, nettoyer l’administration et les services techniques de l’État dont certains cadres, par leurs comportements irresponsables, sont dans une posture de saboteurs avérés. L’exemple le plus récent et le plus éloquent est celui du Directeur de l’Énergie du Mali qui a autorisé le délestage qui vient d’interrompre, dans plusieurs quartiers des Communes 1 et 3 notamment de Bamako, la retransmission en direct de la cérémonie de son investiture.

Peuple du Mali, notre Président à besoin de nous tous ; pas seulement de sa petite équipe de collaborateurs du gouvernement et du cercle des conseillers.

Monsieur le Président de la République, nous avons la faiblesse de croire que vous êtes homme à écouter, à justifier et encourager le soutien permanent de votre peuple pour réussir un Mali réellement souverain.

Puissent Dieu et nos Vénérables Ancêtres vous inspirer toujours la Pensée Juste, la Parole Juste et l’Acte Juste.

Puissent-ils nous donner raison.

Doumbi-Fakoly, écrivain.

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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