Version imprimable de cet article Version imprimable | |

L’Agriculture au service des droits des enfants : Le GRADEM veut explorer l’agro-écologie

mardi 4 décembre 2018

Le groupe de recherche action droit de l’enfant (GRADEM) conduit par son directeur exécutif, a effectué le jeudi 29 novembre 2018 une visite dans la ferme de Oumar Diabaté, expert, initiateur du centre sahélien de formation agro écologique, agrobiologique (CSFRA) à Satinèbougou, 35 km de Bamako.

L’objectif principal est de faire en sorte que les équipes du GRADEM puissent s’approprier de l’expérience en vue de faire des réalisations à partir de sa ferme, et de former des parents, les jeunes filles et garçons à développer à partir du maraichage des compétences pour augmenter leurs ressources et de lutter contre l’exode rural précoce, pour pouvoir prendre les frais scolaires des enfants en charge.

Après l’accueil chaleureux des équipes du GRADEM à l’entrée, le fermier Oumar Diabaté a fait avec eux un tour dans sa ferme tout en exposant ce qu’il fait (la production et l’élevage).

Lors de cette visite l’on a pu constater que, le fermier a développé avec peu de ressources et des méthodes qui sont appréciées à travers le monde sans utiliser des produits chimiques , tout en respectant la nature et l’hygiène.

Antoine Akplogan, directeur exécutif du groupe de recherche action droit de l’enfant, a déclaré que c’est une visite d’immersion, d’information et de sensibilisation de ses équipes à l’agro-écologique. Selon lui, c’est un facteur de dynamisation des villages enfin que les communautés puissent augmenter leurs ressources économiques pour un meilleur respect des droits des enfants et leur éducation. Particulièrement la lutte contre l’exode rural précoce. Il a révélé que le choix est porté sur la ferme de docteur Oumar Diabaté, parce que c’est l’un des pionniers dans l’agro-écologie.

Parlant des actions que son ONG a entreprises, il a indiqué que le GRADEM a mis en place trois équipes. La première équipe traduit le droits des enfants en trois langues locales, qui sont : le bambara, le bomou et le dogon. La 2ème intervient dans la formation des communautés à mieux s’organiser en coopérative. Et la 3ème aide à développer une ferme école à Zantiguila en développant et en s’appropriant les méthodes du projet. Selon lui, cela permettra durant les trois ans du projet, le renforcement des capacités de plus de 3000 personnes. « A partir de cette ferme on va former le 1er noyau de 100 personnes qui vont former d’autres. Ce projet traitera aussi la non-violence dans les communautés », a-t-il indiqué.

Le directeur exécutif a demandé l’appui de tous les partenaires techniques et financiers, les ONG qui interviennent dans le domaine des droits de l’enfant et de la femme de s’engager avec eux afin qu’ils puissent transformer le milieu, de changer les comportements et de faire en sorte que les pratiques négatives dans la société puissent être bannies pour un mieux-être.

« Essayons de faire des choses chez nous, adaptées à notre condition de vie », a déclaré Dr Oumar Diabaté. Le fermier a révélé que ce centre de deux hectares a été acquis en 2005, mais définitivement le travail a commencé en 2008, avec l‘objectif de transmettre le savoir faire et de faire en sorte que les travailleurs puissent être payés. « Dans ce centre, on produit une vingtaine de légumes, une dizaine de fruits, et une trentaine de plantes. Pendant l’hivernage on produit du maïs, de l’arachide, du niébé et du Sorgo. Pratiquement, on fait toutes les productions au Mali. De plus certaines productions viennent de l’extérieur, comme le murier », a-t-il précisé.

En plus de ces productions pratiquement locales, il a ajouté que le centre fait d’autres variétés comme l’élevage. Sur ce volet, il est à retenir, l’élevage des mammifères, des volailles et les équidés. En plus de cela ce centre utilise tout ce qui est fumier pour le jardin, la production laitière, et les œufs à vendre.

Partant de cela, il s’est prononcé sur les difficultés qu’il a rencontrées dans ces réalisations. Il dira que la première c’est le problème d’eau. A une dépense supplémentaire pour la clôture en brique du fait que le centre est entouré par des habitations. A cela s’ajoute le problème de ressources humaines. Selon lui beaucoup de gens ne comprennent pas cette activité. Aussi la cohabitation des animaux et du jardin pose problème.

Parlant de la rentabilité, il a précisé que sa ferme est très rentable, compte tenu de la variété des produits et la commercialisation. « On peut aller souvent à 30 à 40 % de bénéfice par vente directe que lorsqu’on passe par des intermédiaires », a-t-il indiqué. Avant d’ajouter que le bénéficie par mois est environ 750 000 à 800 000 FCFA.

« L’importance de l’agro-écologie, dans un premier temps c’est vous-même. Vous serrez dans un environnement où vous respirez de l’air pur. Le second c’est la famille. Pour cela, il a lancé un message aux autres fermiers, à la population de comprendre qu’être fermier ne veut pas dire que tu es condamné à être pauvre. Au contraire c’est quelque chose qui peut rapporter.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.