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Journée mondiale de l’eau 2026 : Le Mali veut explorer la source d’égalité du liquide bleu
vendredi 27 mars 2026, par
<< L’ accès à l’eau : première étape vers l’égalité>> est la conviction que le Mali a tenu à partager avec le reste du monde à travers le thème : << L’eau, source d’égalité>>. C’était le 22 mars 2026, au CICB, lors de la célébration de la journée mondiale de l’eau - édition 2026.
Présidée par le Général Abdoulaye Maïga, Premier ministre du Mali, la cérémonie a enregistré la participation de plusieurs membres du gouvernement, dont celui en charge de l’énergie et de l’eau, de l’ambassadrice d’Allemagne, en sa qualité de tête de file des partenaires techniques et financiers du secteur de l’eau et de l’assainissement.
Mme le Maire de la commune III du District de Bamako, a salué la célébration de cette journée de l’eau par les plus hautes autorités du pays. Selon elle, cela dénote de la priorité que le gouvernement accorde à la question de l’eau, qu’elle a bien voulu présenter comme notre sang bleu.
Elle a appelé la population à un changement de paradigme pour une gestion rigoureuse des ressources en eau, afin qu’elle soit une source de paix et de prospérité durable.
Ensuite, la Représentante des organisations de la société civile du secteur de l’eau et de l’assainissement, est intervenue. Au nom de la CN-CIEPA/WASH, elle a estimé que cette journée est une opportunité pour jeter un regard critique sur la situation de l’accès à l’eau afin d’attirer l’attention des décideurs par rapport aux défis qui entravent l’évolution du secteur au Mali. Mieux, elle dit que la Journée Mondiale de l’Eau est aussi pour eux, un espace de sensibilisation des populations sur l’importance de la protection des ressources en eau pour ses multiples usages et un moment de plaidoyer en faveur de l’accès de tous à l’eau potable d’ici 2030.
<< L’eau est bien plus qu’un simple besoin quotidien : elle est au cœur de notre santé, de notre agriculture, de notre économie et de notre environnement> , a-t-elle indiqué. Malheureusement, elle a fait remarquer que plus de 2 milliards de personnes dans le monde n’ont toujours pas accès à une eau potable sécurisée. Pour ce qui concerne le Mali, elle dira que plus de 27% de la population n’ont toujours pas accès à l’eau potable avec une répartition inégale du service entre le milieu rural et urbain. << Derrière cette situation difficile, ce sont des vies humaines en danger caractérisées par la propagation des maladies hydriques, des enfants privés d’éducation parce que devant parcourir des kilomètres pour chercher de l’eau, des centres de santé où le manque d’eau affecte la qualité des services de soin>>, a-t-elle dénoncé.
Et, c’est pourquoi, elle dira que la société civile estime que garantir l’accès à une eau propre pour tous n’est pas un luxe, c’est un droit humain fondamental tel que reconnu dans la constitution de juillet 2023. << C’est l’occasion pour la CN-CIEPA, de saluer la disponibilité des institutions de la transition pour leur écoute et leur adhésion à notre plaidoyer, à travers la signature en mars 2025 du pacte de durabilité 2026-2035 des services d’eau, d’hygiène et d’assainissement au Mali>>, a-t-il indiqué.
Avant de dire que pour la CN-CIEPA, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est un préalable au développement durable, un facteur de paix, de stabilité sociale, d’égalité et de sécurité pour tous. Pour cela, elle a salué, le thème retenu cette année, à savoir « L’eau, source d’égalité>>. Selon elle, cela cadre parfaitement avec le contexte global actuel et le contexte particulier du Mali.
Elle a ajouté que la société civile du secteur WASH, estime, qu’une bonne gestion de l’eau promeut le progrès économique ainsi que la cohésion sociale. << A l’inverse, une mauvaise gestion de l’eau entrave le développement national et cause la souffrance des milliers de nos citoyens>>, a-t-elle dénoncé. Avant d’insister sur le fait que le développement de notre pays passe nécessairement, par des investissements importants et significatifs en terme d’infrastructures hydrauliques et d’une gouvernance vertueuse à même d’impulser un engagement politique et financier plus soutenu en faveur de la promotion des ressources et services d’eau au Mali.
La représentante de la société civile a estimé que notre planète regorge suffisamment d’eau. Mais, selon elle ,seule une infime partie est douce et accessible, sans oublier le fait que nos actions ont un impact direct sur les réserves d’eau.
Au regard de cette situation, elle a indiqué que la société civile réitère son plaidoyer pour l’augmentation de la part du budget national allouée à l’eau et l’assainissement à 5%, conformément aux engagements SWA (Assainissement et Eau pour Tous !).
Mieux, elle a indiqué que la société civile exhorte le Gouvernement à concrétiser ses engagements nationaux et internationaux en matière de protection et promotion des ressources en eau, et à l’effectivité du droit d’accès à l’eau et à l’assainissement. Elle a aussi invité le gouvernement à entreprendre des actions urgentes et concrètes visant à réduire la pollution de la ressource en Eau ;
Les Partenaires Techniques et Financiers ont aussi été invités à soutenir les actions du Mali en faveur de la promotion du secteur de l’Eau pour l’atteinte de l’ODD6 à l’horizon 2030.
Et, les collectivités au Mali ont été invités à plus d’engagement, et de redevabilité pour une bonne gouvernance pour la promotion des ressources en eau. Le secteur privé, de son côté, a été sollicité pour plus d’implication en faveur du financement du secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement. Les organisations de la société civile ont été encouragé à poursuivre leurs actions de plaidoyer et veille citoyenne en faveur du secteur Eau et assainissement.
Pour terminer, elle a rappelé que : « L’eau, c’est la vie. Préservons-la, pour nous et pour les générations futures ».
Pour sa part, le Chef de file des partenaires techniques et financiers du secteur eau et assainissement, en la personne de Mme l’Ambassadeur de l’Allemagne, a salué le choix de ce thème qui va permettre de sensibiliser les populations et mobiliser les acteurs à beaucoup plus d’actions en faveur de la bonne gestion des ressources en eau. Elle a surtout réitéré la volonté des partenaires techniques et financiers à accompagner le Mali dans ses chantiers pour la satisfaction de la population.
Tout juste avant l’intervention du ministre de l’Energie et de l’eau, sous forme d’intermede, les invités ont assisté à une compétition d’art oratoire qui mis aux prises 5 étudiants de 5 Universités Maliennes.
Le Professeur Tiemoko Traoré, ministre de l’Energie et de l’eau, a indiqué que l’accès à l’eau demeure marqué par des enjeux cruciaux de collecte et de gestion. << Les femmes et les filles en assurent un rôle important. Elles garantissent l’usage quotidien de l’eau pour l’hygiène, la cuisine et les soins domestiques. Reconnaître leur rôle est indispensable pour l’équité, la dignité et la résilience des communautés>>, a-t-il indiqué.
Il a ajouté que la célébration de cette journée nous rappelle que l’accès à l’eau, un droit fondamental consacré par notre Constitution, revêt aussi un enjeu de justice et d’égalité sociale. Selon lui, celles qui en assurent essentiellement la collecte et la gestion quotidienne connaissent mieux que quiconque les besoins, les usages et les contraintes du terrain. << Pourtant, leur voix demeure trop souvent marginalisée dans les mécanismes de gouvernance>>, a-t-il regretté. Avant de soutenir qu’aucune politique publique ne peut être pleinement efficace si elle ne s’appuie pas sur celles et ceux qui vivent cette réalité au quotidien. << Faire de l’eau une source d’égalité, c’est transformer les rapports de participation et de décision, en reconnaissant que l’expertise existe aussi dans les pratiques quotidiennes et dans l’expérience vécue des femmes et des filles>>, a-t-il déclaré.
Mais, qu’à cela ne tienne, il fera remarquer que dans un contexte marqué par une croissance démographique rapide, une urbanisation accélérée et les effets croissants du changement climatique sur les ressources en eau, la gestion durable de l’eau devient plus stratégique que jamais. << Sa gestion doit être concertée, inclusive et durable, afin de prévenir les tensions et de garantir son accès équitable pour tous les usages>>, a-t-il indiqué.
Assane Koné
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