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JOURNEE INTERNATIONALE DE LUTTE CONTRE LA DROGUE : La nécessité d’implication des femmes pour un Mali sans drogue

mercredi 29 juin 2016

Le Mali, à l’instar des autres pays de la communauté internationale, a célébré le 26 juin 2016 la journée internationale de lutte contre la drogue. Vu le rôle prépondérant que peuvent jouer les femmes dans la lutte contre la drogue, notre pays à travers l’Office Centrale des Stupéfiants (OCS) a choisi comme thème nationale « Femmes et drogues », pour sensibiliser, informer et communiquer avec la population sur les risques liés à ce fléau.

Dans le cadre de la commémoration de cette journée, une conférence débat sur ce thème a été organisée par l’OCS le lundi 27 juin 2016 à la faculté de droit privé. Elle a enregistré la présence du directeur de l’Office Centrale des Stupéfiants, le magistrat lieutenant-colonel Adama Tounkara, le ministre de la sécurité et de la protection civile, la représentante du ministre de la promotion de la femme de l’enfant et de la famille, Mme Dembélé Rokia Dembélé, le représentant du procureur général près la cour d’appel de Bamako, Mohamed Ould Nazim et Dr Souleymane dit Papa Coulibaly, addictologue au CHU point G.

Le trafic et la consommation de drogues sont considérés comme un problème de santé publique, de sécurité et de développement. Ces impacts socio-économiques et sanitaires sur les populations sont de plus en plus préoccupants.

Selon le directeur de l’Office Centrale des Stupéfiants (OCS), le magistrat lieutenant-colonel Adama Tounkara, le choix de ce thème s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la drogue, parce que les femmes jouent un rôle central dans notre société. Il a souligné que les jeunes filles sont de plus en plus impliquées dans la consommation de la drogue. « C’est pour cela, nous devons nous prémunir par rapport à ce phénomène. C’est un effort continu qui doit se faire », a t-il indiqué.

Le directeur de l’OCS, dans son exposé a fait connaitre sa structure, il dira que, l’OCS est un service central du Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile, spécialisé dans la lutte contre le trafic illicite des drogues. Selon lui, il a pour mission de mettre en œuvre l’ensemble des mesures de prévention, de contrôle et de répression au plan national, sous régional, et international pour une lutte efficace et coordonnée contre ledit trafic. « L’OCS connait plusieurs difficultés dans l’exécution de ses missions. Il s’agit entre autres : de la coordination des actions de lutte contre la drogue menée par les autres services qui concourent à cette lutte, le manque d’équipements d’intervention spécifiques et des outils de communication adaptés, le manque de moyens financiers nécessaire à la mise en place et à l’entretien d’un réseau de renseignement efficace, l’insuffisance de formations spécialisées dispensées aux agents d’enquête », a-t-il tenu à rappeler.

« Malgré les difficultés sus évoquées l’OCS parvient à réaliser certains résultats. S’agissant des opérations entre 2012 et 2015, l’OCS a effectué d’importantes saisies de drogues qui se chiffrent à 36,400 kilogrammes de métamphétamine, d’une valeur de plus de cinq milliard neuf cent quinze millions (5.915.000.000) de F CFA, 20 Kilogrammes de cocaïne d’une valeur marchande de plus de neuf cent millions (900.000.000) Francs CFA, environ dix (10) tonnes de cannabis (chanvre indien) d’une valeur marchande de près d’un milliard (1.000.000.000) de francs CFA » a fait savoir M. Tounkara.

Pour sa part, Dr Souleymane dit Papa Coulibaly, Addictologue au CHU point G, a défini la drogue comme une substance psycho-active qui agit sur le cerveau en modifiant son fonctionnement. Dr Coulibaly, dans sa présentation a souligné qu’au Mali en 2015 une enquête réalisée parmi 500 consommateurs de drogues, a fait ressortir une prévalence 1,2 % chez les femmes. Il a indiqué qu’au service de psychiatrie du CHU du Point G, parmi les demandeurs de soins pour addiction, il y a 10,8 % qui sont du sexe féminin. « Elles s’adonnent à la consommation de la drogue pour changer l’état d’esprit, surmonter la fatigue, favoriser le sommeil, s’intégrer à un groupe, partager un moment de convivialité, se désinhiber, effacer son angoisse d’où le but recherché est le plaisir, soulagement, partage social et identitaire », a expliqué M. Coulibaly.

Il nous a fait savoir que les facteurs générateurs qui concourent à la vulnérabilité des femmes en matière de consommation et de dépendance aux drogues sont : génétiques, socioculturels, environnementaux.

« La femme consommatrice de drogues est non seulement dépendante du produit, mais aussi de la relation qu’elle entretient avec celui qui la fournit avec des conséquences sur le plan physique, sanitaire, social et judiciaire » a t-il déclaré. Pour lui c’est un problème qui nous interpelle tous. Par conséquent, il s’agira de développer une approche genre, doter les intervenants de moyens adéquats, axer les stratégies d’intervention sur la réduction des risques (RDR).

Pour sa part la représentante du ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, Mme Dembélé Rokia Dembélé, a indiqué qu’elles sont confrontées à une menace d’ampleur nouvelle touchant de plus en plus les femmes et les mineurs qui sont les plus vulnérables, à la cohésion nationale, liée à l’insécurité nationale et même internationale. Elle est convaincue que cette lutte doit constituée une priorité absolue pour notre pays. Selon elle, ce thème apparait comme une sonnette d’alarme.

« Si les répercutions de la drogue sont dramatiques sur la société, elles le sont d’avantage pour la femme, de sa constitution biologique et de ses fonctions et son rôle dans la société, car elle est directement liée et ou affectée par la drogue », a-t-elle déclaré. Elle a souligné le rôle prépondérant que peuvent jouer les femmes avant d’affirmer qu’elles doivent être de véritables actrices de sensibilisation dans la lutte contre ce fléau. Elle dira qu’il est nécessaire d’intégrer la dimension genre dans tous les combats contre ce phénomène, tout en sollicitant l’implication de tous, particulièrement les femmes, comme un dernier rempart, contre la drogue.

Bintou COULIBALY (stagiaire)

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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