Version imprimable de cet article Version imprimable | |

Institut du Sahel : Comité Sahélien des Pesticides célèbre son jubilé d’argent à Bamako

mercredi 4 décembre 2019

Sous l’égide de l’Institut du Sahel, le Comité Sahélien des Pesticides a célébré, le 29 novembre 2019, à l’hôtel Salam de Bamako, son Jubilé d’argent, à l’ occasion de la tenue de sa 45ème session ordinaire.

Présidée par Moulaye Ahmed Boubacar, ministre de l’agriculture, la célébration du jubilé d’argent du Comité Sahélien des Pesticides, a été marquée par une série de discours et la décoration des membres du Comité Sahélien des Pesticides.

Dr Mohamed Abdellahi Ebbe, Directeur Général de l’Institut du Sahel, a rappelé que le CSP est une structure spécialisée du CILSS chargée de la mise en œuvre de la règlementation commune aux Etats membres du CILSS sur l’homologation des pesticides. « Basé à l’Institut du Sahel à Bamako, depuis 1994, le Comité Sahélien des pesticides célèbre cette année, ses 25 années d’existence. Ce jubilé d’argent est l’occasion de faire le bilan des 25 années de mise en œuvre de la Règlementation Commune aux Etats membres du CILSS sur l’homologation des pesticides, d’en tirer les leçons et d’examiner les perspectives futures », a-t-il déclaré.

Selon lui, cette célébration est l’occasion pour lui, d’adresser ses vives félicitations et ses sincères remerciements à tous les membres (actuels et anciens) du CSP pour le travail abattu qui a fait du CSP, une référence au niveau international, en matière d’homologation et de gestion des pesticides.

« Le temps que j’ai passé à la tête de l’Institut du Sahel, m’a permis de mesurer l’ampleur des sacrifices que vous avez consentis et continuez de consentir, pour permettre une homologation des pesticides conformément aux standards internationaux, au profit des pays membres du CILSS ainsi qu’une gestion rationnelle des pesticides dans l’espace CILSS », a-t-il déclaré.

Pour sa part, Dr Djimé ADOUM, Secrétaire exécutif du CILSS, a rappelé que dans les années 1980 et 1990, les pays membres du CILSS pour faire face aux différentes invasions acridiennes et aux autres problèmes phytosanitaires auxquels ils étaient confrontés, ont fait recours à la lutte chimique avec des pesticides contenant des substances actives de différentes natures, dont des polluants organiques persistants. Selon lui, face à cette situation de nature à polluer pendant longtemps notre environnement déjà fragile avec de forts risques de nuire à la santé des populations, et aux faibles capacités des Etats pris individuellement d’assurer une bonne gestion de ces pesticides et de leurs conséquences environnementales et sanitaires, les 9 Etats membres du CILSS d’alors, ont adopté en 1992, la Règlementation Commune aux Etats membres du CILSS sur l’homologation des pesticides. « Cette règlementation, mise à jour en 1999, dont le but est de permettre aux Etats membres du CILSS de mettre en commun leurs ressources aussi bien humaines, matérielles que financières, pour assurer une bonne évaluation de la qualité des pesticides avant leur autorisation, est à l’origine de la création le Comité Sahélien des Pesticides pour assurer sa mise en œuvre », a-t-il précisé.

Il a ensuite rappelé que c’est suite à l’adoption de la résolution N°10/29/CM/94 par la 29èmesession ordinaire du Conseil des Ministres du CILSS relative à l’application de la Réglementation commune sur l’homologation des pesticides, le Comité Sahélien des Pesticides est devenu opérationnel et tient régulièrement ses sessions consacrées à l’évaluation des dossiers de demandes d’homologation soumises par l’industrie et à l’autorisation de ceux qui répondent aux critères fixés par cette Règlementation au profit des 9 Etats membres du CILSS signataires de cette Règlementation Commune.

« Au cours des 25 années de fonctionnement du Comité Sahélien des Pesticides, plusieurs formulations de pesticides à base de 11 substances actives dont l’utilisation par les populations sahéliennes, n’est pas sans conséquences inacceptables pour la santé des populations et l’environnement au Sahel ont été refusées à l’homologation par le CSP, ou ont vu leurs autorisations annulées à la suite de la publication par le CILSS de 11 décisions d’interdictions de pesticides », a-t-il révélé. Et plus précis, il dira que 9 de ces décisions prises par le CSP ont été notifiées par les pays membres du CILSS signataires de la Règlementation Commune à des instances internationales, notamment à la Convention de Rotterdam, qui en a endossé 4 comme produits devant faire l’objet d’information et de consentement préalables par les Etats avant leur mouvement au niveau international.

« En plus de ces acquis du CSP dans l’évaluation des pesticides reconnus au niveau international, il faut noter que conformément à ses missions, le CSP appuie les Etats dans la mise en œuvre de la Règlementation Commune notamment dans le cadre de la gestion post-homologation des pesticides », a-t-il déclaré. Avant de soutenir que malgré les acquis enregistrés par le CILSS en matière de gestion des pesticides, force est de constater que malheureusement, de nombreux produits non homologués continuent de circuler et pullulent encore dans les marchés des pays membres du CILSS. Selon lui, les causes sont : la porosité des frontières de nos pays, la faiblesse des ressources humaines, matérielles et financières affectées à la gestion post-homologation des pesticides ainsi que l’existence de conflits de normes sur la qualité des pesticides entre le CILSS et certains pays limitrophes de ses Etats membres. « Face au défi que constitue la gestion rationnelle des pesticides, l’expérience du CILSS à travers le Comité Sahélien des Pesticides dans la mise en œuvre d’une approche régionale pourrait être adaptée à différents niveaux (sous régional, régional et international), pour une meilleure approche dans la gestion des pesticides », a-t-il déclaré.

Et comme, le CILSS est fier du travail qui a été abattu et qui continu d’être abattu, depuis 25 ans, il a annoncé qu’en guise de reconnaissant il a été décidé de décerner la « médaille d’or du CILSS » à tous les membres du CSP qui ont siégé pendant au moins quatre années comme Expert du Comité Sahélien des Pesticide.

« La présente cérémonie de décoration organisée en votre honneur est bien méritée et traduit la reconnaissance de nos pays pour les sacrifices et efforts que vous avez consentis pour permettre à notre espace d’être cité aujourd’hui, comme un exemple réussi de collaboration et de coopération régionale pour la gestion des pesticides », a déclaré le Ministre de l’agriculture du Mali.

Selon lui, la graine de la gestion harmonieuse des pesticides semée par nos Etats depuis 1992 a germé, poussé et est devenue un arbre d’âge adulte grâce aux soins des experts. « Maintenant que tous les pays membres du CILSS, de la CEDEAO et de l’UEMOA se sont engagés pour une harmonisation régionale des règles régissant l’homologation et la gestion des pesticides au Sahel et en Afrique de l’Ouest avec la mise en place d’une structure unique le Comité Ouest Africain d’Homologation des Pesticides (COAHP) à l’image de Comité Sahélien des Pesticides (CSP), je fonde l’espoir de vous voir apporter votre expérience et expertise, pour la mise en place et le fonctionnement de cette structure unique pour le Sahel et l’Afrique de l’Ouest », a-t-il déclaré.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Mots-clés : menunav