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Insécurité à Niono : Quand les Djihadistes décident d’affamer le Mali

mardi 12 octobre 2021

Si un dispositif sécuritaire à hauteur de souhait n’est pas déployé dans la zone de l’Office du Niger, précisément à Niono et environs, il faut craindre que le pays ne plonge dans une insécurité alimentaire exceptionnelle.

Quand des paysans ne sont pas canardés dans leurs champs de riz, ils y sont chassés et le riz prêt à être récolté est brulé. Chose grave, l’Etat donne l’impression de ne pas avoir une solution à cette insécurité à plusieurs inconnues, mais dont la plus évidente est la famine qui profile à l’horizon.

Si non, comment comprendre que depuis l’affaire de Farabougou qui a pratiquement démontré l’impossibilité de l’Etat malien à voler au secours de ses citoyens en détresse, rien de concret n’ait été mis en place, en termes de dispositif sécurité, pour que cela ne se répète plus.

Et, aujourd’hui, c’est au tour de la localité de Siby, dans la Commune de Mariko, située à 22 kilomètres de Niono, de vivre le calvaire à lui imposer par des Djihadistes. « Il faut dire que c’est depuis deux ans que nous vivons sous les menaces de l’insécurité permanente dans le cercle de Niono. Mais, pour ce qui concerne la localité de Siby, c’est depuis le 29 septembre 2021, que les populations ont senti la violence dans leur chaire. Sans qu’il n’y ait de morts ou de blessés, les paysans ont été chassés de leur champ en pleine récolte », nous a indiqué une source locale bien introduite. Selon elle, face à cette action des Djihadistes, les chasseurs traditionnels, communément appelés ‘’Dozo’’, se sont mobilisés pour voler au secours de la population, en l’absence des forces de défense et de sécurité. « Depuis le 1er octobre 2021, jusqu’à ce que la situation ne dégénère le jeudi 7 octobre 2021, personne dans la zone n’arrivait à dormi. Mais, jeudi passé, ils sont venus avec deux véhicules remplis de combattant à la mosquée de la localité. Ils y sont venus pour inviter les populations à adhérer à leur vision des choses et de se mettre sous la charia », nous a précisé notre source. Avant d’ajouter qu’il a l’impression que les Djihadistes sont hostiles aux Dozos. Selon lui, pourquoi les Djihadistes ont dépassé plusieurs villages pour venir s’en prendre à la localité de Siby ? Et, il a estimé que la seule explication pourra être la forte mobilisation des chasseurs traditionnels dans cette localité pour la sécurité des populations.

Lors d’un séjour dans la région de Ségou, cette même information nous avait été rapportée. « De plus en plus les Djihadistes s’attaquent aux villages qui se font protéger par les dozos. Ils ne veulent pas des dozos. Ils veulent être les seuls maîtres dans les localités », nous avait indiqué un journaliste de Ségou. Et, aujourd’hui avec ce qui se passe à Siby, l’on pourrait y voir une piste de vérité.

Mieux, notre interlocuteur de la zone de Niono nous a indiqué que malgré que les Djihadistes depuis le 29 septembre 2021, avaient chassé tous les paysans des champs, avec la consigne qu’ils ne veulent y voir personne, ils n’avaient pas fait de victimes dans la population. « Depuis tout le temps que les crépitement des armes nous empêchait de dormir, il faut reconnaître que c’étaient des tirs en l’air », a-t-il indiqué. Avant d’annoncer que la véritable bataille a commencé lorsqu’ils ont été repoussés par les dozos.

Mais, à voir la scène de prêt, ça tout l’air d’un piège tendu aux dozos. « Dans leur fuite. Poursuivis par les dozos, ils ont tendu une embuscade en montant sur des arbres ou en se cachant dans des champs de riz », a-t-il précisé. Mais tout compte fait, cette bataille a été à la défaveur des Dozos qui, y ont laissé la vie de 25 d’entres-eux. Et, plus grave, les Djihadistes ont piégé tous les corps, dans l’espoir de faire d’autres victimes. Selon notre interlocuteur, n’eut été l’intervention de l’armée pour déminer les corps, l’on aurait pu regretter d’avantage de victimes.

En plus de Siby, il faut regretter les dégâts considérables perpétrés sur le matériel de travail et les champs de riz brûlés dans la Commune de Torikada et dans un village de cette commune du nom de Ndobougoukané.

Mais, pour ce qui est de Siby, comme s’ils avaient planifié de terrifier la population avant toute négociation, les Djihadistes y ont fait une offre de dialogue qui a commencé le mardi 12 octobre 2021.

Attendons de voir et de comprendre, le pourquoi de tout cela. Mais, il est temps que les autorités maliennes se réveillent, avant qu’il ne soit trop tard. Chaque jour que dieu fait l’hydre djihadiste est entrain de tendre ses tentacules dans le pays. Et, plus grave l’Office du Niger, le grenier du pays est aujourd’hui menacé.

Assane Koné

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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