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IBK à l’ouverture du Dialogue national inclusif : « Il ne nous est pas laissé d’autre choix que la guerre »

mardi 17 décembre 2019

« Il ne nous est pas laissé d’autre choix que la guerre. Alors nous nous battrons. Quelle que soient les pertes. Quel que soit le coût ! Quelle que soit l’heure ! Quel que soit le lieu ! Et la victoire qu’il plaise à Dieu sera nôtre. Parce que c’est de notre côté que se trouve le vrai islam, le vrai amour, la vraie tolérance, la vraie volonté de paix, la vraie civilisation ». Cette déclaration a été faite le samedi 14 décembre 2019, au Palais de la culture de Bamako. C’est ce haut lieu de la culture qui a servi de cadre pour le lancement officiel du dialogue national inclusif (DNI). Le top départ de cette phase nationale a été donné par Ibrahim Boubacar Keïta, Président de la République, Chef de l’Etat. Pour la circonstance, des centaines de personnes ont pris d’assaut la salle de spectacle Bazoumana Sissoko. L’objectif n’est autre que de se dire tout sans tabou entre frères pour le vivre ensemble.

L’ouverture des travaux a enregistré la présence des représentants du corps diplomatique accrédité au Mali, les Présidents des Institutions, les membres du triumvirat, les organisations internationales accréditées au Mali, les représentants de la société civile, les forces armées accréditées au Mali, le Premier Ministre et les membres du gouvernement, des leaders de certains partis politiques et le représentant de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).

Il faut noter que cette phase intervient, après celles des communales, cercles et des régionales. Malgré son inclusivité tant prônée par la commission nationale d’organisation, certains groupements politiques n’ont pas pris part. Elle est le couronnement d’un long processus pyramidal à caractère inclusif, à l’actif du Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, suite à sa volonté de reconstruire le pays avec l’ensemble de ses fils, sans exclusion aucune.

Cheick Sidi Diarra, président de la commission nationale d’organisation du Dialogue national inclusif, a indiqué que du 14 septembre 2019, date du début de l’atelier de validation des termes de référence des concertations dans les 605 communes, ce sont environ 32 451 recommandations et résolutions dont 6382, rien que pour la première thématique consacrée à la Paix, la Sécurité et au vivre ensemble, qui ont été adoptées. La deuxième thématique consacrée aux questions Institutionnelles et Politiques a suscité 5061 recommandations et résolutions. La synthèse des rapports de vingt ambassades et consulats a également permis d’extraire 282 recommandations et résolutions sur l’ensemble des six thématiques. La thématique 4 sur le social a recueilli le plus l’attention dans les ambassades et consulats avec 62 recommandations. Pour lui, ils considèrent cela comme positif.

« C’est une chance inégalée que le peuple accepte de s’exprimer sur nos préoccupations majeures de l’heure et d’offrir des pistes de solution dans la courtoisie et dans le respect de l’état de droit. C’est l’illustration de la maturité de notre Nation. Cette chance, nous devons la saisir de toutes nos forces pour la traduire en avancées irréversibles pour notre démocratie, en faveur de la consolidation de l’état de droit et de la bonne gouvernance. Nous nous devons la transformer en une action salvatrice pour la Nation tout entière », a-t-il déclaré.

De son coté, Ousmane Issouffi Maïga, porte-parole du triumvirat, après avoir fait un bref exposé des activités qu’ils ont eu a mené depuis le 25 juin 2019, date de leur installation officielle, dira : « On peut se féliciter que la majorité des partis politiques, regroupements de partis politiques, les associations et organisations syndicales et de la société civile, les légitimités traditionnelles, les associations et groupements religieux aient participé pleinement à cet atelier ».

Le porte-parole du triumvirat, a souligné que toutes les observations pertinentes des délégués ont été prises en compte dans les documents consolidés suite aux séances de travail des différents rapporteurs des groupes de travail. D’ailleurs, pour renforcer le caractère inclusif du dialogue, le triumvirat a mis en place avec l’appui des services techniques de l’AGETIC un portail numérique à l’adresse www.dialogue.national.ml. Il a indiqué que depuis son lancement, le portail a reçu la visite de 1 307 237 personnes qui ont fait 5 058 173 postes.

Pour lui, dans l’ensemble la mobilisation et la participation ont été satisfaisantes et les débats fructueux. Avant de dire que tout le processus, a été conduit de façon indépendante et responsable par le triumvirat. Il a fait savoir que les résultats de ces travaux seront également diffusés sur le portail et pourront être consultés.

« Nous avons tenu à être là pour que le Mali soit notre parole commune, notre réflexion commune, notre respiration commune. Tous redevables, et à la même enseigne. Nul plus qu’un autre. Nul moins qu’un autre. C’est à ce devoir sacré d’union, de consensus et de gratitude, que nous sommes invités ici », a déclaré le Chef de l’Etat. Il a estimé que cet événement refondateur, au sens propre du terme, la signification profonde ne saurait échapper à aucune fille, aucun fils de la nation, cette nation agressée mais debout, cette nation indulgente mais pas amnésique.

En poursuivant, il dira que les axes à débattre sont également tous, d’une pertinence avérée, d’une actualité brûlante. Il s’agira d’ausculter le pays pour voir quel est son mal, d’où nous vient-il et comment le soigner.

« Oui, je le dis avec peine, mais il est désormais incontestable que de nouvelles légitimités se font jour qui gagnent le cœur des populations, avec un nouveau système de justice même si cela s’appelle charia, d’administration et d’enseignement », a-t-il dit. Poursuivra, rien ne sera mis au-dessus du confort de nos compatriotes. L’Etat est à l’écoute de la demande sociale, se surpassant à chaque fois pour que les revendications soient gérées à la mesure de ses moyens. Pour cela, il a souhaité que ces assises débattent de l’attitude d’une nation en guerre. Une attitude qui doit aller au-delà des indignations de pure forme. Mais il importe que nos compatriotes mesurent que s’en prendre à la Minusma, c’est s’en prendre surtout aux forces sénégalaises, burkinabés, togolaises, ghanéennes, tchadiennes. Cela est si inconfortable pour notre honneur de Malien, d’Africain !

« Pareillement, nous devons dépasser le complexe colonial, vis-à-vis de la France », a-t-il indiqué. Avant de soutenir que nos parents étaient engagés par elle sur les fronts des deux grandes guerres mondiales. « Aujourd’hui, elle est notre alliée et ses soldats tombent sur notre sol comme les nôtres. Sachons raison garder ! », a-t-il déclaré.

Dans son intervention, le Chef de l’Etat a informé que le dimanche 15 décembre 2019 qu’il se rendra au Niger pour présenter les condoléances de la nation malienne au peuple frère.

« Il ne nous est pas laissé d’autre choix que la guerre. Alors nous nous battrons. Quelle que soient les pertes. Quel que soit le coût ! Quelle que soit l’heure ! Quel que soit le lieu ! Et la victoire qu’il plaise à Dieu sera nôtre. Parce que c’est de notre côté que se trouve le vrai islam, le vrai amour, la vraie tolérance, la vraie volonté de paix, la vraie civilisation », a-t-il conclu.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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