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Drogue et criminalité transnationale organisée : La nécessité de la mise en place d’une véritable politique nationale de lutte

samedi 25 novembre 2017

« Problématique du trafic de drogues et de la criminalité transnationale organisée », tel est le thème d’un atelier de formation des journalistes sur la problématique du trafic de drogues et la criminalité transnationale organisée, que l’Office Central des Stupéfiants (OCS), en partenariat avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), a organisé du 20 au 23 novembre 2017 à l’Hôtel Club de Sélingué.

Après 4 jours de travaux la clôture de cet atelier a été présidée par le Magistrat-Colonel Adama Tounkara, Directeur de l’Office Central des Stupéfiants, le 23 novembre 2017 à l’hôtel Club de Sélingué. Il avait à ces côtés Ganda Traoré, coordinateur par intérim de l’ONUDC.

Cet atelier a regroupé une cinquantaine de journalistes provenant des médias publics, privés et des sites d’information en ligne. L’objectif était d’amener les professionnels des médias à mieux comprendre le phénomène de drogues et la criminalité organisée, en vue d’accompagner les efforts de lutte des autorités.

Au cours de cet atelier d’échanges et de partage d’expériences avec des experts sur la problématique de la drogue et la criminalité transnationale, plusieurs thématiques ont été développées par des experts en charge de la répression (Office Central des Stupéfiants, Pôle Judiciaire Spécialisé), des experts en matière de réduction des risques (Centre Psychiatrique du Point G.) et des professionnels du journalisme d’investigation (Journalistes, communicateurs).

Ces thématiques sont : Drogues et dépendances ; politique de prise en charge des toxicodépendants au Mali ; législation nationale et internationale sur la criminalité transnationale organisée et le terrorisme ; les mesures de lutte contre le trafic illicite des drogues au Mali ; prévention de l’usage des drogues ; journalisme d’investigation : Concept, missions et principes ; identification de sujets d’enquête dans le domaine du trafic de drogues et de la criminalité transnationale organisée ; ébauche de plan de travail ; les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) ; exploitation des sources d’information à partir des réseaux sociaux ; techniques d’investigation : cas des Panama papers et des Swissleaks ; cas d’études : affaire Panama papers et Swissleaks et l’ expérience de la Cellule Norbert ZONGO (CENOZO) en matière de journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest.

« Les impacts négatifs de trafic de drogues et la criminalité transnationale compromettent dangereusement, à la fois, la sécurité, la santé de nos populations, voire notre économie », a déclaré le magistrat-colonel AdamaTounkara, Directeur de l’Office Centrale des Stupéfiants (OCS). Il dira que c’est pourquoi l’enjeu de cette lutte requiert la pleine implication des hommes de médias, relais par excellence des grandes problématiques auprès de l’opinion publique.

Le magistrat-colonel, Adama Tounkara a félicité les participants pour la mise en place d’un réseau de journalistes sur la drogue et la criminalité transnationale. Il a ajouté que cela est un appui considérable pour la sensibilisation de nos concitoyens sur l’approche globale de lutte contre la drogue et la visibilité des actions des pouvoirs publics dans ce secteur.

Il a aussi rassuré les participants de la pleine collaboration du Ministère de la Sécurité et de la Protection civile à travers la direction de l’Office Central des Stupéfiants. Il a remercié les formateurs et les facilitateurs pour le professionnalisme avec lequel ils ont mené à bien cette première session de formation sur la problématique du trafic de drogues et de la criminalité transnationale organisée.

Le magistrat-colonel Adama Tounkara a rendu un hommage mérité au représentant de l’ONUDC pour sa constance disponibilité à accompagner l’OCS dans la lutte contre le trafic de drogues.

A l’issu des travaux de cet atelier de formation de 4 jours et après les leçons apprises et l’évaluation de l’atelier par les participants, des recommandations ont été faites à l’endroit de l’OCS, de l’ONUDC et des autorités du Mali.

A l’endroit du gouvernement du Mali et ses partenaires sous régionaux, régionaux et internationaux, les participants ont recommandés de : mettre en place une véritable politique nationale de prévention des abus de drogues, d’améliorer la Gouvernance des Etats de la sous-région ouest africaine pour réduire le chômage et la pauvreté, de renforcer le dispositif légal de lutte contre le trafic de drogues et de la répression des auteurs de trafic de drogue, doter les services de lutte contre la drogue de moyens suffisants pour assurer une veille permanente pour détecter toute nouvelle drogue introduite au Mali, de mener des études sur la chichia pour connaître ses effets sur ceux qui la consomment afin de prendre des mesures conséquentes, d’améliorer la Loi de 2011 portant Code des personnes et de la Famille pour créer une passerelle entre le juge et le médecin pour le constat légal des cas de toxicomanie de l’un des conjoints, durcir les mesures règlementaires de vente des médicaments, d’adopter un Code de Santé Publique précisant les modalités d’application des soins sous contrainte, ce qui ouvre la voie vers la coordination étroite entre le cadre répressif et le cadre médical et un plan national de lutte contre les drogues, de renforcer les structures actuelles de prise en charge à travers le recrutement et la formation du personnel en plus de la création des centres spécialisés, de codifier la cure de désintoxication, de rendre disponibles les traitements de substitution pour certains types de drogues, de relire la loi portant répression du terrorisme pour prendre en compte certaines infractions comme l’apologie du terrorisme, de renforcer la collaboration entre les différents services qui interviennent dans la lutte contre le trafic de drogue, d’augmenter des ressources humaines et matérielles des acteurs de la lutte contre le trafic de drogues et la criminalité transnationale ; d’inviter les autorités politiques à éviter de prendre des décisions entravant directement ou indirectement l’action judiciaire en matière de lutte contre le terrorisme et le crime organisé, d’harmoniser les législations en créant une synergie d’action régionale et sous régionale en matière de lutte contre les drogues, de créer un cadre de collaboration franche et active de tous les Etats pour rendre efficace la lutte contre le terrorisme et le crime organisé.

A l’endroit de l’ONUDC et l’OCS, ils ont recommandés :d’intensifier les études et recherches sur les stupéfiants pour mieux cerner leurs effets sur les consommateurs et évaluer l’efficacité des actes posés en matière de lutte contre la drogue au Mali, d’organiser des formations à l’intention des journalistes pour les familiariser avec les termes et concepts juridiques les plus souvent utilisés par les enquêteurs et les magistrats dans le cadre des poursuites et de façon particulière dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, de dupliquer la formation dans les régions du Mali, d’appuyer la mise en place d’un réseau de journalistes sur la lutte contre la drogue et le crime transnational.

A l’endroit des journalistes, l’atelier a recommandé de faire un plaidoyer auprès des autorités pour combler les lacunes du dispositif existant en matière de prise en charge des toxicodépendants, d’inciter les organes de presse du Mali à travailler en synergie sur des sujets d’investigation d’intérêt national, d’appeler les journalistes à s’intéresser davantage aux sujets d’investigation notamment ceux en relation avec le trafic de drogue, le blanchiment d’argent et le terrorisme, d’inviter la commission restreinte de quatre personnes, présidée par M. Amadou Bamba Niang, à réfléchir rapidement sur les textes fondateurs du Réseau avant l’assemblée générale constitutive.

La remise d’attestations aux participants a mis fin à cet atelier.

Bintou COULIBALY (stagiaire)

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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