Des réfugiés syriens dans le nord du Mali : Madani Tall Interpelle le gouvernement

vendredi 18 décembre 2015

« Appel à la raison avant qu’il ne soit trop tard ». Tel est l’intitulé de l’interpellation de Madani Tall, où l’on lit clairement : « MAIS, si vous laissez daesh s’installer dans la région de Kidal vous perdrez votre pays, et si vous ne vous souciez plus de votre pays le Mali, alors vous aurez aussi perdu Kidal ». Mieux, il conseille : « Notre Gouvernement à défaut d’y pouvoir quelque chose doit au moins sonner l’alerte, faire bouger sa diplomatie et ses réseaux sécuritaires. Tenter de prévenir, sinon la guérison sera longue et pénible ». Lisez !

Appel à la raison avant qu’il ne soit trop tard

Puisque le Mali n’a plus aucune forme d’autorité sur sa 8ème Région, il convient de prévenir ceux qui y font la loi, car après tout et avant tout, ils sont Maliens avant d’être rebelles :

Le Mali ne peut contrairement à sa tradition multi-séculaire refuser l’hospitalité aux citoyens du monde, ce d’autant plus que nous mêmes Maliens n’hésitons pas à demander l’hospitalité ailleurs.

MAIS, si vous laissez daesh s’installer dans la région de Kidal vous perdrez votre pays, et si vous ne vous souciez plus de votre pays le Mali, alors vous aurez aussi perdu Kidal.

Personne ne pourra contrôler les flux en provenance de Syrie une fois qu’ils s’accélèreront, si dés maintenant des mesures de précaution ne sont pas prises.

Certes nombres de syriens fuient les ravages que causent les terroristes dans leurs pays, il n’en demeure pas moins que des éléments pernicieux vont s’infiltrer, c’est inévitable, car une terre sans autorité est le champ de prédilection qui leur permettra d’établir leurs bases.

D’aucun pourrait croire qu’ils seront une mane démographique qui comblera le vide en peuplant le nord. Voire qu’ils seront des alliés dans leur lutte. Ces illusions créeront la perte de Kidal et un danger pour l’Afrique de l’Ouest, comme pour l’Occident qui se trouve à quelques encablures.

Quand il sera trop tard, chacun se souviendra que c’est vous et nous qui sommes Maliens. Que les jeux d’intérêts importent peu au regard de l’avenir de notre pays, de nos enfants.

Notre Gouvernement à défaut d’y pouvoir quelque chose doit au moins sonner l’alerte, faire bouger sa diplomatie et ses réseaux sécuritaires. Tenter de prévenir, sinon la guérison sera longue et pénible.

A la MINUSMA et l’ONU également sans lesquels rien ne se décide dans la 8ème région aujourd’hui, rappelons que la politique de l’autruche voulue ou involontaire sur cette question, conduira à un désastre qui aura des répercussions pour la sécurité du monde dans les années à venir.

Comment ne pas se poser de questions quand des gens quittent un pays en guerre, la Syrie et ne se dirigent nulle par ailleurs que dans une autre région en guerre, délaissant des contrées plus paisibles ? Cela sous prétexte que l’asile y est facile et qu’il pourront y transiter vers l’Europe.

Or ils entrent par la Mauritanie où ils n’ont déjà pas besoin de visa, et ce pays est plus proche de l’Europe via le Maroc ou l’Algérie. Alors pourquoi un détour jusqu’à Kidal ? Cela ressemble fort à l’histoire du cheval de Troie. Et ce n’est bon pour personne.

De la même manière que la guerre en Libye fut la source de la rebellion au Mali, la guerre en Syrie pourrait causer l’avènement d’un État terroriste dans la région de Kidal.

Il suffira qu’un seul émir terroriste décide d’y envoyer ses représentants avec les moyens financiers nécessaires, pour que le processus commence.

Or à ce jour, personne ne sait qui vient, qui part, qui fait quoi, où, avec qui ou quoi, quand, comment et pourquoi. Sans la moindre réponse à ces questions fondamentales, personne n’est à l’abri de rien. Ni nous maliens que l’on soit républicain ou rebelle, ni vous occidentaux que vous soyez éclairés ou pas.

Notre gouvernement n’y peut sans doute rien aujourd’hui, vous n’y pourrez rien demain. La question malienne est une affaire de sécurité internationale. Libre à chacun de la prendre au sérieux ou pas. Dieu veille.

Madani Tall

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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