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Cadre de Concertation National : Le Forum des Organisations de la Société Civile au Mali claque la porte

vendredi 15 mars 2019

Les membres du forum des organisations de la société civile au Mali (FOSC) était face aux hommes et aux femmes des médias pour informer, l’opinion nationale et internationale sur leur décision de suspendre leur participation au Cadre de Concertation National. C’était le jeudi 14 mars 2019 à son siège à Faladjé.

A l’issue de cette rencontre avec la presse, une déclaration du FOSC, constitué de plus de 83 faîtières, a été lue par Alou Badra Sacko, secrétaire général, en présence de Bakary Doumbia, président du FOSC et Mamadou Lamine Coulibaly, Trésorier.

Il est à noter que cette décision sera maintenue jusqu’à ce que ce cadre réintègre les points initiaux que sont : la consultation du cadre de concertation national sur les orientations à donner au Comité d’experts chargé de la révision constitutionnelle et la désignation des représentants de la société civile par le forum des organisations de la société civile et le conseil national de la société civile, conformément à l’esprit du premier décret.

D’entrée de jeu, le secrétaire général a rappelé que depuis mars 2012, le dialogue est rompu entre les acteurs sociopolitiques du Mali qui peinent à débattre ensemble des causes profondes de la crise et des grands dossiers qui engagent la vie de la Nation.

Le cadre de concertation national, créé par le décret N’0020 /PM-RM du 17 janvier 2019, explique-t-il, avait suscité un espoir chez les maliens de voir, enfin les acteurs, partis politiques, société civile et représentants des mouvements signataires de l’accord, de façon inclusive, autour d’une même table. Selon lui l’objectif était de débattre des questions brulantes de notre pays notamment la révision constitutionnelle, parce que justement, le décret initial du cadre inscrivait en son article 2, premier alinéa, avait prévu qu’ « il est consulté sur les orientations à donner au Comité d’experts chargé de la révision constitutionnelle ».

Dans la même veine, il a indiqué que ce décret en son article 5, 3e alinéa stipulait que les membres de la société civile sont désignés par le Forum des organisations de la société civile et le Conseil national de la société civile. « Ainsi, le FOSC et le CNSC avaient été sollicités de désigner trois représentants chacun devant siéger dans trois sous commissions du cadre, à savoir : Une sous-commission sur le découpage territorial, une sous-commission sur les lois et les règlements et une sous-commission sur la révision constitutionnelle », a-t-il précisé.

Selon lui, de façon inattendue et incompréhensible, lors de la 4ème session du cadre de concertation national, le ministre de l’administration territoriale avait annoncé le retrait du point sur la révision constitutionnelle des attributions du cadre, arguant que, « son seul ministère est incompétent pour parler de ce point qui est désormais pris en charge par le comité des Experts ». Aussi, au cours de cette même session, il dira qu’il a été question de revoir la désignation des représentants de la société civile, parce que certains individus n’étant pas membres des deux plateformes (FOSC et CNSC) voulaient participer au Cadre de Concertations National au nom de la société civile. Plus clair, il dira, que c’est ainsi qu’à la 5e session du cadre de concertation national que le retrait du point sur la révision constitutionnelle et la désignation des représentants de la société civile par-dessus la tête du FOSC et du CNSC ont été actés par un nouveau décret N° 0129/ PM-RM du 28 Février 2019.

Il a révélé que lors de cette session, les représentants des mouvements signataires (CMA et Plateforme) ont montré leur désapprobation par rapport au retrait des attributions du cadre de concertation national le débat sur la révision constitutionnelle et se sont retirés.

« Les représentants de la société civile que nous sommes avaient jugé nécessaire, avant toute prise de décision, de venir rendre compte à la base et ensemble de décider de la conduite à tenir face à cette nouvelle donne », a-t-il déclaré. Suite à cela, dit-t-il, une réunion d’urgence du groupe de veille a été convoquée, et a pris la décision de suspendre la participation du FOSC aux travaux du cadre de concertation national.

Pour finir, après cela, précise-t-il, une délégation constituée des représentants désignés du FOSC conduite par son Secrétaire Général a été mandatée d’aller faire signifier cette décision du FOSC au cadre de Concertation National. Ce qui fut fait à la 6e session dudit cadre, le jeudi 7 mars 2019.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.