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Attaques à répétition à Diré : la plaine de Saouné va-t-elle subir le même sort que le Centre du pays

mercredi 24 juillet 2019

Le mardi 23 juillet 2019, Ibrahim Khalil Touré, Maire de la commune urbaine de Diré, 3ème Vice-président de l’Association des Municipalité du Mali et Président de la Coopérative Agricole de Saouné dans la commune de Diré, a animé un point de presse. L’objectif était d’informer l’opinion nationale et internationale sur la situation qui prévaut dans la plaine de Saouné, dans la commune urbaine de Diré. Il a invité les plus hautes autorités du pays à faire en sorte que Diré ne connaisse pas le même sort que vit le Centre du Mali. C’était à la Maison de la Presse.

« Saouné est mon outil de développement. Je ne veux en aucun cas le laisser pour personne. Car je continuerai à défendre cet outil. Mon cri de cœur, c’est que nos autorités m’entendent et qu’ils empêchent que le chaos du centre du pays à cause d’une négligence ne se passe chez moi. Il y a des gens hors la loi qui y font ce qui leur plaît. Nous ne sommes pas tous des paysans », a déclaré Ibrahim Khalil Touré.

C’est pour faire en sorte que les présumés auteurs d’attaques contre la population soient arrêtés que Kalil Ibrahim Touré, Maire de Diré, a décidé d’informer les hommes de médias et les autorités. C’est avec insistance que le Maire de Diré a plaidé pour que sa localité ne subisse pas le même sort que les cercles de la région de Mopti. « Après quatre attaques, cinq plaintes ont été déposées, mais elles n’ont encore donné lieu à aucune poursuite. Les gens qui ont tenté d’attenter à ma vie quatre fois sont les mêmes qui sont allés attaquer les populations civiles l’autre jour. Personne n’est intervenue », a-t-il déploré. En précisant que cette affaire n’est rien d’autre que politique.

Pire, ceux qu’il décrit comme des hommes armés menacent de paralyser la production agricole d’une zone devenue le grenier du nord. « Aujourd’hui on ne cultive que le riz en suffisance. A Diré, on est autosuffisant du point de vu alimentaire à cause de cette plaine. On ne bénéficie plus de la distribution gratuite de vivres », a-t-il fait savoir. Il a estimé que la violence qui grandit petit à petit dans la localité tourne autour du contrôle d’un périmètre agricole.

Aux dires du Maire, le problème, c’est que des paysans qui sont dans l’ancien périmètre de Gonrkohondou, n’ont plus d’eau. Ils ne récoltent plus, et donc ils ont préféré aller dans le périmètre de Saouné. Des tensions sont donc nées sur fonds de suspicion politique. « Ils pensent qu’à chaque fois qu’il y a des élections nous gagnons, c’est à cause de cela », a-t-il affirmé.

Ibrahim Khalil Touré, a expliqué que Saouné est une coopérative agricole qui était d’abord une association. Les premiers responsables politiques de Diré ont initié le projet et la population l’a choisi pour en être le président quand il n’était pas encore Maire. « On a commencé l’exploitation en 2006-2007, et l’Association a été transformée en coopérative », a-t-il indiqué.

Selon le conférencier, Saouné a coûté six milliards à l’Etat malien et lorsque l’Association a été transformée en coopérative, l’actuel Maire est resté président. Et en tant que Maire, il tient à Saouné, le seul périmètre agricole qui nourrit la population locale. « Le jour où cette coopérative ne sera plus exploitée, tous les gens qui ont des parents à Diré auront des étrangers, des gens qu’ils vont loger. Tout le monde va partir. On n’avait pas senti beaucoup l’effet de la rébellion parce qu’il y avait quelque chose qui nous regroupait », a-t-il déclaré.

Par la suite, il dira que si Saouné n’existait pas, Diré allait sombrer. En rappelant l’expérience de l’ancienne coopérative du non de Gonrkohondou. Cette dernière avait fait connaitre Diré à travers le Mali à cause de la culture du blé. Mais, elle n’est plus exploitée à cause de la mauvaise gestion. « C’est pour que Saouné ne soit pas comme cette coopérative que je ne veux pas la laisser entre leurs mains », a-t-il martelé. Les mêmes gens qui ont mis à genou la coopérative de Gonrkouhondou, ont tout le temps voulu mettre la main sur Saouné.

En tant que responsable chargé du développement de Diré, il a lancé un message à l’endroit des autorités de prendre les dispositions pour que les coupables soient punis, afin que la plaine puisse continuer à exister.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.