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Alioune Ifra NDiaye : « Dans notre pays nous prenons de plus en plus de liberté avec nos règles »

mardi 18 avril 2017

« Je suis très mal à l’aise pour aborder une problématique qui m’a fortement interpellé pendant ces quelques mois. J’ai évité d’opiner parce que non seulement la passion emporte toujours sur la raison dans des situations analogues dans notre pays, mais surtout mon opinion ne sera pas en accord avec la majorité des cadres de mon pays. Mais je m’en voudrais de ne pas poser la question et de ne pas exprimer mon point de vue. Je m’excuse donc d’avance pour les dérangements que je vais causer auprès d’une large majorité de mon pays ». C’est par ces propos que Alioune Ifra NDiaye a décidé de poser le débat autour de la question : Qu’est-ce qu’on fait des de notre République ? Lisez sa réflexion !

Ma question est la suivante : qu’est-ce qu’on fait des règles de notre République ?

De ce que je sais d’une société, d’un bɛnkan (contrat social), c’est en grande partie par le respect des règles que nous assurons la sécurité (économique, médicale, physique, de l’emploi…) pour le plus grand nombre dans une organisation sociale. Dans notre pays nous prenons de plus en plus de liberté avec nos règles. Le phénomène devient banal et s’observe à tous les niveaux : Etat, organisation syndicale et individus (pour ne pas dire citoyens).

La plus récente liberté avec les règles s’observe dans le dénouement de la grève illimitée du personnel de la santé. J’ai entendu certains leaders se féliciter que les jours grevés seront intégralement payés. Est-ce qu’un jour non travaillé doit continuer à être payé dans notre pays ?

Une autre liberté avec les règles s’observe au niveau de l’Etat même. Pour gérer un problème ( et c’est vraiment un problème), le ministre des sports n’a trouvé d’autre formule que de dissoudre la FEMAFOOT, décidant ainsi de résoudre les problèmes du foot malien en dehors des règles du football auxquelles notre pays souverain a librement adhérées.

Un dernier exemple de liberté avec les règles, c’est l’occupation de nos trottoirs. Ceux qui occupent les trottoirs des rues pour faire commerce savent qu’à tout moment, je répète qu’à tout moment, l’Etat ou la Mairie peut leur demander de libérer les lieux sans délai et sans indemnité. Ce sont les règles. Quand le gouverneur Ami Kane a décidé d’appliquer ses règles. Qu’est-ce qu’on n’a pas entendu ?

Voilà trois exemples récents (syndicat, Etat, individus) qui illustrent notre rapport controversé avec les règles. Il ya des milliers de cas analogues, ne parlons même pas de la circulation routière.

Comment voudriez-vous que nous construisions une société de confiance qui sécurise le plus grand nombre si nous ne sacralisons pas nos règles ? Voilà, la question est là. Elle n’est pas seulement du ressort des autorités. Qu’est-ce qu’on fait ?

Bien à tout le monde.

Alioune Ifra NDiaye

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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