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Village de Lerneb : Vers la résolution par le dialogue du conflit entre Ouladlch et Tormouz

jeudi 18 juillet 2019

Le jeudi 18 juillet 2019, Lassine Bouaré, ministre de la cohésion sociale, de la paix et de la réconciliation nationale, a présidé la rencontre médiation conflit intercommunautaire. C’était à la Maison des ainés. L’objectif était de trouver une solution aux problèmes auxquels sont confrontées les populations du village Lerneb.

L’ouverture des travaux de cette rencontre de deux jours s’est déroulée en présence du représentant du Chef de mission d’appui à la réconciliation nationale, du représentant de la communauté OuladIch et du représentant du Tormouz.

« Le problème qui nous réunit aujourd’hui est très délicat. Il est né du comportement ignoble de Mahmoud OuldJaiid, chef de base du MAA plateforme et ses éléments basés à Lerneb, chef-lieu de la commune de Tilemsi, cercle de Goundam, région de Tombouctou », a-déclaré le représentant de la fraction Tormouz.

En expliquant les faits, il a rappelé que depuis 2013, ce chef et son groupe majoritairement constitué des ressortissants du cercle de Tombouctou chassé d’inkhalil à la frontière algérienne, est venu occuper le village de Lerneb en faisant des locaux sa base militaire. Dès son arrivée, il créa trois postes de contrôles aux entrées du village et deux postes situés chacun à environs 15 km du village. C’est ainsi qu’il instaura une taxe sur tout véhicule de passage dans ces différents postes dont le montant varie de 5000 à 10 000FCFA selon la charge du véhicule.

En plus de tout ce qui précède, il s’est accaparé à son profit de la gestion du forage et du centre de santé fixant ainsi le prix de la barrique d’eau à 500 FCFA et le prix d’un sérum glucosé à 10 000 FCFA. Toutes les actions humanitaires au profit des populations aussi sont systématiquement détournées par lui.

Malgré tout, selon lui les braves habitants de Lerneb ont accepté de supporter de vivre ce calvaire au profit de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, mais dans l’espoir de voir libérer un jour à travers le cantonnement et le désarmement de ces occupants. Mais malheureusement le fait de tabasser en public le lundi 8 juin par le chef de base fut la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ce triste tableau fait aujourd’hui de Lerneb, un village fantôme.

« L’occupation des locaux scolaires, le prix exorbitant de l’eau et des médicaments, sont des éléments qui prouvent que ces occupants n’ont ni familles ni enfants dans ce village. C’est pourquoi, nous attirons l’attention du ministre que si, des dispositions rapides et vigoureuses ne sont pas prises à temps pour le retour des populations, actuellement sous les arbres cette situation peut prendre des dimensions imprévisible », a-t-il déclaré. A cela, il a ajouté la vente des parcelles, les taxes sur le bétail, les boutiques, les étals, les stands etc, qui sont indûment perçues par les occupants.

Il a terminé son intervention, en disant que les Tormouz restent et demeurent disponibles à la recherche d’une issue heureuse pour ce problème.

« Les problèmes de proximité ne peuvent avoir que des solutions de proximité. Les tensions intercommunautaires, les querelles de voisinage, font toutes partie de la vie en société et sans elles, peut-être que la vie de société manquerait de sel. Mais lorsqu’elles atteignent des points de rupture qu’elles deviennent anormales et peuvent être source d’inquiétudes, parce que pouvant facilement déboucher sur des violences avec des conséquences néfastes et toujours imprévisibles. Cela doit inquiéter », a indiqué Lassine Bouaré, ministre de la cohésion sociale de la paix et de la réconciliation nationale.

C’est pour éviter cette situation dans la localité de Lerneb que l’équipe d’appui à la réconciliation a initié cette rencontre pour prolonger et parachever l’effort très méritoire déjà entrepris par un groupe de médiateurs afin de régler le problème intercommunautaire qui concerne les deux communautés OuladIch et Tormouz. Selon le ministre, grâce à l’effort de ces médiateurs de talent, la situation est encore sous contrôle. « Ce qui nous intéresse ce sont les solutions. Certes, elles ne seront jamais parfaites. Mais, elles doivent être justes et équitables », a-t-il précisé. Il a souhaité que cette rencontre soit une chance pour une telle solution définitive agréable et sans laquelle aucune communauté ne peut se développer.

A cet effet, il a exhorté tous les participants à faire preuve de tolérance, d’écoute mutuelle, de réalisme et également en ayant comme credo le vivre ensemble.

Le représentant de la communauté OuladIch, a salué et remercié le ministre de la réconciliation, pour son accompagnement et les participants pour avoir accepté de soutenir cette rencontre de réconciliation. Au nom de sa communauté il a réitéré toute sa disponibilité pour la réconciliation nationale et le vivre ensemble.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.