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SPECULATION FONCIERE EN COMMUNE I : Qui a osé morceler l’emprise des rails à Djélibougou ?

lundi 17 décembre 2018

Le Mali est-t-il gouverné ? On ne dirait pas. Depuis quelques années, des maliens protégés par on ne sait qui, ne reculent devant rien, tant qu’il y a un centimètre carré de terrain à vendre quelque part. Aujourd’hui, le cas typique de cette prédation foncière est l’occupation illicite ou illégale des emprises des rails en Commune I du District de Bamako, notamment du côté de l’ACI-SOTUBA. Et, chose grave malgré les injonctions des autorités nationales d’arrêter les travaux sur ce site, ils continuent. Comme si le propriétaire ou les propriétaires du chantier veulent narguer les autorités.

Le train annoncé par le Ministre du Transportb Soumana Mory Coulibaly, entre Bamako et Koulikoro, risque de voler entre ciel et terre. En effet, à l’issu d’une visite de terrain sur l’emprise des rails, le ministre avait promis que toutes les réalisations érigées à moins de 15 mètres des rails, ou de ce qui est considéré comme l’ancien emplacement des rails, allaient être détruites sans dédommagements. Mais, comme si ces paroles avaient galvanisé les occupants illicites, tout a été mis en œuvre pour accélérer les travaux.

De passage sur le site le 12 décembre 2018, nous avons été surpris de constater que les travaux d’érection d’immeubles ne se sont jamais arrêtés et continuent de plus belle. On est ministre du Gouvernement ou on ne l’est pas. Comment trois ministre du Gouvernement du Premier Ministre Boubeye Maiga, peuvent visiter à tour de rôle ce site et condamnés l’érection d’immeubles sur les emprises des rails, sans lever le petit doigt. Les Ministres Soumana Mory Coulibaly, Mohamed Ag Erlaf et Sidibé de l’Habitat, sont tous passés voir cette prédation foncière qui relève de la cupidité de certains élus communaux.

Dans ce dossier, les populations riveraines qui subissent un préjudice énorme du fait de cette occupation illicite des emprises des rails accusent sans s’en caché le Maire de la Commune I, Mamadou B. Keita et un certain nombre de ses conseillers.

En effet, ici, en plus de l’occupation de l’emprise des rails, ces constructions que l’on pourrait considérer comme anarchique, parce que non autorisées par les services étatiques habilités, cause un préjudice énorme à plus de familles qui ont normalement acheté leur terrain avec des titres fonciers de l’ACI. Aujourd’hui, le malheur de ces familles, c’est d’avoir acquis des terrains avec une servitude de 10 mètres en face des 15 mètres de servitude des rails. « Nous avons achète nos terrains avec l’ACI. A l’époque, l’ACI n’a pas voulu occuper toutes la superficie de son titre foncier. Une servitude de 10 mètres a été prévue par l’ACI, afin qu’en plus des 15 mètres de servitude des rails que nos maisons soient à 25 mètres des rails. L’ACI, à l’époque a interdit à tous les propriétaires dans notre situation, d’élever des bâtiments sur cette servitude de 10 mètres. Mais, nous avions été autorisés à y ériger des espaces comme des jardins afin d’améliorer le cadre de vie. Mais, à notre grande surprise voilà que des prédateurs fonciers, sans chercher à comprendre sont venus s’installer sur cette servitude de 10 mètres qu’ils ont ajouté à la servitude de 15 mètres des rails », nous a indiqué Oumar Djibo, Chef d’une famille riveraine de l’espace litigieux. Avant d’ajouter que du fait de leur installation, ils ont obstrué leurs portes secondaires qui ouvraient sur la servitude de 10 mètres qui fait partie du titre foncier de l’ACI. Pire, il dira qu’ils n’ont plus aucune possibilité d’assurer convenablement le drainage des eaux de pluies de leurs concessions par le fait des réalisations du fait de cette prédation.

Aucun esprit averti ne peut admettre ce qui se passe dans cette partie de la Commune I de Bamako. Malheureusement, le Maire et ses conseillers sont cités dans cette affaire scabreuse. Mais, ce qui est d’autant plus surprenant, la visite et les menaces des ministres sur le site n’ont servi à rien. C’est pour cela, l’on est droit de se demander qui est derrière ce morcellement sauvage et anarchique, pour que des Ministres de la République, ne puissent pas lever le petit doigt pour faire appliquer la loi ?

Mais, il temps que les autorités qui sont chargées de faire appliquer les lois au Mali comprennent que leur laxisme crée des préjudices considérables à d’autres citoyens qui se demandent où est l’égalité prônée par la constitution malienne entre les fils et les filles du Mali. Tel est aujourd’hui, le cas des familles riveraines de cette occupation anarchique de l’emprise des rails pour y élever des immeubles.

Assane Koné
ARC EN CIEL

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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