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Pour un Fils du Mali : <<Il tomba pour le Mali, en sublime offrande>>
jeudi 30 avril 2026, par
C’est aujourd’hui 30 avril 2026, que la nation malienne rend un hommage des plus mérité à l’un de ses fils les plus illustres, arraché à notre affection le 25 avril 2026, par une horde violente, sous les caméras bien heureuses d’un monde occidentalisé qui n’a plus d’âme, pour voir dans cette violence inouïe des << hauts faits>> des terroristes. Mais, pour nous autres Maliennes et Maliens, et probablement pour les sahéliennes et sahéliens, cette journée du 30 avril 2026, est une journée de deuil, tant la douleur est immense. Mais, que nous voulons comme une journée de dissémination d’une inspiration immortelle. Ici, dans le cadre de cette journée, nous vous invitons à lire le poème de Dr Ibrahim MAIGA intitulé << Pour un Fils du Mali>>.
Pour un Fils du Mali
Il est parti — déjà — par la porte dorée,
Sans fuir aucun chemin mais l’âme consacrée ;
Sans bagage emporté que l’honneur dans ses mains,
Et le poids du devoir gravé dans ses desseins.
Une nuit s’étendit, aux ténèbres sans fond,
Répondant à son pas d’un silence profond ;
Calme auguste et sacré, tel l’éther immobile,
Où le destin s’écrit dans un marbre indocile.
Il est parti — debout — comme on quitte la scène,
Le regard droit, sans bruit ni plainte qui s’enchaîne ;
Mais sous l’ombre déjà d’un sort enseveli,
Son nom prenait racine au cœur même du Mali.
Homme parmi les siens mais plus grand que le sort,
Ayant fait de sa vie une offrande à l’effort ;
Sous les lourds décombres d’une âpre barbarie,
Il scella de son sang l’honneur de la patrie.
Il est parti — soldat — que nos voix reconnaissent,
Dans le feu du combat où les cœurs se redressent ;
Il marcha résolu vers son dernier chemin,
Offrant au sol natal la vigueur de sa main.
Il a tenu sa place au plus sombre du cri,
Et gravé dans nos jours la trace d’un esprit ;
Il tomba pour le Mali, en sublime offrande,
Et son nom dans nos cœurs désormais se répande.
Il est parti — héros — que le silence acclame,
Dont l’écho du courage encore en nous réclame ;
La foudre l’emporta dans un souffle éclatant,
Mais fit naître un héros plus vaste que l’instant.
Ô vous, enfants dressés sur cette terre fière,
Que ne voyez-vous pas en sa noble poussière ?
N’est-il pas le flambeau qui rallume nos voix,
Le gardien de l’épopée et l’éclat de nos lois ?
Les corbeaux n’oseront profaner sa mémoire :
Il vit en chacun de nous, transfiguré de gloire ;
Car même dans l’absence il ne s’efface pas,
Son exemple est la voie qui éclaire nos pas.
Il est parti — enfin — mais son pas nous engage
A porter haut toujours l’éclat de son passage ;
Dans ce pays meurtri par tant d’âpres défis,
Il laisse une lumière où renaissent les vies.
Souvenez-vous toujours de l’offrande embrasée,
De ce cri qui fendit la nuit terrorisée ;
Car la mort peut saisir la fragile chair humaine,
Mais jamais elle n’atteint le nom qui se draine.
Oui, que vive à jamais, dans un souffle immortel,
Ce nom sanctifié, plus vaste que le ciel ;
Gravez dans le granit ce serment qui fulmine :
L’absent devient chemin, et sa flamme nous guide.
Dr Ibrahim MAIGA
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