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Nord du Mali : Plus de 150 000 enfants privés d’école

mercredi 20 juin 2018

« En raison de la crise sécuritaire, dans le nord et le centre, près de deux millions d’enfants ne vont pas à l’école et cette situation se dégrade au fil du temps. Dans le septentrion, plus 150 000 enfants de 7 à 12 ans sont privés de leur droit à l’éducation, en raison de la fermeture de la fermeture de 750 écoles ». La déclaration a été faite par Felix Ackebo, représentant adjoint de l’UNICEF au Mali. C’était le 18 juin 2018, lors de la Journée de l’enfant africain.

Le Mali à l’instar de la communauté internationale a célébré le lundi 18 juin 2018 la journée de l’enfant africain. La cérémonie officielle a été placée sous la haute présidence du Chef de l’Etat. En plus du Président de la République, l’on a pu noter la présence de certains membres du gouvernement, des présidents des institutions, des leaders religieux et les chefs traditionnels, la présidente par intérim des enfants parlementaires du Mali et les représentants des partenaires techniques et financiers. C’était au Palais de la culture de Bamako.

Placée sous le thème national, « Une élection apaisée pour la prise en compte de tous les droits de tous les enfants pour un Mali émergent » ; le thème africain, « aucun enfant laissé pour compte pour le développement de l’Afrique ». La journée de l’enfant africain est célébrée le 16 juin de chaque année.

La journée a été marquée par deux évènements phares : la remise de la déclaration des enfants du Mali, lue par la présidente par intérim des enfants parlementaires du Mali au Président de la république, et la remise de trois prix gagnants du concours de meilleur poème sur le thème national de la journée, au Cap de Torokobougou 3ème avec enveloppe de 50 000 FCFA, de Bamako-coura 2ème avec 75 000 FCFA et de Lafiabougou qui a remporté le 1er prix avec 100 000 FCFA.

Felix Ackebo, représentant adjoint de l’UNICEF au Mali, a rappelé que le gouvernement du Mali et l’UNICEF met en œuvre le programme de coopération, afin de réaliser les droits des enfants aux Mali. Grâce à la collaboration et à l’engagement de tous, des progrès ont été enregistrés depuis l’instauration en 1991, la journée de l’enfant africain en faveur des enfants, y compris ceux vivant dans des zones affectées par la crise.

Il a indiqué qu’au Mali, quelque 10 580 enfants, garçons et filles touchés par la crise, ont reçu un soutien psychosocial dans les espaces récréatifs et sécurisés au Nord. Avant d’ajouter que des enfants déscolarisés et non scolarisés, notamment les filles, ont eu accès à une éducation de qualité à travers des programmes informels d’apprentissage et de rattrapage scolaire.

En ce qui concerne les violences basées sur le genre, il a précisé que 3 559 survivantes ont été prises en charge dans les points de prestations de services renforcés. L’abandon des mutilations génitales féminines, de l’exécution et du mariage des enfants a été effectif dans plusieurs localités du Pays.

En dépit de ces avancées, il a révélé que les enfants et les femmes du Mali restent confrontés à d’innombrables défis qui entravent la pleine réalisation de leurs droits. En raison de la crise sécuritaire, dans le nord et le centre, près de deux millions d’enfants ne vont pas à l’école et cette situation se dégrade au fil du temps. Dans le septentrion, plus 150 000 enfants de 7 à 12 ans sont privés de leur droit à l’éducation, en raison de la fermeture de la fermeture de 750 écoles. Et le faible accès aux structures de santé et aux services de base, du fait de la l’absence du personnel en raison de l’insécurité, augure des jours sombres pour environ 274 000 enfants de moins de cinq qui vont souffrir de malnutrition aigue sévère, une condition qui freine leur développement et leurs performances scolaire.

Le représentant de l’UNICEF est convaincu que leur engagement commun, plus que proportionnel à ces défis leur permettra de trouver des solutions idoines pour que chaque enfant, dans ce pays jouisse pleinement de ses droits, y compris l’obtention par chaque enfant du Mali de son acte de naissance.

Considérant l’engagement du Mali à respecter les droits de l’enfant, considérant les risques de conflits liés aux processus électoraux, considérant que les enfants sont victimes notamment, Considérant que les conflits électoraux privent les enfants de leurs droits, considérant que les enfants, ne sont ni électeurs, ni éligibles, mais directement concernés par le processus électoral, les enfants ont lancé un appel pressant à leurs parents, aux leaders communautaires et religieux, aux acteurs politiques, aux candidats à l’élection, à plus de responsabilité et d’engagement pour des élections réussies avec zéro violence.

Aussi, ils ont invité tous les candidats à l’élection du 29 juillet 2018 à prendre en compte systématiquement les principaux défis liés à la protection et à la protection des droits de l’enfant dans leur programme de société.

Traoré Oumou Touré, ministre de la femme, de l’enfant de la famille, a souligné qu’au-delà de cette commémoration, il s’agit, pour les Etats Africains préoccupés par le bien être de leurs enfants et partant par le devenir du continent de marquer un temps d’arrêt pour faire le point sur la situation de la violation des droits de l’enfant et de prendre des mesures appropriées afin d’assurer d’avantage son mieux être. « L’enfance étant le future de l’humanité, elle devrait jouir d’une protection spécialisée face à toute forme de menace pouvant compromettre sérieusement sa santé physique et morale ou d’affecter son sens de jugement et de responsabilité envers la société. Elle dira que c’est en vertu de cet idéal que le gouvernement du Mali a célébré cette journée sous le thème national.

« Je suis frappé par la mentalité des enfants, la pertinence de leurs propos et touché par leurs déclarations, singulièrement à ceux qui ont vocation à la politique », a déclaré le Chef de l’Etat. Pour des élections apaisées, il dira que chacun est convié en toute circonstance calmement, mais très fermement. Aussi qu’elles se fassent en bonne entente sans aucune menace. « Election, apaisée, nul n’a le droit d’en imposer au peuple malien par une affirmation de violence », a-t-il déclaré. Enfin de dire que toutes les dispositions sont prises pour sa tenue.

En rappelant la situation de Keniéba, de 88 704 de carte d’électeurs, il dira que c’est autant de ressources brulées. « Cet acte, c’est pour empêcher aux peuples maliens de voter. Enfant du Mali apaisez-vous. Notre devoir sera assumer », a-t-il rassuré.

Bintou COULIBALY

Assane Koné

Assane Koné est juriste de formation. Journaliste depuis bientôt 20 ans, il traite plusieurs questions, notamment l’actualité, la politique et le social. Mais, il est aussi journaliste culturel.

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