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Musée national du Mali : Abdoulaye Konaté fait parler les signes dans une mosaïque de couleurs
jeudi 3 septembre 2026, par
Les << signes>> ont une âme. Et, elles nous parlent. Cette conviction du célèbre plasticien malien Abdoulaye Konaté a inspiré une exposition intitulée << L’âme des signes>>. À travers 37 œuvres textiles, le maître de l’art contemporain malien livre un regard engagé sur les sociétés, leurs souffrances, leurs mutations et leurs espoirs. Cette exposition restera gravée pendant longtemps dans les mémoires.
Le Musée national du Mali, le mardi 1er septembre 2026, a été le point de convergence des bamakois amoureux des arts plastiques. Pour cause : ce haut lieu de l’expression culturelle a vibré au rythme de l’art contemporain avec le vernissage de l’exposition monographique « L’Âme des Signes », consacrée à l’artiste malien Abdoulaye Konaté.
Pour tout ceux qui n’ont pas pu participer au vernissage, ne vous en faites pas.Jusqu’au 30 septembre 2026, le public bamakois est invité à découvrir cette belle sélection de 37 œuvres, sur les 50 pièces que l’artiste avait réunies pour cette exposition exceptionnelle. Malgré l’étendue de la salle, la tailles de certaines toiles, a poussé le célèbre plasticien à garder 13 oeuvres dans les malles.
La mobilisation des membres du gouvernement
Il y a 35 ans, Abdoulaye Konaté n’avait plus exposé au Mali. Sa dernière exposition remonte à 1991. Et, pour saluer cet événement, la cérémonie de vernissage s’est déroulée sous la présidence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, en présence notamment du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du Gouvernement, le Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly, du ministre de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions, Mahamadou Gologo, du ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Réformes politiques et du Soutien au processus électoral, Mamani Nassire, du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Bouréma Kansaye, ainsi que du conseiller spécial du Président de la Transition chargé des œuvres sociales, Aguibou Dembélé. Des représentants du corps diplomatique accrédité au Mali, des artistes, des acteurs culturels et de nombreux jeunes ont également pris part à ce rendez-vous artistique.
Le textile comme support d’un langage artistique
L’exposition « L’Âme des Signes » est venu convaincre le public malien du génie créatif d’un fils émérite du pays qui a écrit en lettre d’or le nom du Mali sur la scène internationale. Pour cette exposition, Abdoulaye Konaté est resté fidèle à sa démarche artistique qui a largement contribué à faire connaître l’art contemporain malien au-delà des frontières nationales.
Il n’y a pas deux Abdoulaye Konaté. L’artiste plasticien malien de renommée internationale est unique dans son écriture graphique. La facilité avec laquelle, il utilise les signes, les motifs, les formes, les couleurs sans qu’elles ne se contredisent, pour donner des compositions visuelles qui participent au langage de ses œuvres, est unique.
On retiendra que ses œuvres se distinguent par l’utilisation du textile. Le Bazin, le coton tissé, les bandes de tissus teintées, découpées puis superposées deviennent entre ses mains une véritable matière picturale. Nous n’avons pas le droit d’oublier la couleur. Elle occupe une place importante, pour ne pas centrale dans le travail artistique de Abdoulaye Konaté.
Au musée national du Mali, le grand maître Abdoulaye Konaté vous invite à venir découvrir des œuvres qui se déploient dans des compositions où la fusion entre géométrie, signes traditionnels, idéogrammes, écritures africaines, emblèmes culturels et références issues de la société contemporaine, pour sublimer l’âme du visiteur.
Ne dit-on pas que tout ce qui est beau attire ? Abdoulaye Konaté a fait sienne ce principe qui inspire sa signature graphique. Oui, ses œuvres respirent une richesse chromatique. Mais, pas que . Elles transmettent un langage ou un message beaucoup plus profond. Abdoulaye Konaté dit à qui veut l’entendre qu’il utilise les signes pour interroger la mémoire, l’identité, les transformations de la société et les grands défis auxquels les peuples sont confrontés.
Et, l’exposition « L’Âme des Signes », sans autre prétention, est un condensé du travail artistique de Abdoulaye Konaté qui offre un espace de dialogue entre le passé, le présent et l’avenir.
Deux grandes lignes pour raconter le monde
En prélude au vernissage de l’exposition, devant les autorités et de nombreux invités, Abdoulaye Konaté a dit que son travail s’articule autour de deux grandes lignes. Selon lui, la première est consacrée aux difficultés sociales et au vécu quotidien au Mali , en Afrique et dans le monde. Très humain, il dira qu’il << s’intéresse à la souffrance humaine, aux conflits, à la paix et aux grandes crises qui bouleversent les sociétés>>. Ainsi, dans la grande salle du Musée national du Mali, il nous invite à réfléchir sur la Palestine et Israël, sur la peine de mort, sur les difficultés du Mali ou encore le djihadisme sur le continent africain.
Pour ce qui est de la deuxième ligne de son travail artistique, il dira qu’il est consacrée à un travail de recherche sur les signes. << Ces signes, qu’ils soient traditionnels, culturels ou contemporains, constituent pour moi une matière permettant de questionner les identités et la mémoire collective>>, a-t-il indiqué. Avant d’ajouter que loin d’être de simples motifs décoratifs, ils racontent une histoire et témoignent des transformations de l’environnement social et culturel.
« Abdoulaye exposé le Mali aux Maliens »
Le ministre Mamou Daffé a estimé que cette exposition constitue un moment important pour la culture malienne. Il a salué le parcours d’Abdoulaye Konaté, qui, selon lui, a su faire de la culture une force de souveraineté, de cohésion et de rayonnement.
<< L’artiste porte le Mali partout où il expose », a-t-il déclaré, pour mettre un accent sur la grande capacité de Abdoulaye Konaté a contribué à cette diplomatie culturelle qui contribue au soft power du Mali à travers le monde.
Si Abdoulaye Konaté a pris l’habitude d’émerveiller le monde occidental, pour le ministre Mamou Daffé, cette fois ci, le rendez-vous entre l’artiste et le public malien, prend une dimension particulière. Selon Mamou Daffé, après avoir exposé le Mali à travers le monde, Abdoulaye Konaté revient présenter son travail au public malien. « Abdoulaye Konaté a exposé le Mali à l’extérieur et aujourd’hui, il expose le Mali aux Maliens », a relevé le ministre.
Mamou Daffé a également insisté sur l’importance du textile dans la création de l’artiste, ainsi que sur la richesse des signes, des symboles et des messages qui traversent ses œuvres. << Le parcours de Abdoulaye Konaté constitue un message à la jeunesse malienne>>, a-t-il déclaré. Avant de saluer de façon particulière la présence de nombreux jeunes au vernissage. Mamou Daffé a présenté Abdoulaye Konaté comme un exemple inspirant pour la jeunesse malienne, rappelant que la réussite repose avant tout sur le travail et la persévérance. Pour le ministre Mamou Daffé, Abdoulaye Konaté symbolise
« le génie créatif d’un Malien qui éblouit le monde entier ».
Un parcours qui dépasse les frontières
Originaire de Diré, dans la région de Tombouctou, Abdoulaye Konaté est aujourd’hui considéré comme l’une des grandes figures de l’art contemporain africain.
Formé à l’Institut national des Arts de Bamako, puis à l’Institut supérieur des Arts de La Havane, à Cuba, il a progressivement développé un langage artistique singulier, faisant du textile un médium monumental.
Son parcours est également lié à plusieurs institutions culturelles majeures du Mali. Il a notamment été chef de département au Musée national du Mali, directeur général du Palais de la Culture de Bamako et directeur des Rencontres africaines de la photographie, la Biennale de Bamako.
En 2002, il participe à la création du Conservatoire des Arts et Métiers Multimédias Balla Fasséké Kouyaté de Bamako. Il est également membre fondateur du Fonds africain pour la culture.
Sa carrière a été jalonnée de nombreuses distinctions au Mali et à l’étranger, dont le Grand Prix de la Biennale de Dakar en 1996, le titre de Chevalier puis d’Officier de l’Ordre national du Mali, le Doctorat Honoris Causa de l’Université des Arts de La Havane et plusieurs distinctions décernées au Sénégal, au Burkina Faso et ailleurs.
En 2026, il a notamment reçu le Prix honorifique de l’excellence artistique de Zeitz MOCAA, en Afrique du Sud.
Ses œuvres sont aujourd’hui présentes dans les collections de prestigieuses institutions internationales, parmi lesquelles le Centre Pompidou à Paris, la Tate Modern à Londres, le Metropolitan Museum of Art de New York, la Smithsonian Institution à Washington, le Louvre Abu Dhabi, le Stedelijk Museum d’Amsterdam et le Zeitz MOCAA au Cap.
Le Musée national, espace de transmission
Pour Dr Douda Keita, directeur général du Musée national du Mali, l’accueil de cette exposition constitue une source de satisfaction particulière. Selon lui, l’institution se réjouit de recevoir un artiste malien dont la réputation dépasse largement les frontières nationales.
Il dira qu’à travers « L’Âme des Signes », le Musée national entend également offrir au public un espace de découverte, de réflexion et de transmission. Selon lui, l’’exposition s’inscrit dans la dynamique de revitalisation du Musée national portée par le département chargé de la Culture. Elle traduit également la volonté de renforcer la place de la culture dans la construction d’une identité nationale et dans le rayonnement international du Mali.
Un mois pour découvrir « L’Âme des Signes »
Ouverte au public du 1er au 30 septembre 2026, l’exposition invite les visiteurs à entrer dans l’univers d’un artiste qui, depuis plusieurs décennies, fait du textile, de la couleur et du signe les instruments d’une réflexion sur le monde.
À travers ses 37 œuvres présentées, Abdoulaye Konaté ne donne pas seulement à voir.
Il interpelle, questionne et invite à réfléchir sur les sociétés, leurs blessures, leurs identités et leurs espoirs.
Au Musée national du Mali, « L’Âme des Signes » apparaît ainsi comme une rencontre entre la mémoire et la modernité, l’art et la société, le Mali et le monde.
Une exposition qui rappelle surtout qu’au-delà des couleurs et des formes, l’art peut être un puissant langage de mémoire, de conscience et de souveraineté culturelle.
Assane Koné
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